Catégorie : Le Film français

LES ENFANTS DU PARADIS – Marcel Carné (1945)

Il y a quelque dix ans, Robert Chazal, dans un ouvrage de la collection « Cinéma d’aujourd’hui », chez Seghers, portait ce jugement définitif sur un film maintenant vieux d’une trentaine d’années : « Les Enfants du Paradis, c’est en définitive un film de première grandeur, aux richesses inépuisables, et qui n’a pas fini d’être en avance sur son temps ». Eh bien oui. A l’heure où le modernisme du style cinématographique rend caduques bien des œuvres qui paraissaient marquées du sceau du chef-d’œuvre impérissable, le film de Carné-Prévert a gardé toute sa force et sa beauté. Certes les habitudes de perception des spectateurs ont changé. De même que les approches critiques. Or ce film a merveilleusement résisté à toutes ces mutations, il comble encore les partisans d’une lecture moderne de l’image, comme il comblait les cinéphiles de l’époque. [Raymond Lefèvre – Cinéma 74 (n°184) février 1974]

L’HOMME DU JOUR – Julien Duvivier (1937)

C’est juste après La Belle équipe, que Duvivier tourne L’Homme du jour, film mineur dans la filmographie du réalisateur mais qui mérite d’être découvert. Cette grosse production met en vedette Maurice Chevalier tout auréolé de ses succès américains (notamment avec Lubitsch). L’Homme du jour bénéficie à nouveau de la collaboration de Charles Vildrac et de Spaak, mais on a souvent l’impression que l’acidité et l’ironie premières du propos sont combattues par les nécessités commerciales qui entourent la présence de Chevalier, sans que, pour autant, le film soit un succès public.
Pourtant cette histoire d’un brave électricien qui, à la faveur d’un don de sang fait à une tragédienne connue (Elvire Popesco), devient d’un jour à l’autre célèbre, et le lendemain oublié, n’est pas sans saveur. Le film commence comme un bon Capra, où Chevalier serait tout à la fois James Stewart et Gary Cooper. Mais Duvivier n’est ni Capra ni La Cava, et il n’épargne même pas son protagoniste (on ne le lui pardonnera pas), rapidement veule, mesquin, intéressé, fanfaron et parfois ivrogne. Autour de lui s’agite le monde futile et vulgaire de la fausse noblesse, de la presse, de la publicité, et L’Homme du jour offre d’étonnantes et sagaces perspectives sur une « société du spectacle » qui est encore bien incapable de se célébrer comme telle. On cherche en vain un apport positif, le seul personnage féminin vaguement valorisé étant délibérément sacrifié par l’intrigue, au profit d’un final qui hésite entre le moral méprisant et l’amoral vengeur : remplacé dans le cœur des voyageurs du métro par un phénomène qui arrive de Lisbonne en marchant sur les mains, Chevalier/Boulard retrouve sa fiancée, qui n’a pas hésité à le tromper avec un mécène potentiel : ces deux-là n’en ont sans doute pas fini de connaître une existence éminemment duvivéenne… [Julien Duvivier – Yves Desrichard – Bibliothèque du film – Durante – Collection Ciné-Regards (2001)]

LE MILLION – René Clair (1931)

Généralement considéré comme le chef-d’ œuvre de René Clair, Le Million est le résultat d’une fusion particulièrement heureuse entre la tradition du vaudeville et les expériences d’avant-garde. Dans la structure circulaire de la course poursuite, classique chez René Clair, le texte sert de support aux gags, aux digressions, au dénouement d’actions indépendantes ; ainsi, par de nombreux aspects, ce film se rattache à Un chapeau de paille d’Italie (1927).

