Le Film étranger

PEOPLE WILL TALK (On murmure dans la ville) – Joseph L. Mankiewicz (1951)

Le docteur Elwell rêve de discréditer le séduisant docteur Noah Praetorius, médecin peu orthodoxe au passé riche en zones d’ombre. Praetorius, lui, se préoccupe surtout de Deborah Higgins, une étudiante enceinte et désespérée de l’être… Cary Grant a toujours dit que, de tous les films qu’il tourna, celui-ci était son préféré. C’est aussi sans doute le plus personnel de Mankiewicz : comment ne pas penser au cinéaste devant ce personnage de brillant médecin qui ne soigne que des femmes, estime que le meilleur des remèdes est le langage et que ses détracteurs prennent pour un charlatan verbeux…

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Dans cette comédie dramatique tournée en pleine période de chasse aux sorcières, ce sont des cafards puritains friands de rumeurs qui fouillent le passé de Noah et constituent un dossier sur lui… Totalement indifférent au qu’en-dira-t-on, Noah Praetorius ne s’intéresse qu’à la vérité des êtres, et c’est après avoir cherché à comprendre une femme en souffrance qu’il en tombe amoureux. A ses côtés, Mankiewicz place – merveilleuse idée – un vieil homme silencieux et fidèle, un cadeau du passé, un mort qui marche. C’est en sortant de son mutisme que ce drôle de Lazare écrasera les cafards et fera triompher la vie. La mise en scène et Cary Grant oscillent avec une fluidité merveilleuse entre fantaisie et émotion dramatique. A la fin de ce film jubilatoire, le plus résolument optimiste de Mankiewicz, Noah dirige l’orchestre du campus dans une ouverture de Brahms où les choeurs chantent « Réjouissons-nous ! »… [Télérama – Guillemette Olivier-Odicino]


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1951 est l’année la plus prestigieuse de la carrière de Joseph L. Mankiewicz, qui, pour All About Eve (Eve), va obtenir en quelques semaines les Oscars du meilleur film, du meilleur réalisateur,  et du meilleur scénario adapté. La cérémonie des Oscars a lieu le 29 mars. À ce moment-là, Mankiewicz a débuté depuis neuf jours le tournage de People Will Talk, sans aucun doute son film le plus curieux. L’intrigue présente une grossesse non désirée, un souhait d’avortement, une tentative de suicide et une commission d’enquête sur fond de délation, tout ceci dans une atmosphère qui oscille entre la comédie et le drame.

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Mankiewicz déclarait lui-même : « People Will Talk est un sujet que je voulais traiter depuis longtemps. Le film était tiré d’une pièce allemande, Dr. Praetorius, dont on fit également un film en Allemagne. J’espérais être capable de dire quelques petites choses sur les défauts de mon premier amour : la médecine. Mais j’avais peur que cela ne sorte pas bien. C’était une situation comme il y en a souvent : le studio pouvait avoir Cary Grant à une certaine date, celle du début du tournage. Je n’eus vraiment pas assez de temps pour le scénario. » Et dans un autre entretien, le metteur en scène précisait : « Cary Grant, à plusieurs reprises dans sa carrière, a essayé de jouer des choses différentes, dont une pièce d’Odets où il jouait un Cockney. Ce fut un désastre. People Will Talk, qui était le rôle favori de Cary Grant et de Betsy, n’a pas été un sucès pour lui ; une fois de plus, ce ne fut qu’un « petit profit » ; c’est le lot de Mankiewicz, « les petits profits ». J’ai pris Cary parce qu’il possédait l’essence du bonheur, de la bonne humeur, de la vie ; quand il parle à la vieille femme alitée, il représente la vie ; il était impossible de s’imaginer Cary Grant mort. On acceptait un Cooper, un Gable, un Tracy tués… mais Cary Grant, c’était une mélodie du bonheur, une chanson joyeuse, et je voulais l’associer à l’idée que je me faisais de ce docteur disant : « Comment savez-vous qu’il est si terrible de mourir ? Cela vous est déjà arrivé ? » C’est pour cela que je voulais Cary dans ce rôle, c’est pour cela qu’il voulait l’interpréter, et nous nous sommes merveilleusement entendus, et chaque minute de travail avec lui a été une grande joie. »

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À l’origine du film se trouve tout d’abord une brillante pièce de Curt Goetz, Dr. Med. Hiob Praetorius, ainsi que le film que ce dernier en a lui-même tiré, Frauenartz Dr. Praetorius. On peut tout de suite remarquer que les trois adaptations cinématographiques de la pièce – la troisième est l’œuvre de Kurt Hoffmann, en 1965 – laissent de côté toute une partie de la pièce, celle faisant intervenir Sherlock Holmes et le docteur Watson… Né en 1888 à Mainz, en Allemagne, Curt Goetz est un homme aux multiples talents, tout à la fois dramaturge, metteur en scène de théâtre, cinéaste et acteur. On lui doit notamment Das Haus in Montevideo et Napoleon ist an allem Schuld comme réalisateur de cinéma, et « Hokuspokus » et « Die Tote von Beverly Hills » comme auteur.

