Le Film étranger

THE TROUBLE WITH HARRY (Mais qui a tué Harry ?) – Alfred Hitchcock (1955)

La découverte d’un cadavre près d’un village du Vermont ne trouble pas outre mesure ses habitants, qui continuent à déguster des cakes et à boire de la citronnade… La vie suit son cours, comme le cycle des saisons. Parenthèse dans la carrière d’Alfred Hitchcock, The Trouble with Harry (Mais qui a tué Harry ?) est un plaisir que le réalisateur s’accorde entre deux grands classiques, To Catch a Thief (La Main au collet) et The Man Who Knew Too Much (L’Homme qui en savait trop). Il est résolu à explorer plus profondément un thème qui lui est cher : l’humour décalé. Le rire de l’absurde trouve ici son expression parfaite et jette, a posteriori, une lumière nouvelle sur la filmographie d’Hitchcock.

THE TROUBLE WITH HARRY (Alfred Hitchcock, 1955)

En ce début des années 1950, Alfred Hitchcock surfe au sommet de son art. Il enchaîne film sur film, tourne chef-d’œuvre sur chef-d’œuvre. La sortie de Rear Window (Fenêtre sur cour) suit immédiatement celle du film Dial M for Murder (Le Crime était presque parfait), en 1954. Le réalisateur n’a guère le temps de savourer son succès. Cette même année, il est en France, sur la Côte d’Azur, pour le tournage de To Catch a Thief, puis à Hollywood où il termine la production du film. Déjà, il envisage la suite. Depuis quelques mois, il a mis au travail son fidèle scénariste John Michael Hayes (c’est la troisième collaboration des deux hommes, après Rear Window et To Catch a Thief,), sur l’adaptation d’un roman de Jack Trevor Story, The Trouble With Harry.

THE TROUBLE WITH HARRY (Alfred Hitchcock, 1955)

La Paramount, qui avait produit ses deux derniers films, n’était a priori guère enthousiasmée par ce nouveau projet, une comédie légère bien éloignée des grandes machines à suspense qui avaient fait les derniers succès du maître. Toutefois, elle était prête à satisfaire un petit caprice du réalisateur, d’autant qu’Hitchcock ne se montrait pas gourmand. Il demandait juste un million de dollars pour réaliser The Trouble With Harry. Dès la fin du mois d’août 1954, le réalisateur, qui terminait la production de To Catch a Thief à Hollywood, chargea son producteur associé Herbert Coleman de s’occuper du casting. Les choses se précipitèrent : Hitchcock voulait débuter le tournage deThe Trouble with Harry au plus vite afin de profiter des magnifiques paysages de l’été indien dans le Vermont. Il n’y eut pas de pause entre les deux films, comme il en témoignera, à sa façon : « Le premier a été terminé à cinq heures trente et le second a commencé à sept heures trente. »

THE TROUBLE WITH HARRY (Alfred Hitchcock, 1955)

Shirley MacLaine, judicieusement choisie par Herbert Coleman, comprit rapidement. Dès l’épreuve du bout d’essai passée avec succès, Hitchcock lui annonça la couleur : « J’aurai besoin de vous pour débuter le tournage dans le Vermont dans trois jours… Est-ce possible? » Le casting de The Trouble With Harry n’avait rien à voir avec celui de To Catch a Thief. Contrairement à Cary Grant et Grace Kelly, John Forsythe et Shirley MacLaine n’étaient pas des acteurs chevronnés. La jeune actrice, notamment, manquait d’expérience, ce qui n’était pas pour déplaire au réalisateur, heureux de pouvoir la modeler suivant ses souhaits.

THE TROUBLE WITH HARRY (Alfred Hitchcock, 1955)