LUMIÈRE D’ÉTÉ – Jean Grémillon (1943)

Commençons par les femmes. Ni pin-up ni vamps chez Grémillon, mais des personnes à part entière, décidées, tourmentées. C’est vrai de Cri-Cri, ancienne danseuse devenue tenancière d’hôtel, ou de Michèle, jeune femme romantique venue là pour retrouver son amant. Ce marivaudage en altitude (les Alpes-de-Haute-Provence), hanté par le souvenir d’un crime, réunit des personnages à la dérive qui tentent de s’aimer. Les dialogues de Prévert, un peu trop écrits, trop baroques, nuisent un peu au tempérament plus discret de Grémillon. Le film raconte de fait cette lutte contre les mots, de l’intérieur, en traçant de magnifiques correspondances entre le paysage accidenté et les états d’âme des personnages. Ennui mortifère, sursaut de vie, vie au quotidien : le rythme diffère, ralentit sur une contemplation ou s’emballe, selon les situations de ce chassé-croisé sentimental. La montagne rocailleuse, la construction du barrage non loin, les explosions à la dynamite, le travail des ouvriers, tout cela concourt au lyrisme sourd du film, à sa mélancolie diffuse. [Jacques Morice – Télérama.fr]

LA MARIE DU PORT – Marcel Carné (1950)

Des retrouvailles entre Marcel Carné et Jean Gabin naît un film qui impose l’acteur dans un nouvel emploi et marque sa renaissance au cinéma français. L’association avec Prévert est terminée – même si le poète, sans être crédité au générique, signe encore quelques dialogues de haute volée. Carné adapte un beau « roman dur » de Simenon, tourné in situ, entre Port-en-Bessin et Cherbourg. A l’époque, plusieurs critiques, dont Claude L. Garson de L’Aurore, reprochent au cinéaste d’avoir voulu faire un remake déguisé de Quai des brumes à travers « ce film un peu démodé qui ressemble trop au cinéma de 1939 et pas assez à celui de 1950 ». Un remake amer, alors, tant les personnages, prisonniers des conventions sociales, sont ici condamnés, malgré leurs aspirations à des vies étriquées. Le duo formé par Gabin, vieilli prématurément, et la toute jeune Nicole Courcel fonctionne à merveille. Et la mise en scène, plus sobre que dans Quai des brumes, est toujours juste. Quitte à citer la presse de l’époque, on préfère cette jolie formule de Jacqueline Michel, du Parisien alors « libéré » : « La Marie du port n’est sans doute pas, dans l’œuvre de Carné, une cathédrale, mais c’est une belle église romane, sobre et pure, sans rugosité et avant Viollet-le-Duc. » [Samuel Douhaire – Télérama]

JENNY – Marcel Carné (1936)

En 1936, Jacques Feyder part pour Londres afin de réaliser Knight without armour à la demande d’Alexander Korda. Du même coup, une première chance sérieuse s’offre à Marcel Carné, son assistant. Feyder devait en effet tourner à Paris un film dont son épouse Françoise Rosay avait été choisie comme principale vedette féminine, pour le compte de la société Réalisations artistiques cinématographiques (aujourd’hui défunte). L’un et l’autre, Jacques Feyder et Françoise Rosay, insistèrent pour que la réalisation fût confiée à Carné. Ils eurent gain de cause. C’était, le pied à l’étrier : ce n’était certes pas la chance d’un chef-d’œuvre. Adapté d’un roman de Pierre Rocher, le scénario de Jacques Prévert et de Jacques Constant introduisait des personnages assez superficiellement cocasses au service d’un mélodrame farci de clichés. Le film fut intitulé Jenny, du nom du personnage interprété par Françoise Rosay : une patronne de boîte de nuit où tout un gang a ses habitudes. Lucien, l’amant de Jenny, se trouve mêlé malgré lui aux activités de ce gang, Un type du nom de Benoît a résolu de séparer Jenny et Lucien, en quoi il s’est assuré l’aide d’un bossu surnommé Dromadaire. Parallèlement, se développe une intrigue sentimentale entre Danielle, la fille de Jenny, et un bon jeune homme. Celui-ci est horrifié dans ses sentiments bourgeois d’apprendre le triste métier qu’exerce la mère de sa fiancée : en fait, il l’abandonne. Danielle se confie à Lucien. Elle s’éprend même de ce dernier qui lui retourne son amour. Ils décident de fuir, ensemble, Lucien annonce à Jenny qu’il va rompre avec elle. Mais Benoît, poursuivant son but provoque Lucien : les deux hommes se battent, et le dernier nommé, blessé, est conduit à l’hôpital. Jenny lui rend visite là. Lucien, continuant l’explication commencée, déclare à celle qui fut sa maîtresse son amour pour une jeune fille. Jenny devine qu’il s’agit de sa fille.

