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ON THE AVENUE – Roy Del Ruth (1937)

Riposte de la Fox aux comédies musicales à succès de la RKO et de la Warner, cette fantaisie de 1937 bénéficie d’une bande originale signée par l’un des meilleurs compositeurs de Broadway. Si On the Avenue ne présentait qu’un intérêt, ce serait assurément la brillante partition écrite spécialement pour le film par Irving Berlin. Mais la musique est loin d’être le seul atout de cette production de la Fox, qui s’inscrit dans la tradition du « backstage musical » – ces histoires situées dans les coulisses d’un spectacle. Avec son humour qui lorgne parfois vers la comédie loufoque, alors en vogue à Hollywood

PRESTON STURGES : LE RIRE ET LA DÉRISION

De qui parle-t-on ? D’un Américain, d’un flambeur, d’un désinvolte. Du Mark Twain du septième art. Du traducteur de Marcel Pagnol. De l’inventeur de l’avion à décollage vertical. Du troisième salarié le mieux payé des Etats-Unis. D’un pochetron connu comme le loup blanc dans les bars du quartier des Champs-Elysées. Du propriétaire d’un restaurant sur Sunset Boulevard. De l’enfant de Mary qui donna l’écharpe fatale à Isadora Duncan. D’un célèbre inconnu. D’un dilettante de génie, digne de Stendhal et de Savinio. D’un fervent du mariage – à la façon d’un Sacha Guitry (qu’il admirait). Du scénariste le plus cultivé d’Hollywood qui affectait de mépriser le « culturel », D’un orgueilleux. Du premier véritable auteur d’un cinéma parlant américain. Oyez, oyez, bonnes gens, l’étrange et terrible histoire d’un homme qui voulut un jour laver un éléphant. [Preston Sturges ou le génie de l’Amérique – Marc Cerisuelo – PUF (10/2002]

MURDER, MY SWEET (Adieu, ma belle) – Edward Dmytryk (1944)

Les films noirs qui mettent en scène un personnage de détective privé ne sont pas si nombreux qu’on le croit. Il n’en existe qu’une douzaine environ et près de la moitié d’entre eux sont tirés de romans du célèbre écrivain Raymond Chandler, dans lesquels figure le personnage emblématique de Philip Marlowe. Bien que « Farewell, my Lovely » et « The High Window » aient déjà été portés à l’écran, ces adaptations avaient été remaniées pour d’autres détectives privés. C’est donc dans la version de Dmytryk et sous les traits de Dick Powell qu’apparaît pour la première fois au cinéma le personnage de Marlowe. Peut-être est-ce la raison pour laquelle Chandler lui-même a toujours préféré Powell aux autres acteurs qui l’ont incarné. Selon le réalisateur Edward Dmytryk, « [Marlowe] possède une certaine force physique, mais il y a en lui quelque chose de tendre. C’est ce qui fait de Dick Powell le meilleur de tous ses interprètes. Spade est un dur. Le problème avec l’interprétation de Bogey, c’est qu’il transforme Marlowe en Spade. » [Film Noir 100 All-Time Favorite – Paul Duncan, Jürgen Müller – Edition Taschen – (2013)]

FILM NOIR : LE CAUCHEMAR FATALISTE 

Certains échappent in extremis à ce mauvais rêve et retrouvent un semblant de normalité. C’est le cas de l’homme d’affaires injustement accusé (Alan Curtis) dans Phantom Lady (Les Mains qui tuent, Robert Siodmak, 1944) sauvé par les efforts de son ingénieuse secrétaire (Ella Raines), ou celui du mari infidèle (Dick Powell) dans Pitfall (Andre de Toth, 1948) extirpé de l’enfer du Noir par une série de hasards heureux.

LE POIDS DU PASSÉ DANS LE FILM NOIR

Les héros du film noir sont souvent des êtres hantés par leur passé. De fait, ce poids du passé est sans doute l’un des thèmes majeurs du genre. Dans le classique de Robert Siodmak The Killers (Les Tueurs, 1946), basé sur la nouvelle d’Ernest Hemingway, le personnage principal, Swede (Burt Lancaster), attend avec résignation d’être tué par deux voyous, sachant que son passé a fini par le rattraper…