Hitchcock entendait garder un contrôle absolu sur ces novices, à tel point que le mari de MacLaine fut interdit de plateau. L’aventure fut heureuse. Shirley MacLaine trouva dans The Trouble with Harry la rampe de lancement de sa carrière de star : le film la propulsa dans les hautes sphères hollywoodiennes. Ce premier tournage de grande envergure constitua pour elle une expérience inédite, et parfois déconcertante : « Lorsque vous tournez pour une grande firme cinématographique, se rappellera-t-elle non sans humour, tous les frais sont payés. Je n’arrivais pas à m’habituer à manger autant que je le désirais sans avoir rien à régler. Au bout des trois premières semaines, j’avais pris douze kilos. En commençant le film, j’étais svelte et mince, en finissant d’enterrer Harry pour la dernière fois, j’étais devenue une grosse mémère. » Le manque d’expérience de Shirley MacLaine fit les régals de la presse lors de la sortie du film. « Elle n’a jamais nagé dans une piscine d’Hollywood », ironisait-on. Un comble ! L’allure de la star naissante étonnait également. Avec ses vêtements décontractés, ses cheveux courts et sa drôle de frimousse (une funny face à la Audrey Hepburn), elle apportait son lot de bizarrerie à un film non moins surprenant. Le sujet faisait jaser. « Parfois, à la porte des studios, le gardien la congédie en lui disant qu’il n’y a plus d’emploi disponible », témoignera un journaliste.

ON SET – THE TROUBLE WITH HARRY (Alfred Hitchcock, 1955)

C’est donc à toute vitesse que l’équipe de The Trouble with Harry se rend dans le Vermont pour lancer le tournage à la mi-septembre. Il s’agissait de profiter des beautés de la région à la fin de l’été. Mais la saison finissante n’eut rien d’indien. L’automne, ses nuages et ses pluies arrivèrent aussi vite que les membres de l’équipe s’étaient installés dans la région. Dès novembre, le retour à Hollywood s’imposa, afin de finir le film en studio. Au total, après seulement deux mois et demi de tournage, tout fut terminé ! Un record. Autre record : Hitchcock avait réalisé 4 films en 17 mois ! Restait à convaincre Bernard Herrmann d’écrire la musique du film. Le compositeur accepta, à la stupéfaction d’Hitchcock. La musique d’Herrmann donna un caractère léger à un film plutôt statique. Elle souligne l’élément essentiel de The Trouble with Harry : son humour ; un humour qu’il était nécessaire de faire ressortir par les petites ritournelles champêtres du compositeur sans lequel plus d’un spectateur serait passé à côté du ton si particulier du film.

THE TROUBLE WITH HARRY (Alfred Hitchcock, 1955)

Si l’humour de The Trouble with Harry était particulier pour le spectateur, il l’était également pour Hitchcock. Le réalisateur maniait avec constance l’ironie et le deuxième degré depuis ses premiers films, mais force est de reconnaître qu’il atteignit un sommet du genre avec The Trouble with Harry. Dans l’histoire d’Harry, Hitchcock avait surtout apprécié ce ton si profondément britannique appelé understatement, un terme sans équivalent en français dont le réalisateur a tenté de donner une explication au critique et cinéaste François Truffaut : « C’est la sous-évaluation, la sous-déclaration, la sous-estimation. (…) Understatement c’est la présentation sur un ton léger d’événements très dramatiques. »

THE TROUBLE WITH HARRY (Alfred Hitchcock, 1955)

Hitchcock n’en était pas à son premier maniement de l’understatement. Il l’avait déjà brillamment utilisé dès 1935 en adaptant le livre de John Buchan pour réaliser The 39 Steps (Les Trente-Neuf Marches), un chef-d’œuvre de la période anglaise. Cette « approche de l’humour macabre strictement anglaise », selon les mots du réalisateur, caractérise tous les personnages dans The Trouble with Harry. La nonchalance avec laquelle ils appréhendent la présence du cadavre d’Harry, la désinvolture dont ils font preuve en l’enterrant et le déterrant sans cesse, participent à plein de ce comique d’understatement. Le décalage est d’autant plus fort qu’ils se heurtent physiquement au cadavre : le docteur ne cesse de tomber en se prenant les pieds dedans, sans que cela semble les heurter moralement.

ON SET –THE TROUBLE WITH HARRY (Alfred Hitchcock, 1955)

Les personnages de The Trouble with Harry sont d’autant moins choqués par ce mort que toutes leurs petites histoires vont, littéralement, se faire par-dessus le cadavre. C’est après avoir surpris le capitaine traînant le corps d’Harry que miss Gravely l’invite chez elle, avant d’enjamber le mort ; c’est la découverte du cadavre qui rapproche Sam et Jennifer. Finalement, tout le monde semble profiter de la mort d’Harry. Deux histoires d’amour naissent du drame. A ce sujet, Hitchcock se montre aussi détaché qu’il l’est avec le thème de la mort. Le langage cru qui domine les scènes d’amour le souligne. Quand Sam l’embrasse, Jennifer s’inquiète : « Ne m’embrasse pas trop fort, Sam, j’ai un très petit fusible. »  Et le capitaine justifie auprès de Sam son intérêt pour miss Gravely en des termes quelque peu indécents : « Elle est bien conservée. Et les conserves, c’est fait pour être consommé. »

