ALFRED HITCHCOCK

Alfred Hitchcock fut l’un des seuls cinéastes dont le physique et le nom étaient aimés du grand public. Chacun connaissant sa silhouette ronde au visage de ras bébé. Son sens de la publicité, ses apparitions télévisées, sa présence dans les bandes annonces de ses œuvres, ses passages dans ses propres films, tout cela avait contribué à le rendre célèbre. Il était aussi populaire que les plus grosses vedettes du cinéma international.
A une époque où le public ne s’intéressait pas à l’identité du metteur en scène, Hitchcock était une exception. Il attirait les spectateurs par sa seule stature. Mais ce succès avait un revers : la critique refusait de le prendre au sérieux.
Aujourd’hui, tous sont unanimes à lui reconnaître du génie, même ceux qui ne voyaient en lui qu’un commerçant habile à construire des divertissements susceptibles de rapporter beaucoup d’argent. Il fallut l’acharnement terroriste des « jeunes turcs » des Cahiers du cinéma, d’Henri Langlois et de cinéastes comme Jacques Becker et Alexandre Astruc pour en arriver à cette prise de conscience. Rappelons que les Français furent les premiers à démontrer la valeur esthétique, morale et philosophique des œuvres d’Alfred Hitchcock. Ils inventèrent même le terme de «HitchockoHawksien» pour parrainer leur guérilla.
Aujourd’hui, la cause est gagnée. Des exégèses sont publiées dans le monde entier, des rétrospectives lui sont consacrées, les universités étudient ses films et ses copistes se succèdent pour le meilleur et pour le pire.
Lui, il est mort en 1980, après avoir consacré 58 ans de sa vie au cinématographe. Le mariage réussi entre le commerce et l’Art est peut-être enterré dans sa tombe. [Noël Simsolo – Anthologie du cinéma n°110 – Alfred Hitchcock – L’Avant-Scène (1982)]

Un anglais bien tranquille (période 1899-1929)
Alfred Hitchcock est né en Angleterre, le 13 août 1899, au sein d’une famille de catholiques. Son père était un riche marchand de volailles. Il aimait le théâtre, mais se voulait rigoureux en matière de discipline et de religion. L’enfance heureuse d’Alfred fut marquée par un incident qu’il n’oubliera jamais. Lire la suite…

Sur la piste du crime (période 1929-1939)
La première expérience parlante d’Hitchcock, ce sera Blackmail (Chantage, 1929). Aujourd’hui, cette œuvre conserve une authentique modernité. L’auteur y installe des personnages et des situations qui alimenteront ses films postérieurs : la femme coupable, le policier amoureux de la femme qu’il doit arrêter, l’union terrible par un secret encore plus terrible, l’itinéraire vécu par un couple et la traversée des apparences.

Hollywood et la guerre (période 1940 – 1944)
A la veille de la guerre, l’industrie cinématographique américaine domine le marché mondial. De nombreux cinéastes européens ont raillé Hollywood. la domination nazie accélérera cette migration, mais ce cosmopolitisme convient au public national. Ce peuple d’émigrants aime le cinéma. les images satisfont ses fantasmes et bercent ses espoirs. Il se retrouve culturellement devant des produits conçus par des réalisateurs européens.

Expérimentations (période 1945-1954)
Rentré aux U.S.A. après avoir réalisé Bon voyage et Aventure malgache (courts métrages à la gloire de la résistance française réalisés en Angleterre), Hitchcock tourne une production de Selznick : Spellbound (La Maison du docteur Edwards). Cette fois, la chasse à l’homme et la formation d’un couple s’inscrivent dans une structure plus complexe. La psychanalyse règne sur l’œuvre.

Le temps de la perfection (période 1954 -1966)
En 1954, Hitchcock entre à la Paramount. Il y restera de longues années et en deviendra l’une des plus fortes valeurs commerciales. Il commence par l’adaptation d’une nouvelle de Corneil Woolrich (William Irish) : Rear window (Fenêtre sur cour). C’est l’histoire d’un reporter photographe qui a la jambe dans le plâtre. Il passe son temps à observer ses voisins. de l’autre côté de la cour.

Les dernières œuvres (période 1966 – 1976)
Au cours de la période 1966-1976, Alfred Hitchcock ne tournera que quatre films. Deux se rattacheront au cycle des œuvres d’espionnage. Les autres exploiteront la veine du thriller.

Les films d’Hitchcock sur Mon Cinéma à Moi

THE LODGER (Les Cheveux d’or) – Alfred Hitchcock (1927)
THE 39 STEPS (Les 39 marches) – Alfred Hitchcock (1935)
SABOTAGE (Agent secret) – Alfred Hitchcock (1936)
THE LADY VANISHES (Une femme disparaît)– Alfred Hitchcock (1938)
JAMAICA INN (La Taverne de la Jamaïque) – Alfred Hitchcock (1939)
REBECCA – Alfred Hitchcock (1940)
SHADOW OF A DOUBT (L’ombre d’un doute) – Alfred Hitchcock (1943)
NOTORIOUS (Les Enchaînés) – Alfred Hitchcock (1946)
THE PARADINE CASE (Le Procès Paradine) – Alfred Hitchcock (1947)
STRANGERS ON A TRAIN (L’Inconnu du Nord-Express) – Alfred Hitchcock (1951)
DIAL M FOR MURDER (Le crime était presque parfait) – Alfred Hitchcock (1954)
REAR WINDOW (Fenêtre sur cour) – Alfred Hitchcock (1954)
TO CATCH A THIEF (La Main au collet) – Alfred Hitchcock (1955)
VERTIGO (Sueurs froides) – Alfred Hitchcock (1958)
NORTH BY NORTHWEST (La Mort aux trousses) – Alfred Hitchcock (1959)
TORN CURTAIN (Le Rideau déchiré) – Alfred Hitchcock (1966)