TONI – Jean Renoir (1935)

Réalisé avec des acteurs et des techniciens de l’équipe Marcel Pagnol, développé dans son laboratoire de Marseille, et ayant peut-être bénéficié de sa discrète collaboration pour certains dialogues, Toni, entièrement tourné en extérieurs dans le Midi, a plus d’un point commun avec Angèle, tant dans son thème et ses personnages (fille séduite, confident désintéressé, rudesse de la vie paysanne, etc.) que dans son style, résolument mélodramatique. Comme l’écrit René Bizet dans « Le Jour », ce n’est pas exactement du cinéma mais du « théâtre en liberté ». La part propre de Renoir réside dans l’intérêt porté à la condition ouvrière, signe d’un net clivage politique qui va se confirmer dans les films suivants. Chef-d’œuvre de réalisme, Toni est une merveille de construction. Renoir place sa caméra et travaille son cadre dans le souci constant du meilleur effet esthétique, ici inséparable d’une formidable charge émotionnelle. Le récit tout entier se laisse enfermer dans l’image d’un cercle. Le montage, déjà, est exemplaire et annonce par son discours la problématique essentielle du Déjeuner sur l’herbe. 

L’ASSASSIN HABITE AU 21 – Henri-Georges Clouzot (1942)

Paris est sous la menace d’un assassin qui laisse une ironique signature : Monsieur Durand. L’inspecteur Wens découvre que le coupable se cache parmi les clients de la pension Mimosas, au 21, avenue Junot… Un plateau de jeu (la pension), quel­ques pions colorés (ses habitants), et la partie de Cluedo peut commencer. Le ­roman s’ingéniait à égarer le lecteur détec­tive, de fausse piste en chausse-trape, jusqu’à la pirouette finale. Si le procédé est classique, façon Agatha Christie, le résul­tat à l’écran l’est beaucoup moins : goguenard, l’auteur croquait quelques belles tranches d’humanité. Pour son ­premier film, Clouzot adapte ce pessimisme ironique à son univers. Au passage, il prend quelques libertés. Occupation oblige, l’assassin, de Londres, déménage à Paris. Les héros du Dernier des six, précédente adaptation d’une œuvre de Steeman, sont chargés de l’enquête : l’inspecteur Wens (Pierre Fresnay, magistral) et son enquiquineuse de petite amie, Mila Malou (pétulante Suzy Delair). Mais surtout, entre humour et cruauté, le jeu policier prend un étrange et dérisoire relief, une véritable profondeur psychologique. Un régal, qui annonce un chef-d’œuvre à venir, Le Corbeau.  [Cécile Mury – Télérama]

LA VERITÉ SUR BÉBÉ DONGE – Henri Decoin (1952)