THE TROUBLE WITH HARRY (Alfred Hitchcock, 1955)

Finalement, comme le souligne Donald Spoto, « le sexe et la mort – les deux grandes obsessions américaines – sont pris au pied de la lettre ». Hitchcock semble nous dire qu’il faut arrêter de dramatiser ces deux thèmes. Dans n’importe quel village du Vermont ou d’ailleurs, la découverte d’un cadavre inconnu aurait été considérée comme une malédiction, et donc avec superstition, comme Harry lorsqu’il renonce à sa nuit de noces après la lecture d’un horoscope de mauvais présage. La nonchalance des personnages du film à ce sujet en fait, non pas des personnes qui auraient « subi l’ablation de la conscience», ainsi que l’a écrit le critique Jean Domarchi, mais bien plutôt des individus qui se situent au-delà de la morale, par-delà le bien et le mal.

THE TROUBLE WITH HARRY (Alfred Hitchcock, 1955)

On retrouve là un des grands thèmes hitchcockiens, où le Bien et le Mal se confondent, se ressemblent et s’assemblent : il suffit d’évoquer l’ambiguïté de l’oncle Charlie dans Shadow of a Doubt (L’Ombre d’un doute), la complémentarité de l’innocent et du coupable dans Frenzy, ou encore l’ambivalence des héros dans tous les films d’Hitchcock où apparaît un faux coupable. Mais alors que la plupart des histoires du réalisateur finissent par imposer un point de vue moral (les méchants meurent et les bons triomphent), une telle fin n’existe pas dans The Trouble with Harry. Peut-être est-ce pour cela que ce film est resté l’un des préférés du réalisateur.

ON SET –THE TROUBLE WITH HARRY (Alfred Hitchcock, 1955)

The Trouble with Harry est un film métaphorique. La métaphore centrale, qui étaie toute la structure du scénario, est celle de la renaissance. Harry ne cesse de mourir et de renaître. Il n’est pas enterré, mais « replanté » et il semble revenir à la vie à chaque fois qu’on le déterre : on parle de son « avenir », sa tombe doit être une « maison confortable », on le lave et on lui prépare un bain. De la même manière, la vieille fille miss Gravely (dont le nom signifie en anglais « sérieusement », « gravement », mais comporte également le mot grave) qui veut dire « tombe ») renaît grâce aux soins que lui prodiguent Sam et l’épicière pour lui redonner sa jeunesse. Le peintre Sam va jusqu’à affirmer que sa peinture est « le symbole du commencement du monde ».

THE TROUBLE WITH HARRY (Alfred Hitchcock, 1955)

Chez un homme comme Hitchcock, qui revendique haut et fort son catholicisme et précise qu’il a été éduqué chez les Jésuites, de telles métaphores évoquent la mort et la résurrection du Christ. Le portrait que Sam réalise devant le cadavre a judicieusement été comparé au visage du Christ mort peint par Georges Rouault (1871-1958), un peintre représenté dans la collection personnelle d’Hitchcock. Le réalisateur joue avec le thème christique quand il réalise The Trouble with Harry. Cette idée de renaissance trouve son point d’orgue dans la nature, si présente dans le film. Les splendides images du Vermont évoquent le cycle des saisons, donc de l’éternelle renaissance, et magnifient l’histoire d’Harry. C’est bien, au bout du compte, ce qu’Hitchcock a voulu dire en tournant son film : « The Trouble with Harry, je retire le mélodrame de la nuit noire pour l’amener à la lumière du jour. C’est comme si je montrais un assassinat au bord d’un ruisseau qui chante et que je répandais une goutte de sang dans son eau limpide. De ces contrastes surgit un contrepoint, et peut-être même une soudaine élévation des choses ordinaires de la vie.»

