Le Film Noir

NIAGARA – Henry Hathaway (1953)

Tourné au pied des plus célèbres chutes du monde, le dix-huitième film de Marilyn lui permet d’accéder enfin au statut de star. Magnifiquement filmée par le vétéran Henry Hathaway, la comédienne y prouve qu’il va falloir désormais compter avec elle.

Contrairement à ce que certains auraient pu croire, Niagara ne sera pas une comédie matrimoniale située là où les Américains se plaisent à passer leur lune de miel, mais un drame psychologique et souvent psychanalytique. Un mari (Joseph Cotten) choqué par la guerre et, depuis, visiblement impuissant. Une femme trop belle (Marilyn Monroe), insatisfaite et combinant avec son amant le moyen d’éliminer ce mari inutile. Une jeune mariée (Jean Peters) de plus en plus fascinée par ces deux êtres, à l’opposé de son mari (Casey Adams) qui a fait une provision de livres pour son voyage de noces… Le drame se catalysera lorsque le mari ne supportera plus que sa femme, vêtue de rouge, s’offre, au son de Kiss, aux autres hommes et s’achèvera dans un décor quasi surréaliste, Rose s’effondrant au pied de cloches gigantesques, celles du carillon de la Tour.  

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Dirigeant avec le même plaisir Jean Peters, racée et réservée, et Marilyn Monroe, sensuelle et débordante de joie de vivre et d’aimer, s’attachant au short de la première et à la somptueuse robe rouge de la seconde, Hathaway fait de Niagara une superbe symphonie criminelle, jouant sur le Technicolor de l’époque, les sons – Rose est obsédée maladivement par les carillons – et les pulsions meurtrières. L’utilisation dès la fin du générique de début d’un commentaire – la voix off de Loomis – relie d’un coup le film à la tradition du film noir, La beauté des paysages et des couleurs n’empêche pas l’omniprésence du drame, et les flots engloutiront les corps de Rose et de George Loomis. Le scénario, superbement construit, laisse comprendre que c’est une épouse telle que Polly – et non Rose – dont Loomis avait besoin et Hathaway donne, parallèlement, à Marilyn Monroe son premier grand rôle, celui d’une de ces splendides garces dont est jalonnée l’histoire du film noir…  


LE FILM NOIR
Comment un cycle de films américains est-il devenu l’un des mouvements les plus influents de l’histoire du cinéma ? Au cours de sa période classique, qui s’étend de 1941 à 1958, le genre était tourné en dérision par la critique. Lloyd Shearer, par exemple, dans un article pour le supplément dominical du New York Times (« C’est à croire que le Crime paie », du 5 août 1945) se moquait de la mode de films « de criminels », qu’il qualifiait de « meurtriers », « lubriques », remplis de « tripes et de sang »… Lire la suite


Niagara est, à première vue moins un film noir qu’un mélodrame produit par la 20 th Century-Fox afin de donner un rôle plus important a Marilyn Monroe que ceux qu’elle avait eus dans The Asphalt Jungle (Quand la ville dort) et Clash by Night (Le démon s’éveille la nuit). Bien qu’elle ait débuté dans le film noir. Marilyn Monroe ne devait pas en devenir une vedette traditionnelle comme Gloria Grahame, Jane Greer ou même Joan Bennett. Le personnage de Rose exerçant un grand pouvoir sexuel sur George peut être comparé à celui que joue Joan Bennett dans Scarlet Street (La rue rouge), mais le jeu de Monroe n’évoque en rien le stéréotype de la femme fatale tout à la fois dédaigneuse et séductrice. Rose Loomis est avant tout un objet sexuel, ses robes moulantes et ses maniérismes d’adolescente étant manifestement destinées à exciter le public. Niagara ne traite pas sa puissance de séduction comme l’aurait fait un film noir traditionnel.  

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L’anormalité du couple – George étant beaucoup plus âgé que Rose – est sans cesse soulignée par la comparaison avec les Cutler dont le mariage est cimenté par des liens qui ne sont pas uniquement sexuels, ceci étant suggéré sur un mode ironique dès le début dans la séquence de la douane : ils expliquent que leur lune de miel a été retardée pour diverses raisons mais qu’enfin ils vont visiter le Canada : le douanier, en contrôlant les bagages, s’amuse de voir la valise de Ray pleine de livres (Ray ne semble d’ailleurs pas absorbé par le goût de la lecture au point de ne pas remarquer Rose lorsqu’elle apparaît). Polly et Ray sont visiblement des gens très conventionnels : rencontrant Rose et George, visiblement épanouis après avoir fait l’amour. Ray s’étonne de voir que  George, de nature plutôt soupçonneuse et tendue, est soudain métamorphosé en un être calme et spirituel, visiblement très content de lui. Quant à Polly, elle semble intimidée par la féminité provocante de Rose  : Ray lui suggère qu’elle devrait essayer de s’habiller comme Rose et elle réplique : « Il faut s’être préparée dès l’âge de treize ans pour porter des robes comme ça ».  