Si le public de 1952 boude la sortie de La Vérité sur Bébé Donge, le film ne sombre pas pour autant dans l’oubli, et les générations suivantes répareront cette injustice en le considérant comme l’un des titres les plus marquants de la période. Même les pourfendeurs de la fameuse « qualité française », tant décriée par François Truffaut et ses amis des Cahiers du cinéma, se sentiront tenus de faire une exception dans la filmographie d’Henri Decoin pour La Vérité sur Bébé Donge. Et, plus récemment, le scénariste Jacques Fieschi, collaborateur des derniers films de Claude Sautet, verra même dans La Vérité sur Bébé Donge « l’un des plus troublants huis clos conjugaux du cinéma… » De fait, tout concourt ici à créer une œuvre saisissante. Construite en flash-backs, l’intrigue du film permet de retracer l’histoire du couple Donge sur une longue période, tout en offrant à Danielle Darrieux de livrer une prestation remarquable en incarnant le même personnage à différentes époques, de la jeune fille pleine d’espoir à la femme murée dans son silence. Mais, pour être moins « spectaculaire », la performance de Gabin dans le film n’en est pas moins réussie : en bourreau devenu victime à son tour, l’acteur parvient à exprimer avec sobriété le désarroi d’un homme comprenant ses erreurs. Que le public n’ait pas reconnu dans un tel rôle « son » Gabin n’enlève rien à l’indiscutable talent dont fait preuve l’acteur dans la peau de François Donge… [Collection Gabin –  Eric Quéméré – 2005]

DOUCE – Claude Autant-Lara (1943)

Douce est d’emblée considéré comme un grand film, le meilleur réalisé à ce jour par Claude Autant-Lara. D’après les agendas de François Truffaut, le futur réalisateur des Quatre Cents Coups (1959) est allé le voir sept fois durant son adolescence. D’autres jeunes cinéphiles de l’époque m’ont dit l’impression forte qu’ils en ont reçue : Jean Douchet, Alain Cavalier. Aujourd’hui, il fait partie des quatre ou cinq meilleurs films du cinéaste. Il me semble posséder un climat particulier qu’on ne trouve dans aucune autre œuvre de Lara, et que décrit très bien la fiche de Radio-Cinéma-Télévision : « Cette ombre qui émane de certains personnages, leurs silences, leurs regards équivoques, leurs chuchotements à double entente tissent un climat de mystère, d’insécurité, qui n’est pas sans faire ressembler cette maison opulente et sombre aux palais raciniens. » Il est permis d’avoir un faible pour Douce, ce film à part. [Claude Autant-Lara – Jean-Pierre Bleys – Institut Lumière – Actes Sud (2018)]

LA MÔME VERT-DE-GRIS – Bernard Borderie (1953)

La passion des Français pour la Série noire va de pair avec leur goût démesuré pour les films de gangsters sombres qu’ils ont découverts après la guerre. En 1946, le critique Nino Frank utilise l’expression film noir pour qualifier ces films, dont les Français ne tardent pas à donner leur interprétation, à commencer par André Hunebelle avec sa trilogie Mission à Tanger (1949), Méfiez-vous des blondes (1950) et Massacre en dentelles (1952). Sur les premiers scénarios de Michel Audiard, qui en écrira plus d’une centaine d’autres – dont de nombreux noirs – ces films projettent le spectateur des lieux exotiques ciblés pour le marché français (Tanger, Londres, Venise) et racontent le quotidien mouvementé du journaliste Georges Masse, incarné par Raymond Rouleau. Comme l’expliquent Raymond Borderie et Étienne Chaumeton dans leur « Panorama du film noir américain » (1955), «le héros du film est un journaliste d’investigation avec un sérieux penchant pour le whisky et les femmes. Il rappelle ces détectives décontractés dont William Powell fut un temps le prototype ». [Film Noir 100 All-Time Favorites – Paul Duncan, Jürgen Müller – Edition Taschen – (2013)]

PATTES BLANCHES – Jean Grémillon (1949)

