Archives d’Auteur

Avatar de Inconnu

Mon Cinéma à Moi

Mon Cinéma à Moi, ce sont les films, les acteurs, actrices et réalisateurs que j'aime. Mon but : faire découvrir ou redécouvrir un cinéma d'une autre époque qui a contribué à ce qu'il est devenu aujourd'hui.

DINNER AT EIGHT (Les Invités de huit heures) – George Cukor (1933)

Premier film produit par David O. Selznick pour la Metro-Goldwyn-Mayer – et son beau-père Louis B. Mayer ! – Dinner at Eight s’inscrit dans la tradition de Grand Hotel en réunissant un de ces « all star cast » dont la firme du lion avait la spécialité. George Cukor, qui n’avait alors que trente-cinq ans, fut chargé de diriger cette exceptionnelle galerie de monstres sacrés et chaque acteur, tout en effectuant un éblouissant numéro, participe à la perfection collective de l’ensemble.

LITTLE CAESAR (Le Petit César) – Mervyn LeRoy (1931)

Adapté d’un best-seller du roman noir écrit par W.R. Burnett, Little Caesar se concentre sur l’étude d’un personnage, Rico, le suivant pas à pas tout au long de sa courte et brutale carrière. Le rôle principal revenait presque de droit à Edward G. Robinson ; pourtant, au départ, Wallis songea à lui confier un personnage secondaire, Otero. Dans ses souvenirs « All my Yesterdays », Robinson raconte qu’il considéra cette décision comme une ruse destinée à assouplir le tempérament de l’acteur débutant. 

A FREE SOUL (Âmes libres) – Clarence Brown (1931) 

La force du film est de faire de l’avocat et du gangster deux personnages en miroir. A Free soul  met ainsi en scène le conflit passionnel et violent entre deux formes (au moins) d’addiction. On trouve plusieurs addictions dans le film (Clarence Brown en propose une vision plus large et métaphorique que ne le fait Three on a match, réalisé par Mervyn LeRoy en 1932, récit de la déchéance d’une mère de famille bourgeoise, dont la vie est anéantie par la drogue) : l’addiction d’ordre incestueux qui pousse un père et une fille l’un vers l’autre ; l’addiction sexuelle et passionnelle d’une jeune fille émancipée de la haute société pour un gangster violent et criminel.

NIGHT NURSE (L’Ange blanc) – William A. Wellman (1931) 

William A. Wellman ne filme pas le personnage archétypal de l’infirmière comme un pur objet de désir et de fantasmes, même si plusieurs scènes, au début du film, assument avec humour la confusion entre la fonction d’infirmière et celle de strip-teaseuse. Les séquences de déshabillage sont menées avec un mélange de naturel décontracté et de vitesse qui définit bien ce que serait « l’éternel féminin » selon Wellman : une femme qui n’a jamais honte d’elle-même (ni de son corps, ni de ses désirs, ni de ses principes), et accomplit sa destinée tambour battant, sans se laisser décourager par les obstacles, les injustices ou les inégalités qui frappent ses origines sociales et son sexe.

JEAN HARLOW

Jean, aidée par sa bonne nature et confiante en son succès retrouvé, tint tête facilement, cette fois, aux menaces des puritains et des ligues féminines. Elle se remaria avec Paul Bern, un homme très différent d’elle, aussi calme et renfermé qu’elle était expansive et débordante de vitalité. Mais le malheur semblait s’attacher aux pas de Jean : deux mois seulement après les noces, Bern se suicida.

BILLY WILDER

Les héros de Billy Wilder doivent choisir entre l’argent et le bonheur, et le signe de maturité du héros ou de l’héroïne (et de l’estime du metteur en scène) apparaît précisément quand ils préfèrent les sentiments aux biens matériels. Dans les films de ce genre, on peut inclure Assurance sur la mort, un classique film noir  adapté par Raymond Chandler, Le Gouffre aux chimères, Stalag 17, La Garçonnière, Embrasse-moi, idiot et La Grande Combine.

THE SEVEN YEAR ITCH (Sept ans de réflexion) – Billy Wilder (1955)

Après avoir réalisé Sabrina en 1954, Billy Wilder enchaîne avec une commande de la compagnie Fox à laquelle Paramount l’a loué : The Seven year itch (Sept ans de réflexion), adaptation d’une pièce à succès de George Axelrod. Dans ce film , Marilyn Monroe incarne l’essence même de ce mélange unique de sexualité et d’innocence qui l’a caractérisée tout au long de sa carrière. La célébrité de ce film tient à son interprète et à la scène de la bouche de métro où sa robe se relève haut sur les cuisses.

Autour du Jour se lève : UN DES JALONS MAJEURS DE L’HISTOIRE DU CINÉMA par Jacques B. Brunius

Carné suivait simplement la leçon de Méliès, de Clair et bien d’autres lorsque pour Le Jour se lève, au lieu de choisir un immeuble existant dans Boulogne-Billancourt, il tournait dans un décor. Il suffit de jeter un coup d’œil sur la maquette, ou sur une photo de l’admirable décor de Trauner, pour constater que Carné avait raison : aucun immeuble réel n’aurait pu être aussi expressif ni aussi vrai que cette quintessence de banlieue industrielle.

LE MÔME CARNÉ

Lorsque Carné et Gabin décident de retravailler ensemble quelques mois plus tard, l’acteur suggère d’adapter Martin Roumagnac, un roman dont il vient d’acheter les droits. Mais, s’inclinant devant le refus de Prévert et Carné, il se lance avec eux dans le projet du Jour se lève. Pour la seconde fois, l’accord sur le plateau entre le comédien et le cinéaste est parfait. Malheureusement, la guerre va mettre provisoirement un terme à leur collaboration, et leurs retrouvailles en 1946 donneront lieu à une regrettable incompréhension. Gabin commence en effet par proposer à nouveau le projet de Martin Roumagnac à Carné et Prévert, lesquels n’ont pas changé d’avis dans l’intervalle.

LE JOUR SE LÈVE – Marcel Carné (1939)

Le Jour se lève raconte la destruction d’un homme, d’un homme simple pris au piège, humilié, condamné à mort par un salaud. Il fallait cette architecture rigoureuse, du coup de feu initial du meurtre au coup de feu final du suicide, pour que se mettent en place les mâchoires du piège qui broie François. On ne lui laisse pas une chance. Le combat est inégal, il n’y a pas de justice. Un pouvoir aveugle et brutal vient parachever ce que le cynisme de Valentin avait commencé : le peloton anonyme des gardes mobiles repousse les ouvriers solidaires et piétine la fragile Françoise. L’ignominie triomphe sur toute la ligne, le mal métaphysique (Valentin) est relayé par le mal historique (les gendarmes casqués). La désespérance de Prévert est aussi une désespérance politique.

MARCEL AYMÉ, ENTRE SATIRE ET POÉSIE

Mais si Marcel Aymé s’est moins intéressé au cinéma au lendemain de la guerre, le cinéma s’est en revanche beaucoup intéressé à lui. En 1951, Jean Boyer lance la mode des adaptations de l’écrivain avec Le Passe-muraille, fable fantastique interprétée par Bourvil (huit ans plus tard, le cinéaste Ladislao Vajda en donnera une version allemande).