Catégorie : La Comédie musicale

FUNNY FACE (Drôle de frimousse) – Stanley Donen (1957)

Attention, explosion de couleurs ! Avant tout, Funny Face est la rencontre, orchestrée par Stanley Donen, des teintes les plus pimpantes — le rose en majesté pop — et des noirs et bruns les plus profonds. C’est d’ailleurs dans la pénombre d’une librairie que Fred Astaire, photographe à la mode (inspiré de Richard Avedon) vient convaincre Audrey Hepburn, petit machin maigre et intello qui réinvente les canons de la beauté, de devenir modèle pour le magazine Quality (traduisez Vogue). S’ensuit un mariage parfait entre marivaudage et numéros chantés et dansés, et l’histoire d’une libraire mal fagotée, allergique au chic et au superflu, qui découvrira, grâce à un pygmalion de deux fois son âge, qu’une déesse de beauté sommeille en elle. [Guillemette Odicino – Télérama (janvier 2017]

ROYAL WEDDING (Mariage royal) – Stanley Donen (1951)

Tourné pendant l’été 1950, le second film de Stanley Donen est avant tout un écrin pour le talent extraordinaire de Fred Astaire, parfaitement secondé ici par la charmante Jane Powell.
Amoureux sur scène, Tom et Ellen Bowen sont frère et soeur à la ville. Leur nouveau spectacle de Broadway remporte un tel succès qu’on leur propose bientôt de le présenter à Londres. Tous deux sont évidemment emballés à cette idée, même si cela implique pour Ellen de laisser à New York ses chevaliers servants. Les artistes s’embarquent donc pour l’Angleterre, où se prépare fébrilement le mariage de la jeune princesse Elizabeth…

BRIGADOON – Vincente Minnelli (1954)

En 1954, Gene Kelly retrouve le réalisateur d’Un Américain à Paris pour une fable musicale pleine de bruyères et de cornemuses. 
On a parfois dit que Brigadoon était la plus européenne des comédies musicales américaines. Inspirée d’un conte allemand et transposée en Écosse, son intrigue joue sur la nostalgie de la Vieille Europe, cette terre qu’ont quittée tant d’immigrants devenus citoyens des États-Unis.

HELLZAPOPPIN – H. C. Potter (1941)

Attention les yeux : sorti en 1941, Hellzapoppin n’a rien perdu de son impact. Totalement atypique, la transposition sur celluloïd du spectacle culte de Broadway défie les lois du genre, dans sa manière de mélanger justement tous les genres : le film emprunte à la fois au burlesque, à la satire, au cartoon, et même… à la comédie musicale – le tout mené à un rythme frénétique. Mais si les numéros chantés se succèdent ici, c’est pour mieux se démarquer de la concurrence en les émaillant de gags toujours plus « hénaurmes ». Il est même étonnant de voir à quel point le film peut se lire comme une parodie de la comédie musicale classique, avec son couple de jeunes amoureux aussi beaux que fortunés, montant un spectacle dans le vaste jardin de la propriété familiale… Le fait que cette partie de l’intrigue ait justement été exigée par le studio pour respecter les codes du genre n’en est que plus réjouissant. Olsen et Johnson, les deux créateurs du spectacle original, se servent en outre des moyens d’expression propres au cinéma pour ajouter de nouveaux effets comiques impossibles à obtenir au théâtre, faisant d’Hellzapoppin un film à part entière. Lequel influencera, bien plus tard, un autre classique du « musical loufoque », The Rocky Harrar Picture Show…

AN AMERICAN IN PARIS – Vincente Minnelli (1951)

Couvert d’oscars et de récompenses de toutes sortes, généralement porté aux nues, considéré souvent comme le plus grand « musical » de l’histoire du cinéma, Un Américain à Paris est le film qui a le plus contribué à la célébrité de Vincente Minnelli. Quand on parle de lui aux profanes, on peut se contenter de dire : c’est l’auteur de Un Américain à Paris. That’s Entertainment, laborieux film de montage, se termine, en apothéose, par son célébrissime ballet final. Un livre entier (The Magic Factory : How MGM Made An American in Paris), a été consacré au tournage. Tous les collaborateurs du film en parlent avec des sanglots dans la voix. Et pourtant, nous restons sur une étrange impression de réserve, car il s’agit d’un des films les plus inégaux de son auteur. Si le ballet final, maintes fois célébré, n’a rien perdu de son éclat, il  faut pourtant nuancer sur le reste et si, finalement, Un Américain à Paris était un des films les moins personnels de Minnelli ? Si sa réputation était, en partie du moins, usurpée ?