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Mankiewicz va donc écrire le scénario de People Will Talk, adaptant un auteur ironique dont il devait certainement connaître l’œuvre et partager certains des goûts. Le 20 décembre 1950, Darryl F. Zanuck envoie à Mankiewicz une lettre « personnelle et confidentielle » : « Cher Joe. Ceci est une note confidentielle. En ce qui concerne le rôle final joué dans Dr. Praetorius, je veux que vous sachiez que je ne veux pas apparaître au générique en tant que producteur. Je continuerai naturellement à agir de la même manière que je l’avais fait pour No Way Out et All About Eve, et je vous accorderai comme par le passé mon temps, mon énergie et mon attention. Mes raisons pour ne pas apparaître au générique de vos films sont purement personnelles et égoïstes. Lorsque vous êtes à la fois scénariste et metteur en scène d’un film, le producteur est réduit à un rôle secondaire et est vite oublié. J’en ai fait l’expérience avec All About Eve et c’est la première fois que cela m’est arrivé. D’habitude, je donne au metteur en scène un script achevé pour qu’il y travaille. Le scénario est le résultat de ma collaboration avec les scénaristes. C’est mon travail… Cela a toujours été vrai, notamment pour Twelve Q’Clock High, How Green Was my ValleyGrapes of Warth, etc. J’ai donné à Henry King le scénario de David and Bathsheba après que le scénario eût été achevé jusqu’au dernier détail, décors et distribution. Je vous écris cela afin que vous ne pensiez pas plus tard que j’esquive le problème. Le mérite que vous avez sur All About Eve vous revient entièrement. Lorsque je mets mon nom au générique d’un film en tant que producteur, je dois considérer ma propre conscience en même temps que ma propre réputation. Dans le cas de Dr. Praetorius, vous assumerez la plus grande contribution et si le film est un succès, vous en obtiendrez le mérite puisque vous fonctionniez à un double titre sur le film. » 

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Mais tout ceci n’empêchera pas finalement Darryl F. Zanuck d’apparaître au générique du film comme producteur. People Will talk va permettre à Mankiewicz, suprêmement à l’aise, de passer d’un ton à un autre, quitte à désorienter le spectateur par ce mélange de styles. À peine la première scène a-t-elle vu le jaloux professeur Elwell écouter d’une oreille attentive les ragots de la vieille miss Sarah Pickett, interprétée par Margaret Hamilton, l’ancienne « wicked witch of the West » du Magicien d’Oz que Mankiewicz introduit la troublante scène de l’amphithéâtre. Le docteur Praetorius montre aux étudiants le corps d’une ravissante jeune femme, morte, dont il soulève délicatement la chevelure ; « Il est important, dit-il, de réaliser dès le début qu’un cadavre dans un amphithéâtre n’est pas un être humain mort. Voyez ce cadavre. Le fait qu’il y a peu de temps, c’était une jeune femme pleine de vie, de beauté et de jeunesse est sans importance. On ne vous demande pas de disséquer et d’examiner l’amour ou la haine qui étaient en elle, ni ses désespoirs ou ses espérances, pas plus que les désirs qui motivaient chaque moment de son existence. Tout cela cesse d’exister avec elle. En revanche, pendant les semaines et les mois qui vont suivre, vous allez disséquer, examiner et identifier ses organes, ses os, ses muscles, ses tissus. » La fin du discours de Praetorius s’achève par l’évanouissement de la jeune Deborah Higgins.

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Il convient à ce propos de faire une remarque concernant Jeanne Crain, que Mankiewicz avait déjà dirigée dans A Letter to three wives (Chaînes conjugales) et qui interprète le rôle de Deborah Higgins. Mankiewicz déclarait à son propos : « C’est probablement ma faute mais je n’ai que rarement pu m’empêcher de penser que Jeanne Crain n’était en quelque sorte qu’en visite sur le plateau. Trop dure par moments, je pense, à la suite de mes demandes, comme si elle cherchait à compenser par de véritables efforts ce qui devait être à mon avis une absence d’émotion dans son jeu. Je ne voulais pas croire qu’elle rentrait chez elle le soir en pensant au rôle. Elle le prenait chaque matin en changeant de robe pour la journée. Je me souviens de Jeanne Crain comme d’une jeune femme, mère et épouse très charmante, très timide et très sincère dont le mari réussissait bien par ailleurs. Elle était une des rares personnes de ce métier que je n’ai jamais complètement comprise. »