Mais la fascination de Polly pour ce couple étrange est évidente et s’organise, en quelque sorte, la perception du spectateur. C’est essentiellement sur George Loomis que repose la vision noire de Niagara, Bien qu’il ne soit pas exactement le prototype de l’ancien combattant « noir » – cela fait déjà dix ans qu’il est revenu du front – George est aussi perturbé et rencontre autant de problèmes de réadaptation sociale que s’il venait juste de réintégrer la vie civile. Rose n’est d’abord pour lui, comme pour le spectateur qu’un objet sexuel mais elle devient petit à petit l’emblème de sa jeunesse perdue. Par conséquent sa peur paranoïaque qu’elle ne le trahisse recouvre l’angoisse de perdre un trop fragile équilibre. En fin de compte, la sexualité dans Niagara (la scène, par exemple, sur le beffroi où George étrangle Rose avec, en bande son, l’acmé orgasmique des cloches) s’avère terriblement destructrice. Le film réussit parfaitement, de ce point de vue, à intégrer le symbolisme des chutes du Niagara – qui attirent des centaines de couples authentiques pour leur lune de miel – pour faire passer son message sur le sexe et la destruction. [Encyclopédie du film Noir – Alain Silver et Elizabeth Ward – Ed Rivages (1979)]

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MARILYN MONROE
Mélange explosif de candeur et de sensualité débordante, Marilyn Monroe est une actrice proche du génie. Sous le maquillage et les atours, elle restait une « petite fille ». Elle ne ressemblait à personne…


Un sourire au rouge vénéneux, une démarche ensorcelante, une mélodie lancinante… Telles sont les traces indélébiles laissées par Niagara dans nos mémoires cinéphiles. Le premier grand film de Marilyn est aussi le seul où elle compose un rôle de femme délibérément dangereuse. À mille lieux des emplois de poupées qui ont été son lot habituel, la comédienne livre ici une tout autre facette : égoïste, calculatrice, presque sadique. Le coup de génie – sans doute involontaire de la part du studio – étant d’avoir confié le personnage de Rose Loomis à une jeune femme qui, au naturel, en était le parfait négatif. Tous les proches de la star, même ceux qui seront les moins indulgents envers ses excès, n’ont cessé de louer son incroyable gentillesse, qui lui joua d’ailleurs bien des tours. Dans Niagara, la pureté exceptionnelle du visage de Marilyn, son regard d’un bleu innocent, la candeur de ses gestes rendent la noirceur de Rose plus terrible encore. On ne peut que frémir devant ce démon se dissimulant ainsi derrière l’apparence de la plus exquise beauté…  

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Au printemps 1952, Darryl Zanuck, le patron de la 20th Century Fox, décide d’offrir sa chance à Marilyn Monroe. Non qu’il croie plus que cela au talent de celle qui vient pourtant de tenir son premier rôle d’envergure dans Don’t Bother to Knock (Troublez-moi ce soir). Mais le scandale que vient de susciter la publication de photos « osées » de Marilyn dans un calendrier lui semble un excellent argument commercial. Il choisit donc la jeune actrice pour tenir le principal rôle féminin du film que s’apprête à tourner le réalisateur à succès Henry Hathaway. Marilyn exulte : à 26 ans, elle va finalement voir son nom tout en haut de l’affiche.  

On aurait pu s’attendre à ce que, comme tant d’autres réalisateurs, Hathaway s’arrache les cheveux en travaillant avec Marilyn, lui qui passait pour le cinéaste le plus despotique d’Hollywood. D’autant que Marilyn a déjà pris la bonne habitude d’arriver en retard sur les tournages : au chef de plateau de Niagara qui lui en fait le reproche, elle demandera un jour si elle est là pour pointer ou pour tourner un film ! Mais, étonnamment, les relations entre le metteur en scène et la comédienne s’avèrent idylliques. S’il se montre comme à son habitude très exigeant dans le travail, Hathaway ne tarit pas d’éloges sur Marilyn, qu’il décrit comme l’actrice la plus naturelle avec laquelle il ait tourné. Se souciant d’elle, il lui conseille de se soustraire à l’influence, néfaste selon lui, de sa coach Natasha Lytess, et s’émeut de découvrir que, du fait de revenus encore limités, sa garde-robe personnelle se réduise au strict minimum.