ON SET –THE TROUBLE WITH HARRY (Alfred Hitchcock, 1955)

Hitchcock confiera plus tard à François Truffaut : « J’ai tourné ce film pour prouver que le public américain pouvait apprécier l’humour anglais et cela n’a pas trop mal marché. » C’était une vision optimiste du passé. A la sortie de The Trouble with Harry, Hitchcock et son équipe étaient déjà en train de tourner The Man Who Knew Too Much, avec James Stewart et Doris Day. Tous les yeux étaient tournés vers cette nouvelle production, et on ne parla presque pas de The Trouble with Harry. La Paramount elle-même ne savait pas trop quoi faire de la dernière réalisation du maître. Hitchcock s’en souviendra : « C’est un film que j’ai tourné très librement sur un sujet que j’avais choisi et, lorsqu’il a été terminé, personne ne savait qu’en faire, comment l’exploiter. C’était trop spécial mais, pour moi, ce n’était pas spécial du tout. »

THE TROUBLE WITH HARRY (Alfred Hitchcock, 1955)

Le film n’intéressa que moyennement le public américain. Il connut en revanche une belle destinée en France. Lancé dans une petite salle des Champs-Élysées, à Paris, le film continuait toujours à attirer des spectateurs à chaque séance au bout de six mois. Plus généralement, la sortie du film, conjuguée à l’action de jeunes critiques particulièrement enthousiastes (Truffaut avait rendu visite pour la première fois à Hitchcock peu de temps auparavant, durant le tournage de To Catch a Thief), contribuèrent largement au succès du réalisateur en France.

THE TROUBLE WITH HARRY (Alfred Hitchcock, 1955)

Bande originale du film THE TROUBLE WITH HARRY – Bernard Hermann

Effets spéciaux : Le paysage du Vermont

The Trouble with Harry devait être un film sur la nature. Les paysages du Vermont avaient une place entière dans l’œuvre, au même titre que les personnages. Alors qu’il préparait le tournage, Hitchcock conçut donc l’idée de filmer entièrement le film sur les lieux mêmes de l’intrigue. Robert Burks (1909-1968) était censé immortaliser les paysages pré-automnaux du Vermont, avec ses étendues vertes saupoudrées des rouges, des bruns et des jaunes des feuilles déclinantes. Hitchcock savait d’autant plus qu’il pouvait compter sur son chef opérateur que celui-ci avait réalisé, lors du tournage précédent, de magnifiques vues de la Côte d’Azur pour To Catch a Thief (qui lui valurent un oscar à Hollywood). Mais le climat ne fut pas au rendez-vous et Burks dut saisir entre deux averses l’aspect éphémère et sublime des paysages qui allaient jouer un si grand rôle dans Harry.

THE TROUBLE WITH HARRY (Alfred Hitchcock, 1955)

Tout réalisateur qui se respecte sait qu’il ne peut pas compter sur la météo. Une solution de repli avait donc été envisagée. Le préau d’une école avait été préparé pour accueillir, le cas échéant, un studio de fortune. Mais les averses continues sur le toit de tôle produisaient un vacarme assourdissant qui interdisait toute prise de son, mettant fin à l’expérience. Des vents violents ajoutaient à la catastrophe. Toutes les feuilles qui donnaient sa beauté au paysage) furent balayées en quelques jours et se retrouvèrent à terre. La décision fut prise : le tournage serait fini à Hollywood, quitte pour cela, à transporter d’un bout à l’autre du continent américain des milliers de feuilles récoltées spécialement, afin de reconstruire en studio le paysage pittoresque du Vermont( et notamment le coin isolé où ont lieu les multiples inhumations et exhumations du malheureux Harry. Des milliers de feuilles furent ainsi collées une à une sur des arbres en plâtre ! Hitchcock, qui aimait beaucoup travailler en studio, ne fut pas déçu. Dans les locaux de la Paramount, il put, en jouant sur les éclairages, donner au bois qui accueille la tombe champêtre d’Harry un aspect féerique et surnaturel.


