En même temps que, grâce à l’assouplissement de la censure, déferlait sur les écrans la première vague, encore assez timide, d’érotisme, de scandale et de laisser-aller, en même temps que ce relâchement nouveau s’incarnait dans un certain nombre d’actrices provocantes, dont Marilyn Monroe fut le type achevé, et Jayne Mansfield la caricature, Hollywood sécrétait également leur parfait antidote sous les traits de Grace Kelly.



A l’opposé des « bombes du sexe », dont chaque attitude était étudiée pour suggérer le désir, la provocation immédiate et le besoin de scandaliser, cette belle actrice blonde semblait chargée de figurer la retenue, la distinction et la pudeur. Plus ses contemporaines se laissaient aller à des débordements frisant parfois la vulgarité avec Marilyn, ou y tombant franchement avec Jane Russell ou Jayne Mansfield, plus Grace Kelly affichait des airs de princesse lointaine, de créature éthérée et d’aristocrate philadelphien. Tandis que les nouvelles stars jouaient à cache-cache avec une censure qui n’avait pas encore désarmé pour dévoiler le maximum de leur anatomie, Grace Kelly ne laissa jamais voir de la sienne que ce qu’autorisait la plus extrême bienséance, épaules nues émergeant d’une élégante robe du soir ou longues jambes révélées par un maillot de bain décent, A cet égard, elle pouvait paraître l’antithèse exacte d’une Marilyn Monroe.



Ce qui était vrai à l’écran l’était aussi dans la vie privée. Tandis que Marilyn et ses émules défrayaient la chronique par leurs liaisons tapageuses et leurs amours changeantes, jamais la future princesse de Monaco ne prêta le flanc à la médisance et les échotiers de Hollywood en furent toujours pour leurs frais en ce qui la concernait.




Grace Kelly disposa de cinq ans pour imposer son personnage résolument à contre-courant dans le cinéma américain de ce temps-là. Entre 1951 et 1956, elle tourna à peine une petite douzaine de films, mais cela lui suffit pour décrocher l’Oscar et devenir une star incontestable, Elle eut pour partenaires les « trois grands » d’Hollywood, Gary Cooper, Clark Gable et Cary Grant sans parler de James Stewart, Bing Crosby et Frank Sinatra. Et parmi ses metteurs en scène on compte John Ford, Hitchcock, Zinnemann et Hathaway qui lui fit faire des débuts modestes dans Fourteen hours (Quatorze Heures, 1951). On ne la voyait guère longtemps, mais on la remarquait dans High Noon (Le Train sifflera trois fois, 1952) de Zinnemann, et dans Mogambo (1953) de John Ford, elle faisait jeu égal avec Ava Gardner, au sommet de sa beauté. Mais ce sont évidemment ses trois films avec Hitchcock qui constituent ses vrais titres de gloire et firent d’elle une star inoubliable : Dial M for murder (Le Crime était presque parfait, 1954), Rear window (Fenêtre sur cour, 1954) et To catch a thief (La Main au collet, 1955). Elle fut, idéalement, la beauté blonde et un peu froide, dont le grand « Hitch » chercha à imposer le type à travers ses films. Pourtant, c’est avec une œuvre bien moins importante qu’elle obtint son Oscar : The Country girl (Une fille de la province, 1954) de Georges Seaton, d’après une pièce à succès de Clifford Oddets. A part un ou deux autres films mineurs, elle n’a tourné que des rôles intéressants, dans des œuvres bien choisies.



Sa carrière s’achève avec The Swan (Le Cygne, 1955) de Charles Vidor et une comédie musicale de Charles Walters au titre prédestiné : High society (Haute Société, 1956). En 1956, elle épousait le prince Rainier de Monaco, qu’elle avait rencontré pendant le tournage de To catch a thief sur la Côte d’Azur, et abandonnait le cinéma. Désormais ce fut sa vie qui allait ressembler à un film, une sorte de comédie féerique à la Lubitsch, où ses qualités personnelles lui valurent, dans un rôle difficile, une immense popularité, au-delà de tous les Oscars. En septembre 1982, un banal accident de voiture vint y mettre un terme tragique, que rien n’avait laissé présager dans une aussi souriante destinée. Elle était née en 1929, trois ans après Marilyn Monroe dont elle fut, sur tous les plans, comme l’image inversée. [La grande histoire illustrée du 7ème art – Editions Atlas (1983)]





MOGAMBO – John Ford (1953)
Ava Gardner est contrainte de rester dans un camp d’un chasseur de fauves rustre, Clark Gable, dont la moustache frémissante rappelle son rôle de Rhett Butler. Leur marivaudage en Technicolor commence, Ava buvant du whisky au goulot et tapant dans le dos du mercenaire. John Ford, bien que critiqué pour son manque d’inspiration pour orchestrer ces duels de géants, manie l’ironie et le désenchantement alcoolisé avec brio. L’arrivée de Grace Kelly, une oie blanche tombant amoureuse de l’aventurier, ajoute une dimension supplémentaire, Gable y croit un temps à cet amour sage, mais « mogambo » signifie « passion » en swahili.

