Catégorie : Le Film étranger

THE PROWLER (Le Rôdeur) – Joseph Losey (1951)

En mai 1951, Joseph Losey et Dalton Trumbo sortent ce qui est peut-être leur meilleur film tous les deux dans l’urgence et la fébrilité. Bientôt, le premier choisira l’exil en Europe, au lieu de prêter serment de patriotisme pour se garantir un contrat de trois ans avec Stanley Kramer. Trumbo, qui ne peut déjà plus signer le film et doit travailler au rabais, s’apprête à purger dix mois de prison pour s’être refusé à répondre aux questions des chasseurs de sorcières. The Prowler (Le Rôdeur) est ainsi doublement clandestin : non seulement Trumbo se cache derrière un prête-nom, mais prend un malin plaisir à subvertir le Code de production alors tout puissant à Hollywood. Sur le papier, The Prowler pourrait passer pour un parent pauvre de Double indemnity, mais la façon dont les deux artistes, riffent sur le thème de l’adultère et du meurtre rendent leur film encore plus outrageux, si possible, que celui de Billy Wilder.

TORN CURTAIN – Alfred Hitchcock (1966)

Le scénario fut construit en trois parties. Le premier tiers correspond au point de vue de Sarah. Le deuxième adopte celui d’Armstrong ; il débute avec la scène du musée. Le troisième réunit les fiancés dans la fuite, après qu’Armstrong a avoué la vérité à Sarah.
Plus encore que dans ce découpage narratif, la touche du maître se fait sentir dans des scènes-clés du film. La scène du musée est une véritable partie de cache-cache aérienne, où l’espace vide se remplit entièrement du bruit des pas d’Armstrong et de son poursuivant.

DOUBLE INDEMNITY (Assurance sur la mort) – Billy Wilder (1944)

Le film s’inspire d’un fait divers criminel authentique, l’assassinat en 1927, à New York, d’Albert Snyder par sa femme Ruth, aidée de Judd Crey, l’amant de celle-ci. Billy Wilder pensa tout d’abord à Alan Ladd et à George Raft pour interpréter Walter Neff. « J’ai eu, racontait-il, beaucoup de difficultés pour trouver un acteur. À cette époque, aucun de ceux qui étaient connus n’osait jouer un meurtrier. Lorsque j’ai raconté l’histoire à George Raft, il m’a dit qu’il voulait bien jouer le rôle si on découvrait, à la fin, que le personnage était en réalité un agent du FBI, ce qui lui permettrait d’arrêter sa maîtresse. »

THREE ON A MATCH – Mervyn LeRoy (1932)

Une Allumette pour trois est l’une des œuvres les plus saisissantes de la période du Pré-Code, autant par son intrigue, qui met en scène une mère bourgeoise plongeant dans les abysses de la pègre et de la drogue, et y sacrifiant son mariage et son fils, que par l’inventivité avec laquelle Mervyn LeRoy exprime le thème profond de son film : le passage du temps. Pour cela, tel les peintres contemporain se livrant à des collages, il mobilise les accessoires de la modernité, comme des manchettes de journaux, des illustrations, des publicités, afin de scander les années durant lesquelles les trois héroïnes, chacune de leur côté, mûrissent, en relation avec l’époque…

BREAKFAST AT TIFFANY’S – Blake Edwards (1961)

Moins drôle que les comédies les plus réussies de Blake Edwards, Breakfast at Tiffany’s souffre sans doute d’une certaine édulcoration par rapport à l’œuvre originale de Truman Capote. Celle-ci ne se terminait d’ailleurs pas par le bonheur commun de Holly et de Paul mais par le départ de Holly pour le Brésil où la jeune femme s’était ainsi presque « vendue » à un richissime mari. Dire que le film bénéficie de l’élégance de la composition d’Audrey Hepburn est une évidence mais il convient aussi de ne pas oublier le chat familier de Holly joué par Putney – c’est ainsi qu’il est crédité au générique – plus connu sous le nom de Rhubarb. 

SORRY, WRONG NUMBER – Anatole Litvak (1948)

SORRY, WRONG NUMBER (Raccrochez, c’est une erreur) – Anatole Litvak (1948) Distribution : Barbara Stanwyck, Burt Lancaster, Ann Richards, Wendell Corey, Harold Vermilyea Scénario: Lucille Fletcher, à partir de sa pièce radiophonique – Directeur de la photographie : Sol Polito L’histoire : Leona Stevenson (Barbara Stanwyck), riche héritière invalide, […]