L’histoire et les extraits

Générique – Après avoir écarté deux idées initiales (des plans de feuilles en train de s’ouvrir et des arbres aux couleurs automnales), Hitchcock fit appel à Saul Steinberg, un artiste new-yorkais, pour créer le générique, dont les dessins légers, dans le ton du film, se déroulent en une longue frise.
Eté indien – Le film s’ouvre sur des vues du paysage automnal du Vermont. Dans les bois, le jeune Arnie entend des coups de fusil, puis découvre un cadavre. Le capitaine Wiles braconne près de là. Il ramasse le gibier qu’il vient de tirer : une boîte de conserve, un panneau d’interdiction de chasser…
Tir malheureux – Poursuivant son chemin dans le bois, le capitaine Wiles découvre lui aussi le cadavre allongé par terre, avec un filet de sang coulant de sa tempe. Persuadé d’avoir tué l’homme, il tente de cacher le corps, mais il est sans cesse interrompu par les allées et venues d’habitants du village : miss Gravely (une femme d’âge mûr), Jennifer Rogers (la jeune maman d’Arnie), le docteur Greenbow (qui trébuche sur le corps, mais ne s’aperçoit pas de sa présence) et un vagabond (très heureux de récupérer les bonnes chaussures que le mort a aux pieds). Sam Marlowe découvre à son tour le cadavre d’Harry, et se met à le dessiner. Le capitaine sort de sa cachette et évoque un accident. Puis, le cadavre passe au

Génie incompris – Un peintre fauché, Sam Marlowe, se rend au village. Il reproche à l’épicière qui expose ses toiles de ne pas en avoir vendu une seule, et lui donne sa liste de commissions du jour. Le fils de l’épicière, qui est adjoint du shérif, bricole une vieille voiture dans le garage.
Apparences – Dans l’épicerie se retrouvent Sam, miss Gravely et l’épicière. La discussion apparemment anodine nous apprend que miss Gravely a un rendez-vous. Elle s’inquiète aussi de savoir si l’adjoint du shérif revient seul. Le mort commence à hanter les esprits.
Citronnade – Sam fait la cour à Jennifer. On apprend quelles étaient les relations de la jeune femme avec son mari Harry, un étranger que personne ne connaissait au village. Là aussi, les personnages se comportent comme de grands enfants, par exemple en buvant de la citronnade…

Goûter sentimental – Le capitaine se rend à l’invitation de miss Gravely chez elle. Le rendez-vous galant tourne rapidement à la comédie, le thème de la mort et Harry faisant irruption dans chaque phrase. Arnie vient se faire payer le lapin que le capitaine a tué, et qu’il a retrouvé dans le bois.
Enterrement et calcul – Le capitaine part dans le bois avec Sam pour enterrer le cadavre. Ils creusent une tombe, où ils déposent Harry en lui demandant de « ne plus revenir leur casser les pieds » ! À peine enterré, Harry est déterré : en recomptant les balles tirées, le capitaine comprend qu’il n’a pas pu le tuer.
Exhumation-inhumation – En examinant la blessure, Sam s’aperçoit qu’elle a été faite par un instrument contondant, et non pas par une balle. Une fois Harry exhumé, la question se pose de savoir qui l’a tué. Sans pouvoir y répondre, Sam et le capitaine décident qu’il est préférable de cacher le corps. Harry est de nouveau enterré.

Chez le capitaine – Miss Gravely retrouve le capitaine Wiles dans sa tanière de célibataire construite au bord d’un lac ; à l’intérieur, les caleçons sèchent sur un fil tendu près du poêle. Elle lui apprend que c’est elle qui a tué Harry. Ainsi, tous les personnages revendiquent le meurtre, créant la confusion.
Conciliabule – Après avoir à nouveau déterré Harry, miss Gravely, accompagnée par le capitaine, retrouve Jennifer et Sam pour leur faire part de sa décision d’avertir la police de son « meurtre ». Mais l’enquête risque de poser des problèmes à Jennifer. Harry retourne sous terre.
Vente de tableaux – Sam apprend qu’un homme veut acheter toutes ses toiles, à n’importe quel prix car il les juge géniales. Aux yeux de Sam, sa peinture n’a pas de prix, et il demande à chaque personne présente de dire ce qu’elle souhaite: tel sera le prix à payer pour obtenir les tableaux.

Indices – L’adjoint du shérif, Calvin Wiggs, rentre chez sa mère, à l’épicerie, où il trouve les villageois réunis. Il a retrouvé les chaussures volées par le vagabond sur un cadavre. Tout le monde quitte bientôt l’épicerie. Wiggs découvre également le portrait du cadavre dessiné par Sam.
Toilette mortuaire – Devant la menace d’une enquête, Jennifer, Sam, miss Gravely et le capitaine décident de déterrer Harry à nouveau. l’arrivée du docteur les interrompt en plein travail. Finalement, ils décident de lui demander d’examiner le cadavre, afin de déterminer les causes exactes de sa mort.