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Il semble donc manifeste que Mankiewicz avait peu d’admiration pour Jeanne Crain, actrice très prisée du public de l’époque que Darryl F. Zanuck lui a sans doute conseillé de prendre puisqu’elle était sous contrat à la 20th Century-Fox. Les propos de Mankiewicz sont d’autant plus injustes que Jeanne Crain, déjà parfaite dans A Letter to three wives, apporte ici une réelle intensité au personnage de Deborah, son charme et sa douceur justifiant alors le comportement de Praetorius à son égard. On pourra d’ailleurs remarquer qu’à l’instar de Porter (Paul Douglas) qui mentait – peut-être ? – à la fin de A Letter to three wives pour que selon ses propres mots Deborah – déjà le même prénom – puisse passer une bonne nuit, Praetorius fait croire à Deborah Higgins qu’elle n’est plus enceinte afin que la jeune femme puisse, elle aussi, passer une bonne nuit.

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Après avoir constaté que « le journal meurt de la même manière que les gens, luttant pour chaque minute de lumière avant de sombrer dans le noir », Praetorius expliquera à Deborah, quitte à lui dire le contraire plus tard, qu’elle est enceinte. Une profonde communion va alors soudain unir le médecin à sa patiente. Il lui révèle son état et Deborah lui raconte que son amant est parti. C’est plus sa nouvelle situation qu’elle regrette que le volage amant parti en mission à l’étranger. Elle pense à ce moment-là à son père qui l’aime tant et qui risque d’être déçu par sa conduite. Comprenant, sans même lui poser la question, que Praetorius ne l’aidera pas à se défaire de l’enfant, elle cherche à se tuer d’un coup de revolver. Elle ne fait que se blesser, ce qui permet à Praetorius de constater : « C’est une chance que les gens n’aient pas la moindre notion de l’endroit où se trouve le cœur. Elle en était même très loin. » Cette remarque ironique est à l’image même du film…

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Praetorius soigne ensuite Deborah, et Mankiewicz filme Jeanne Crain de la même manière qu’il avait cadré précédemment le cadavre de la jeune femme sur la table de dissection de l’amphithéâtre, une manière de renforcer l’idée de ce que Deborah pourrait être si on ne l’aide pas. Une fois ce rapprochement offert au spectateur, Mankiewicz réalise un fulgurant enchaînement entre Praetorius en tenue de médecin auprès de Deborah et Praetorius en chef d’orchestre faisant répéter l’orchestre de l’université. La longue séquence où Praetorius accompagné de son fidèle et énigmatique Shunderson se rend à la campagne pour revoir Deborah permet à la fois de s’attacher à la personnalité de Shunderson, qui réussit à se faire comprendre d’un chien quelque peu énervé pour en faire un compagnon docile, puis à faire s’opposer Arthur Higgins et son frère John, particulièrement odieux. Arthur dit tendrement, en parlant de Deborah, qu’elle est le « battement de son cœur », tandis que son frère ne s’intéresse qu’à la façon dont il peut bénéficier des aides de la société et de l’État.

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Alors que l’on peut croire que Deborah est un être frêle, la scène où elle se promène avec Praetorius et où elle lui avoue qu’elle l’aime marque au contraire un changement, car, peu à peu, Deborah – et en cela l’interprétation de Jeanne Crain est remarquable – prend la situation en main, la scène s’achevant par le baiser qu’ils échangent. Une autre et tout aussi surprenante rupture de ton intervient plus tard, lorsque le professeur Elwell se rend chez Praetorius. Il est reçu par Deborah qui l’éconduit et prend énergiquement la défense de son mari. On sent qu’Elwell est menaçant, mais la séquence qui suit montre Praetorius en train de jouer au train électrique avec son beau-père Arthur Higgins et son collègue Barker, les trains dirigés par les trois hommes finissant par se tamponner… La scène suivante, très attachante, voit Praetorius apprendre à Deborah qu’elle n’est pas enceinte de lui, mais de son précédent et volage amant. Un superbe moment d’intimité psychologique et amoureuse.

