Catégorie : La Comédie musicale

THERE’S NO BUSINESS LIKE SHOW BUSINESS (La Joyeuse Parade) – Walter Lang (1954)

Au final l’aventure de There’s no business like show businessrestera l’un des pires souvenirs de Marilyn. D’autant plus qu’à la sortie du film, certains critiques s’offusquent de l’indécence de I‘actrice, dans des numéros qu’elle n’a pourtant pas conçus elle-même ! D’autres journaux soulignent heureusement que la nouvelle star de la Fox se tire plutôt bien de cet exercice délicat. Le plus beau compliment venant du prestigieux compositeur Irving Berlin, qui déclare que Marilyn a doté ses chansons, pourtant interprétées par les plus grands noms du jazz, d’une suavité nouvelle… Mais pour Marilyn, le plus important est d’avoir honoré cette commande de la Fox, avant de se lancer dans un projet qu’elle devine décisif : The Seven Year Itch. 

FOLIES-BERGÈRE, Un Soir au Music-hall – Henri Decoin (1957)

Difficile, dès lors, de faire la fine bouche. À qui sait jouer du second degré, le film est un régal pour l’œil et l’oreille, plaisant, émoustillant même, plus proche des Ziegfeld Follies que d’Arthur Freed, mêlant la grande tradition française (cabarets, java, gouaille à la Piaf de Zizi) avec le dynamisme, l’enthousiasme américain, auxquels, à vrai dire, Eddie Constantine apporte plus de velléités que de réussite effective. On bouderait à tort son plaisir : apprécier Zizi Jeanmaire dans la « robe araignée » qu’elle arbore dans le final est un plaisir en soi.

42nd STREET – Lloyd Bacon (1933)

42nd Street est l’un des comédies musicales les plus célèbres de l’avant-guerre, mais il s’agit d’une intrigue assez typique, centrée sur le suspens entourant la préparation d’un show, la mise en scène de Lloyd Bacon, et le duo qu’il forme avec le chorégraphe Busby Berkeley (pour sa première collaboration avec la Warner), lui donnent un ton plus original et audacieux que celui de Prologue, autre concrétisation plus tardive (1933) de leur magnifique complicité artistique.

THE BAND WAGON – Vincente Minnelli (1953)

Tout comme les scénaristes Comden et Green, le réalisateur Vincente Minnelli ne craint pas de porter un regard critique sur le monde du spectacle (il a dépeint celui d’Hollywood dans The Bad and the beautiful (Les Ensorcelés) et Two Weeks in Another Town (Quinze jours ailleurs). À travers son histoire de pièce en gestation, The Band wagon pose en fait la question du renouvellement de la comédie musicale. À cours d’inspiration, le genre doit-il s’ouvrir au théâtre classique (mais que viendrait faire Faust dans cette galère…), à la vie quotidienne (avec ici les machines à sous et la rue new-yorkaise, même si tout a été filmé en studios à la MGM), ou encore au Film Noir (le splendide ballet final avec son « privé ») ?

THAT NIGHT IN RIO (Une Nuit à Rio) – Irving Cummings (1941)

Bien qu’elles s’inspirent pour la plupart de rythmes brésiliens, les chansons d’Une nuit à Rio sont écrites par un tandem tout ce qu’il y a de plus américain : Harry Warren et Mack Gordon, deux figures bien connues de la comédie musicale hollywoodienne, qui écrivent des morceaux sur mesure pour les vedettes du film. Les titres Chica Chiee Boom Chic, Cae Cae et I Yi, Yi, Yi, Yi (I Like You Very Much) mettent parfaitement en valeur l’exubérance de Carmen Miranda, tandis que Don Ameche et Alice Faye explorent un registre plus romantique avec Boa Noite et They Met in Rio. Les deux comédiens ont également enregistré une version moins endiablée de Chica Chica Boom Chic, mais celle-ci n’apparaîtra pas dans la version finale du film, qui sort sur les écrans le 11 avril 1941.