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TWO WEEKS IN ANOTHER TOWN (Quinze jours ailleurs) – Vincente Minnelli (1962)

Dès ses premiers plans, Two weeks in another town se place dans un registre tragique et Kirk Douglas n’y est plus un « tycoon » prestigieux mais un acteur déchu qui hante les jardins d’une maison de repos. Soudain rappelé dans le monde du cinéma, parmi les vivants, il se retrouve à Rome, confronté à un tournage pitoyable. Le jeune premier est un être faible et timoré, la star, une exubérante italienne, abuse de ses liens avec le producteur, et son vieil ami Maurice Kruger, autrefois renommé pour la qualité de ses mises en scène, réalise le film sans la moindre conviction, ne faisant confiance ni à ses acteurs, ni à ses techniciens. Two weeks in another town est à ce titre un document passionnant. Hanté par son passé – cette Carlotta qui l’obsède et que tous lui rappellent – Jack Andrus va vivre ce tournage comme un véritable cauchemar. Comme dans Madame Bovary, Minnelli utilise avec génie les miroirs et la manière dont les personnages y apparaissent ou en sortent, créant une nouvelle dimension dans cet univers fondé sur les apparences. En dépit d’une liaison, presque platonique, Andrus se sent de plus en plus isolé au milieu de ces philistins et ce n’est qu’après avoir exorcisé son démon d’autrefois (Cyd Charisse) qu’il va renaître à la vie.

THE HARVEY GIRLS (Les Demoiselles Harvey) – George Sidney (1946)

Lors de son voyage vers Sandrock, où elle doit épouser un beau jeune homme contacté par petite annonce, Susan Bradley sympathise avec un groupe de femmes qui se rendent elles aussi dans cette bourgade afin d’y travailler dans le nouveau restaurant Harvey. Mais arrivée à destination, Susan découvre que le « beau jeune homme » ne correspond pas du tout aux descriptions de ses lettres… Pur produit de la Freed Unit, le film de George Sidney offre à Judy Garland l’un de ses rôles les plus populaires. ainsi qu’un Oscar de la meilleure chanson. Genèse d’un western musical.

ZIEGFELD FOLLIES – Vincente Minnelli (1945)

Dans un paradis de coton et de marbre, Florenz Ziegfeld se remémore ses souvenirs terrestres. Il fut un très célèbre directeur de revue à Broadway. Un à un, ses numéros défilent dans sa mémoire. Ne vous laissez pas effrayer par les automates mal dégrossis qui ouvrent le film. Dans un Broadway cartonné façon école maternelle, Vincente Minnelli commence par évoquer la pré-histoire de la comédie musicale, avec toute sa mièvrerie archaïque. Au fil du temps, il nous laisse contempler l’éclosion de ce genre féerique, pour accéder à l’apothéose, avec des numéros étincelants, peut-être parmi les plus beaux que Hollywood nous ait offerts. A la manière d’un reportage foutraque et raffiné, il laisse les étoiles du genre (Fred Astaire, Judy Garland…) jouer leur propre rôle, et se gausse des futures hagiographies documentaires que la télévision leur consacrera. Une fantaisie brillante et prémonitoire qui nécessiterait peut-être un petit remontage : l’humour de certains sketchs non musicaux a mal vieilli, mais la folie brûlante des autres compense largement ces faiblesses. Allez, s’il fallait n’en garder que deux, ce serait sans aucun doute la lévitation éthylique de Cyd Charisse, blottie dans un nuage de bulles de champagne, et le frissonnant Love, que Lena Horne psalmodie comme une formule hypnotique… [Télérama – Marine Landrot]

THE BAND WAGON – Vincente Minnelli (1953)

Tout comme les scénaristes Comden et Green, le réalisateur Vincente Minnelli ne craint pas de porter un regard critique sur le monde du spectacle (il a dépeint celui d’Hollywood dans The Bad and the beautiful (Les Ensorcelés) et Two Weeks in Another Town (Quinze jours ailleurs). À travers son histoire de pièce en gestation, The Band wagon pose en fait la question du renouvellement de la comédie musicale. À cours d’inspiration, le genre doit-il s’ouvrir au théâtre classique (mais que viendrait faire Faust dans cette galère…), à la vie quotidienne (avec ici les machines à sous et la rue new-yorkaise, même si tout a été filmé en studios à la MGM), ou encore au Film Noir (le splendide ballet final avec son « privé ») ?

ARTHUR FREDD : LE MAGICIEN DE LA MGM

Après avoir travaillé longtemps à la MGM comme compositeur, Arthur Freed commença en 1939 une extraordinaire carrière de producteur qui en fit le maître incontesté de la comédie musicale. Les succès remportés par Arthur Freed, qui fut le « promoteur » des plus prestigieuses comédies musicales des années […]