DIAL M FOR MURDER (Le Crime était presque parfait) – Alfred Hitchcock (1954)
Quand Tony Wendice, ancien joueur de tennis, décroche son téléphone, le sort de sa femme semble scellé. Mais le crime qu’il a mis au point depuis des années est-il si implacable qu’il le croit..? Pour son quatrième film tourné avec la Warner Bros, Hitchcock s’attacha à une pièce de théâtre à succès et accepta de réaliser Dial M for murder en relief. Malgré les contraintes techniques que cela imposait, il signa une œuvre singulière, un huis clos riche de tous les éléments hitchcockiens : psychologie, intrigue amoureuse, humour et suspense. Le film fournit l’occasion de la première collaboration du maître avec Grace Kelly, qui dévoile ici tous ses talents.

REAR WINDOW (Fenêtre sur cour) – Alfred Hitchcock (1954)
Immobilisé dans son appartement avec une jambe cassée, le photographe L.B. Jefferies observe ses voisins, leur prêtant des vies imaginaires, jusqu’à ce qu’un cri dans la nuit le persuade que l’un d’eux est un meurtrier. Avec Rear Window, Hitchcock montre qu’il peut être dangereux d’épier ses voisins. Dans ce thriller haletant, une curiosité bien naturelle – et sans doute compréhensible – envers la vie des autres plonge James Stewart et Grace Kelly dans un cauchemar de meurtre et de suspense.

TO CATCH A THIEF (La Main au collet) – Alfred Hitchcock (1955)
Ancien cambrioleur, « le Chat » doit prouver qu’il n’est pas responsable d’une nouvelle série de vol de bijoux sur la Côte d’Azur. L’intrigue policière sert de prétexte à un badinage plein de grâce et d’ironie. Les années 1950 comptent parmi les plus productives d’Hitchcock. En 1954, avec Grace Kelly et Cary Grant, le réalisateur tourna dans le sud de la FranceTo Catch a thief, une intrigue policière largement teintée d’humour et d’une grande beauté visuelle.

HIGH SOCIETY (Haute société) – Charles Walters (1956)
Signé par le vétéran Charles Walters, ce film de 1956 joue la carte du glamour en réunissant deux chanteurs de légende et une future princesse, le tout sur des airs inédits du grand Cole Porter.

MARILYN MONROE
Mélange explosif de candeur et de sensualité débordante, Marilyn Monroe est une actrice proche du génie. Sous le maquillage et les atours, elle restait une « petite fille ». Elle ne ressemblait à personne…
- ROBIN AND THE 7 HOODS (Les Sept voleurs de Chicago) – Gordon Douglas (1964)
- LE CINÉMA DE MINUIT
- [bandes originales] MAX STEINER
- JACQUES PRÉVERT ET LE CINÉMA
- [la IVe République et ses films] LA QUALITÉ – LE CHARME VÉNÉNEUX D’AUTANT-LARA (7/10)
Publication mise en ligne le 28/10/2018 – Mise à jour le 06/08/2025
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Catégories :Les Actrices et Acteurs


Grâce Kelly est une éxellente actrice….mais Marylin qui était née de père inconnu et presque sans famille avant les année 60 dans une société patriarcale partait avec un grand handicape sociale. Elle à du déjà ce battre ne serait-ce que pour manger ce n’était pas le cas de Grâce Kelly car elle avait des parents pour cela et heureusement et temps mieux pour elle. Marylin a travaillé pour s’acheté son moindre livre ou se payer le moindre cours de théâtre. Deux actrices talentueuses, , il n’y à pas de vulgarité chez l’une ni d’expression lontaine chez l’autre mais deux éxpressions uniques de la féminité qui s’exprime avec virtuosité sur la péllicule. Et je ne pense pas qu’il soit élégant de dénigrée le travail et le talent d’une orpheline qui n’avait personne pour l’aidé afin de valorisée le talent d’une autre . D’ailleurs Grâce Kelly etait une personne éduquée et je ne pense pas qu’elle aurait apréciée qu’on baffoue ainsi une autre actrice, dans un actrice qui parle d’elle.
Cordialement.
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