FILM NOIR : LE CAUCHEMAR FATALISTE 

Certains échappent in extremis à ce mauvais rêve et retrouvent un semblant de normalité. C’est le cas de l’homme d’affaires injustement accusé (Alan Curtis) dans Phantom Lady (Les Mains qui tuent, Robert Siodmak, 1944) sauvé par les efforts de son ingénieuse secrétaire (Ella Raines), ou celui du mari infidèle (Dick Powell) dans Pitfall (Andre de Toth, 1948) extirpé de l’enfer du Noir par une série de hasards heureux.

PHANTOM LADY – Robert Siodmak (1944)

Phantom Lady est le premier « film noir » hollywoodien de Robert Siodmak. Le futur réalisateur des Tueurs trouve avec l’histoire de William Irish un thème exemplaire : un innocent injustement condamné à mort, des témoins qui mentent, une jeune femme courageuse menant sa propre enquête, et parallèlement, un criminel aussi séduisant qu’impitoyable.

AUTOUR DU « GRISBI » : Le polar venu d’Amérique 

Comme nombre de policiers français des années 50, Touchez pas au grisbi puise directement aux sources du film noir, genre officiellement né à Hollywood en 1941. Le point sur une petite révolution sans laquelle on ne saurait comprendre le film de Jacques Becker.  

THE KILLERS – Robert Siodmak (1946)

Un passé mystérieux, un amour qui dure jusqu’à la mort, un destin auquel on ne peut échapper : The Killers mérite bien d’être considéré comme un film noir par excellence. Mais avec son héros dont la fin tragique est exposée dès le début par des flash-back, le spécialiste du genre Robert Siodmak exige beaucoup de son public, d’autant que l’on s’identifie volontiers à ce boxeur débonnaire dont la seule erreur, visiblement, n’a été que de s’éprendre de la mauvaise femme…

Le poids du passé dans le film noir

Les héros du film noir sont souvent des êtres hantés par leur passé. De fait, ce poids du passé est sans doute l’un des thèmes majeurs du genre. Dans le classique de Robert Siodmak The Killers (Les Tueurs, 1946), basé sur la nouvelle d’Ernest Hemingway, le personnage principal, Swede (Burt Lancaster), attend avec résignation d’être…

CRISS CROSS – Robert Siodmak (1949)

Comme The Killers, mis en scène deux ans plus tôt par Robert Siodmak et produit par le même Mark Hellinger, Criss Cross (Pour toi,j’ai tué) décrit des personnages littéralement damnés et incapables d’échapper à leur destin. Ni Anna (Yvonne de Carlo), qui a tenté en trahissant les uns et les autres de se sauver elle-même,…

CRY OF THE CITY – Robert Siodmak (1948)

Passant de l’Universal où il vient de réaliser des drames criminels, la plupart du temps dans des décors de studio, à la 2Oth Century-Fox de Darryl E. Zanuck, Robert Siodmak utilise le style réaliste de la firme et tourne en plein New York, dans le Bronx, et ses interprètes, amenés sur les lieux de tournage dans des voitures aux vitres opaques, « comme celles du FBI « , dit la publicité, jouent au milieu d’une foule qui ignore leur présence.

MOLLENARD – Robert Siodmak (1938)

MOLLENARD – Robert Siodmak (1938) – Harry Baur, Gabrielle Dorziat, Pierre Renoir, Albert Préjean Au cours de l’année 1936, Robert Siodmak s’est entiché d’un roman qui vient d’obtenir le «Prix de Paris» et dans lequel, pour la première fois depuis longtemps, il a cru retrouver un parfum, des personnages et des conflits proches de son…

L’AFFAIRE NINA B – Robert Siodmak (1961)

«Qui veut dîner avec le diable doit avoir une longue cuillère» ce dicton médiéval figure aussi en exergue à un autre texte du prolifique Simmel, le roman L’affaire Nina B (1958). Son sujet porte à nouveau sur l ‘Allemagne de la fin des années 50, avec ses cicatrices gênantes. «La majorité des gens qui vivent…

Robert Siodmak

Au cours de sa carrière hollywoodienne, Robert Siodmak dirigea une série d’excellents « thrillers » dans lesquels la tradition expressionniste de sa patrie d’origine se fondait parfaitement avec le style du film noir américain. Robert Siodmak naquit dans le Tennessee mais sa famille retourna en Allemagne au cours de sa première année. Après avoir abordé le cinéma…