Pattes Blanches, entrepris de façon quasi impromptue présente a priori tous les inconvénients d’une commande : le scénario d’Anouilh devait être réalisé par le dramaturge lui-même, s’il n’en avait été empêché par des problèmes de santé à la veille du tournage. Grémillon reprend donc le projet « au vol » mais y fait quand même un certain nombre de modifications ; l’histoire qui se passait au 19e siècle, est transposée de nos jours et Grémillon embauche, à côté de l’actrice Suzy Delair déjà engagée, la plupart des comédiens qui devaient tourner Le Printemps de la liberté : Arlette Thomas, Michel Bouquet, Fernand Ledoux, Paul Bernard, Jean Debucourt ; trois d’entre eux ont déjà travaillé avec Grémillon, Fernand Ledoux pour Remorques, Paul Bernard pour Lumière d’été, Jean Debucourt pour Le Ciel est à vous. On retrouve aussi Léon Barsacq, le décorateur de Lumière d’été, dont les esquisses et maquettes pour Le Printemps de la liberté sont restées célèbres. Malgré son caractère improvisé, la réalisation de Pattes Blanches paraît donc avoir au lieu dans des conditions assez favorables, y compris le tournage des extérieurs en Bretagne, patrie d’élection du cinéaste. [Jean Grémillon, Le cinéma est à vous – Geneviève Sellier – Ed. Meridiens Klincksieck (1989)]

QUAI DES ORFÈVRES – Henri-Georges Clouzot (1947)

« Rien n’est sale quand on s’aime », fera dire Clouzot à l’un de ses personnages dans Manon. Dans Quai des orfèvres, déjà, tout poisse, s’encrasse, sauf l’amour, qu’il soit filial, conjugal ou… lesbien. En effet, il n’y a pas que Brignon, le vieux cochon, qui est assassiné dans ce chef-d’œuvre. Pendant qu’on s’interroge sur l’identité du coupable, Clouzot trucide tranquillement la censure. Il faut entendre l’inspecteur Antoine (Louis Jouvet, prodigieux) dire à Dora, la blonde cérébrale : « Vous êtes un type dans mon genre… » Car si Dora veille sur Jenny Lamour, la Mimi Pinson ambitieuse, et sur Maurice, son pauvre bougre de mari, c’est par amour pour Jenny. L’énigme regorge de fausses pistes et de faux témoignages parce-que chacun, si veule qu’il puisse paraître, est prêt à se sacrifier pour l’être aimé. Magnifique hommage aux petites gens de cabaret, Quai des orfèvres est aussi une peinture de mœurs d’une grande tendresse cafardeuse : même si le cœur a ses raisons, la loi lui donne tort. Clouzot le regrette et il met cette réplique, à la fin, dans la bouche d’un chauffeur de taxi : « Je vous fais bien mes excuses, mais on n’est pas les plus forts. » [Guillemette Odicino – Télérama (août 2016)]

REMORQUES – Jean Grémillon  (1941)

Marin dans l’âme, Grémillon chérissait la mer, qu’il avait déjà célébrée dans Gardiens de phare en 1928. Remorques, situé à la pointe de la Bretagne, du côté de Crozon, fut un film compliqué à faire : scénario remanié, tournage interrompu à cause de la guerre, etc. Il tangue un peu comme un rafiot. On y retrouve néanmoins ce lyrisme sobre qu’on aime tant. Au fond, Remorques est l’envers de Quai des brumes, auquel on pense forcément : point de « réalisme poétique » ici, plutôt une poésie réaliste, sans effets ni chichis. Grémillon vient du documentaire et a toujours gardé ce souci de vérité. L’amour, le métier, l’amour du métier sont une fois encore le moteur de son cinéma très pionnier d’un point de vue social. André (Jean Gabin) se dévoue corps et âme au bateau, sans voir que sa femme, Yvonne (Madeleine Renaud), se meurt. Elle essaie de l’alerter, mais leurs échanges passionnés tournent à la dispute. André, capitaine héroïque qui secourt les autres avec son remorqueur, faillit en tant que mari — doublement, puisqu’il s’éprend d’une belle de passage (Michèle Morgan). Les couples Gabin-Renaud et Gabin-Morgan fonctionnent à merveille, et la mer, déchaînée ou indolente, défend avec panache son rôle de troisième amante. Grémillon est bien le cinéaste féminin sinon féministe du cinéma français. [Jacques Morice – Télérama]