Suspense – L’arrivée de Wiggs chez Jennifer est signalée par le bruit de sa vieille voiture. Tout est caché avant son entrée, et les pièces à conviction sont bientôt subtilisées. Sam redessine le portrait, le capitaine vole les chaussures. Le représentant de la loi est tourné en dérision.
Mort naturelle – Venu chez Jennifer pour diagnostiquer la cause du décès d’Harry, le docteur apprend à tous qu’il est mort d’une mort naturelle : crise cardiaque. Les quatre protagonistes décident de remettre le corps à sa place et de le faire redécouvrir le lendemain par Arnie.
Recommencement – La dernière scène du film est identique à la première, avec Arnie armé de son fusil découvrant le cadavre au même endroit dans le bois. Simplement, les quatre protagonistes suivent l’action, cachés derrière un tronc d’arbre. L’histoire s’écrit en boucle, comme les saisons.


Un anglais bien tranquille (période 1899-1929)
Alfred Hitchcock est né en Angleterre, le 13 août 1899, au sein d’une famille de catholiques. Son père était un riche marchand de volailles. Il aimait le théâtre, mais se voulait rigoureux en matière de discipline et de religion. L’enfance heureuse d’Alfred fut marquée par un incident qu’il n’oubliera jamais. Lire la suite…

Sur la piste du crime (période 1929-1939)
La première expérience parlante d’Hitchcock, ce sera Blackmail (Chantage, 1929). Aujourd’hui, cette œuvre conserve une authentique modernité. L’auteur y installe des personnages et des situations qui alimenteront ses films postérieurs : la femme coupable, le policier amoureux de la femme qu’il doit arrêter, l’union terrible par un secret encore plus terrible, l’itinéraire vécu par un couple et la traversée des apparences.

Hollywood et la guerre (période 1940 – 1944)
A la veille de la guerre, l’industrie cinématographique américaine domine le marché mondial. De nombreux cinéastes européens ont raillé Hollywood. la domination nazie accélérera cette migration, mais ce cosmopolitisme convient au public national. Ce peuple d’émigrants aime le cinéma. les images satisfont ses fantasmes et bercent ses espoirs. Il se retrouve culturellement devant des produits conçus par des réalisateurs européens.

Expérimentations (période 1945-1954)
Rentré aux U.S.A. après avoir réalisé Bon voyage et Aventure malgache (courts métrages à la gloire de la résistance française réalisés en Angleterre), Hitchcock tourne une production de Selznick : Spellbound (La Maison du docteur Edwards). Cette fois, la chasse à l’homme et la formation d’un couple s’inscrivent dans une structure plus complexe. La psychanalyse règne sur l’œuvre.

Le temps de la perfection (période 1954 -1966)
En 1954, Hitchcock entre à la Paramount. Il y restera de longues années et en deviendra l’une des plus fortes valeurs commerciales. Il commence par l’adaptation d’une nouvelle de Corneil Woolrich (William Irish) : Rear window (Fenêtre sur cour). C’est l’histoire d’un reporter photographe qui a la jambe dans le plâtre. Il passe son temps à observer ses voisins. de l’autre côté de la cour.

Les dernières œuvres (période 1966 – 1976)
Au cours de la période 1966-1976, Alfred Hitchcock ne tournera que quatre films. Deux se rattacheront au cycle des œuvres d’espionnage. Les autres exploiteront la veine du thriller.


THE LODGER (Les Cheveux d’or) 1927
THE 39 STEPS (Les 39 marches) 1935
SABOTAGE (Agent secret) 1936
THE LADY VANISHES (Une femme disparaît) 1938
JAMAICA INN (La Taverne de la Jamaïque) 1939
REBECCA 1940
SHADOW OF A DOUBT (L’ombre d’un doute) 1943
NOTORIOUS (Les Enchaînés) 1946
THE PARADINE CASE (Le Procès Paradine) 1947
STRANGERS ON A TRAIN (L’Inconnu du Nord-Express) 1951
DIAL M FOR MURDER (Le crime était presque parfait) 1954
REAR WINDOW (Fenêtre sur cour) 1954
TO CATCH A THIEF (La Main au collet) 1955
THE TROUBLE WITH HARRY (Mais qui a tué Harry ?) 1955
VERTIGO (Sueurs froides) 1958
NORTH BY NORTHWEST (La Mort aux trousses) 1959
TORN CURTAIN (Le Rideau déchiré) 1966

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