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Le film risquant de poser un problème par rapport à l’univers de la médecine et à son lobby, le film est précédé d’un carton – plutôt ironique – dans lequel Mankiewicz affirme son admiration pour la médecine et le patient en général. La position du film vis-à-vis du monde médical est volontiers ambiguë. Certaines réflexions de Praetorius peuvent étonner, ainsi que la révélation qu’il tenait une boucherie tout en soignant des patientes… Mais Praetorius peut fièrement affirmer à Deborah, bien peu au courant du passé de son mari, « qu’il n’a jamais rien fait de répréhensible » dans la pratique de la médecine. De quoi rassurer ceux qui étaient prêts à poursuivre la 20th Century-Fox en justice…

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Praetorius est tout simplement un médecin non conformiste dont le comportement parfois inhabituel va de pair avec une profonde tendresse pour ses patients, qu’il s’agisse d’une ravissante jeune femme comme Deborah ou d’une vieille dame au seuil de la mort avec qui il aime plaisanter. En raison de l’enquête menée par Elwell sur Praetorius, il a aussi été de bon ton de voir dans le film une allusion directe à la chasse aux sorcières qui menaçait alors Hollywood. Il convient tout de même de rappeler que cette partie de l’histoire figurait déjà dans la pièce de Curt Goetz et que ni Praetorius ni Shunderson ne sont incriminés en raison de leurs idées politiques. Et Mankiewicz, en dehors de l’épisode de son affrontement avec Cecil B. De Mille, n’est jamais apparu comme un cinéaste « engagé ». Il n’a d’ailleurs jamais eu d’ennuis de la part des tenants du maccarthysme.

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On ne peut quitter People Will Talk sans évoquer enfin la figure magnifique de Shunderson auquel Finlay Currie, que Mankiewicz dirige pour la seconde fois après Escape (L’Évadé de Dartmoor), prête sa haute stature et son profil. Il est le contraire même du minable Elwell, auquel il dit d’ailleurs à la fin : « Professeur Elwell, vous êtes un petit homme. Ce n’est pas que vous soyez petit de taille. Vous êtes petit par l’esprit et le cœur. Ce soir vous avez tenté de rabaisser un homme dont vous ne pourriez même pas toucher les bottes même si vous vous trouviez au sommet de la plus haute montagne du monde. Et cela a échoué. Vous êtes encore plus petit qu’avant. » Pendu et ramené à la vie par Praetorius, Shunderson est un être à part.


JOSEPH L. MANKIEWICZ
En 20 films, et autant de chefs-d’œuvre, Joseph L. Mankiewicz s’est installé au panthéon des plus grands réalisateurs hollywoodiens. Après avoir été dialoguiste et producteur, il met en scène ses propres scénarios, écrits d’une plume vive et acérée. Il fait tourner les plus grands, décortique les rapports humains et moque avec finesse les différences sociales.

[prise de vue] JOSEPH L. MANKIEWICZ
Dans les films américains, les personnages sont définis par leurs attitudes, actions et réactions. Cependant, les protagonistes des films de Joseph Mankiewicz se distinguent par leur parole, omniprésente et essentielle. Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon affirment dans Cinquante ans de cinéma américain que si le cinéma parlant n’existait pas, Joseph Mankiewicz l’aurait inventé.


L’histoire

Noah Praetorius (Cary Grant) est un brillant gynécologue qui donne des cours dans une faculté de médecine et dirige une clinique privée, où il privilégie les rapports humains avec ses patientes. L’une d’elles, Deborah Higgins (Jeanne Crain), est une jeune future mère célibataire en détresse, dont il tombe amoureux (et réciproquement). Non seulement il l’épouse mais il recueille son beau-père, Arthur Higgins (Sidney Blackmer), un raté qui vivait indignement aux côtés de son frère John, un maniaque dominateur. Le Dr Praetorius est apprécié de tous ses collègues (dont son ami le Professeur Barker (Walter Slezak), physicien et contrebassiste) et de tous ses étudiants, à l’exception du Professeur Ellwell (Hume Cronyn), qui le jalouse et qui fait ouvrir une enquête interne visant à éclairer le « passé trouble » du médecin et le mystère entourant la présence constante à ses côtés du dénommé Shunderson (Finlay Currie). Il est en effet avéré que Praetorius a autrefois exercé la médecine dans l’arrière-boutique d’une boucherie, au fond d’une province reculée, et que ses gains lui ont permis par la suite de se spécialiser, et d’acheter une clinique…


Les extraits

CARY GRANT
Sous des dehors volontiers fantasques, mais toujours éminemment distingué, Cary Grant masquait une humanité dont quelques cinéastes particulièrement avisés surent tirer le meilleur parti. Son légendaire sourire et son extraordinaire aisance corporelle, qu’il tenait d’une solide pratique de l’acrobatie et du music-hall, l’avaient naturellement orienté vers la comédie, où il fut tout simplement éblouissant.


