Catégorie : La Comédie musicale

FOLIES-BERGÈRE, Un Soir au Music-hall – Henri Decoin (1957)

Difficile, dès lors, de faire la fine bouche. À qui sait jouer du second degré, le film est un régal pour l’œil et l’oreille, plaisant, émoustillant même, plus proche des Ziegfeld Follies que d’Arthur Freed, mêlant la grande tradition française (cabarets, java, gouaille à la Piaf de Zizi) avec le dynamisme, l’enthousiasme américain, auxquels, à vrai dire, Eddie Constantine apporte plus de velléités que de réussite effective. On bouderait à tort son plaisir : apprécier Zizi Jeanmaire dans la « robe araignée » qu’elle arbore dans le final est un plaisir en soi.

GENTLEMEN PREFER BLONDES (Les Hommes préfèrent les blondes) – Howard Hawks (1953)

Ce premier rôle de Marilyn Monroe dans une comédie musicale lui permit de révéler l’incroyable potentiel artistique qu’elle avait en elle : jouer, chanter, danser… Elle mit un tel cœur à démontrer ces qualités, et dépensa une telle énergie à les travailler que ce film est resté célèbre. En fait, le rôle de Lorelei Lee que Marilyn interprète dans Gentlemen prefer blondes devait être attribué à Betty Grabble, sex-symbol officiel de l’époque et actrice beaucoup plus chevronnée que Marilyn alors au début de sa carrière. Mais Marilyn avait agi en coulisses pour que, finalement, on finisse par lui donner sa chance. Et c’est le jour de ses vingt-six ans qu’elle apprit qu’elle serait Lorelei !

42nd STREET – Lloyd Bacon (1933)

42nd Street est l’un des comédies musicales les plus célèbres de l’avant-guerre, mais il s’agit d’une intrigue assez typique, centrée sur le suspens entourant la préparation d’un show, la mise en scène de Lloyd Bacon, et le duo qu’il forme avec le chorégraphe Busby Berkeley (pour sa première collaboration avec la Warner), lui donnent un ton plus original et audacieux que celui de Prologue, autre concrétisation plus tardive (1933) de leur magnifique complicité artistique.

THE BAND WAGON – Vincente Minnelli (1953)

Tout comme les scénaristes Comden et Green, le réalisateur Vincente Minnelli ne craint pas de porter un regard critique sur le monde du spectacle (il a dépeint celui d’Hollywood dans The Bad and the beautiful (Les Ensorcelés) et Two Weeks in Another Town (Quinze jours ailleurs). À travers son histoire de pièce en gestation, The Band wagon pose en fait la question du renouvellement de la comédie musicale. À cours d’inspiration, le genre doit-il s’ouvrir au théâtre classique (mais que viendrait faire Faust dans cette galère…), à la vie quotidienne (avec ici les machines à sous et la rue new-yorkaise, même si tout a été filmé en studios à la MGM), ou encore au Film Noir (le splendide ballet final avec son « privé ») ?

THAT NIGHT IN RIO (Une Nuit à Rio) – Irving Cummings (1941)

Bien qu’elles s’inspirent pour la plupart de rythmes brésiliens, les chansons d’Une nuit à Rio sont écrites par un tandem tout ce qu’il y a de plus américain : Harry Warren et Mack Gordon, deux figures bien connues de la comédie musicale hollywoodienne, qui écrivent des morceaux sur mesure pour les vedettes du film. Les titres Chica Chiee Boom Chic, Cae Cae et I Yi, Yi, Yi, Yi (I Like You Very Much) mettent parfaitement en valeur l’exubérance de Carmen Miranda, tandis que Don Ameche et Alice Faye explorent un registre plus romantique avec Boa Noite et They Met in Rio. Les deux comédiens ont également enregistré une version moins endiablée de Chica Chica Boom Chic, mais celle-ci n’apparaîtra pas dans la version finale du film, qui sort sur les écrans le 11 avril 1941.

ARTHUR FREDD : LE MAGICIEN DE LA MGM

Après avoir travaillé longtemps à la MGM comme compositeur, Arthur Freed commença en 1939 une extraordinaire carrière de producteur qui en fit le maître incontesté de la comédie musicale. Les succès remportés par Arthur Freed, qui fut le « promoteur » des plus prestigieuses comédies musicales des années […]