ALL ABOUT EVE (Ève) – Joseph L. Mankiewicz (1950)
Le 23 mars 1950, les Academy Awards (Oscars) sont décernés pour les films sortis l’année précédente. Joseph L. Mankiewicz est l’un des grands triomphateurs de la soirée, puisqu’il obtient, pour A Letter to Three Wives (Chaînes conjugales), l’Oscar du meilleur scénario et celui de la meilleure mise en scène de l’année. C’est une véritable consécration. Trois semaines plus tard, il commence le tournage d’All About Eve, le film le plus célèbre de sa période Fox

5 FINGERS (L’Affaire Cicéron) – Joseph L. Mankiewicz (1952)
Diello, un serviteur jadis congédié qui lui propose une association, la comtesse Staviska réplique par une gifle. « Parce que vous m’avez parlé en domestique. Comme un être qui se croirait inférieur et qui essaierait d’acheter ce qu’il penserait ne pas mériter. » Scène qui donne le ton des rapports passionnants entre James Mason et Danielle Darrieux (splendides l’un et l’autre). Dialogues étincelants et mise en scène d’une élégance ironique, qui fait de cette Turquie neutre un immense jeu de dupes, que le héros croit, en vain, pouvoir dominer.

THE GHOST AND MRS. MUIR (L’Aventure de Mme Muir) – Joseph L. Mankiewicz (1947)
on Berkeley Square et The House on the Square. Il s’agit d’une nouvelle adaptation de la pièce de John L. Balderston Berkeley Square, inspirée par The Sense of the Past d’Henry James.

THE BAREFOOT CONTESSA (La Comtesse aux pieds nus) – Joseph L. Mankiewicz (1954)
Il y a des films qui tombent sous le sens. Des films que rien ni personne ne peuvent enfermer dans une langue définitive ou livrer aux limbes de l’oubli. Tout a été dit sur le cinéma de Joseph L. Mankiewicz. A peu de choses près. mais cette comtesse qui s’avance pieds nus depuis l’année 1954 garde dans nos coeurs une place à part, une place de choix, une place que bien des films voudraient lui prendre.

A LETTER TO THREE WIVES (Chaînes conjugales) – Joseph L. Mankiewicz (1949)
Un samedi de mai, Deborah, Lora Mae et Rita délaissent leurs maris pour organiser un pique-nique sur les bords de la rivière avec un groupe d’enfants orphelins. Juste avant d’embarquer sur le bateau, elles reçoivent une lettre : Addie Ross leur apprend qu’elle a quitté la ville avec le mari de l’une d’entre elles. Pendant la promenade, chacune s’interroge pour savoir s’il s’agit du sien…

GUYS AND DOLLS (Blanches colombes et vilains messieurs) – Joseph L. Mankiewicz (1955)
Guys and dolls a été joué à Broadway à partir du 21 novembre 1950, au théâtre de la 46e rue. Samuel Goldwyn est l’un des spectateurs de la première et, avant même la fin du second acte, il a décidé de produire une adaptation cinématographique du spectacle. Ce ne sera pourtant qu’en 1954 qu’il parviendra enfin à acquérir les droits tant convoités. Il l’emportera sur ses rivaux en garantissant un million de dollars plus 10 % des bénéfices au-dessus de dix millions de dollars. Un engagement considérable qui rend, dès le départ, le succès financier du film très problématique

SOMEWHERE IN THE NIGHT (Quelque part dans la nuit) – Joseph L. Mankiewicz (1946)
Réalisé par Joseph L. Mankiewicz, Somewhere in The Night (Quelque part dans la nuit) place la figure du détective privé dans le dispositif des films sur les amnésiques. Sa forme repose sur les transcriptions visuelles de l’angoisse d’un homme sans mémoire qui cherche l’individu susceptible de l’éclairer sur son passé, puis découvre avec stupeur que celui qu’il veut retrouver n’est autre que lui-même. Et qu’il est un détective privé qu’on soupçonne de vol et d’assassinat.

DRAGONWYCK (Le Château du dragon) – Joseph L. Mankiewicz (1946)
1844. Miranda Wells (Gene Tierney) quitte sa famille du Connecticut pour rejoindre son riche cousin Nicholas Van Ryn (Vincent Price) qui vit avec sa femme dans la sombre demeure de Dragonwyck. Van Ryn traite ses métayers avec la dureté de ses ancêtres et souffre parallèlement du fait que sa femme, Johanna (Vivienne Osborne), a été incapable de lui donner un héritier mâle. Johanna tombe bientôt malade et meurt. Peu de temps après, Nicholas demande à Ephraim Wells (Walter Huston), le père de Miranda, la main de sa fille…



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