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Henry Hathaway – Marilyn Monroe – Joseph Cotten

L’acteur Joseph Cotten apprécie lui aussi la gentillesse de sa partenaire, mais de son côté, il ne plaît guère à Hathaway, qui aurait préféré confier le rôle à James Mason, Lequel, pour faire plaisir à sa fille, refusa d’incarner une nouvelle fois un héros « qui meurt à la fin » !  


Sans le savoir, Henry Hathaway va contribuer à créer le mythe Marilyn. Alors que la comédienne avait plutôt joué jusque-là des rôles de « ravissante idiote » (à part dans son précédent film : Don’t bother to knockNiagara révèle au contraire une femme rusée et parfaitement consciente du pouvoir de ses charmes. Dans la lignée des sublimes garces du film noir, Marilyn confère à son personnage un érotisme puissant, dont Hathaway joue aussi bien en la filmant alanguie sous les draps que déambulant dans la rue. C’est d’ailleurs dans un plan de Niagara, connu à l’époque comme « la plus longue marche de l’histoire du cinéma », qu’apparaît ce qui deviendra l’une des marques de fabrique de Marilyn : son célèbre déhanchement…

Mais la plastique de Marilyn n’est pas le seul élément provocant de Niagara. Le scénario écrit par Charles Brackett, scénariste fétiche de Billy Wilder jusqu’à Sunset Boulevard (Boulevard du Crépuscule), joue en effet la carte de la subversion. Un couple de jeunes mariés « bien sous tous rapports » vient, comme tant d’autres, passer sa lune de miel face aux chutes du Niagara. Mais le spectacle qu’ils vont y contempler est celui d’un homme sans doute impuissant, que la sensualité explosive de sa femme rend fou de jalousie ; cette dernière fomentant par ailleurs l’assassinat de son mari ! Parfaits anti-héros, et pourtant héros du film, Joseph Cotten et Marilyn Monroe donnent ici une singulière image du mariage, et ce au cœur même du paysage qui en est le plus emblématique aux yeux du public américain. Une représentation d’autant plus dérangeante qu’elle bénéficie de toute la maestria d’Henry Hathaway : le cinéaste confronte avec virtuosité la sauvagerie des éléments naturels à celle de ses personnages, et use de la violence du Technicolor pour aviver leurs passions. Aussi Niagara reste-t-il aujourd’hui encore un sommet de l’art hollywoodien, avant même d’être le film qui consacra Marilyn.  

La sortie de Niagara, le 21 janvier 1953, va radicalement changer la donne pour la jeune actrice. Tourné pour un budget d’un peu plus de un million de dollars, le film en rapportera six. Connue jusqu’alors pour ses petits rôles de jolie blonde dans The Asphalt JungleEve ou Monkey Business, Marilyn Monroe devient du jour au lendemain une valeur sûre, capable de faire affluer le public dans les salles. Certes, sa liaison naissante avec l’ex-champion de base-ball Joe Di Maggio n’est pas pour rien dans l’incroyable engouement de la presse pour la jeune femme. Mais avec Niagara, Marilyn a enfin trouvé l’occasion de prouver que la pin-up scandaleuse est aussi une grande actrice. Ce que la suite de sa carrière confirmera avec éclat.  [Les légendes d’Hollywood – Eric Quéméré – 2004​]



L’histoire 

Polly (Jean Peters) et Ray Cutler (Casey Adams) ont décidé d’aller voir les chutes du Niagara pour leur lune de miel tardive. Ils font la connaissance, à l’hôtel, de Rose (Marilyn Monroe) et George Loomis (Joseph Cotten) qui viennent de se marier. Le couple est étrangement mal assorti : Rose, d’une sexualité expansive, explique que George, beaucoup plus âgé qu’elle vient de sortir d’un asile psychiatrique pour anciens combattants. Au cours d’une promenade près des chutes, Polly surprend Rose en train d’embrasser un homme beaucoup plus jeune, Patrick (Richard Allan). Les amants projettent d’assassiner George et de maquiller le meurtre en suicide. George est porté disparu et Rose, appelée à la morgue, doit identifier le corps. Il s’agit de Patrick. Elle s’évanouit sans mot dire et l’on doit la transporter à l’hôpital. Plus tard, Polly croit voir George mais Ray la persuade que ce ne pouvait être lui. Craignant la vengeance de son mari, Rose quitte l’hôpital : George la pourchasse et l’étrangle. Il tente d’échapper à la police de l’Ontario en volant un bateau à moteur, or Polly est à bord. A court d’essence, l’embarcation se met à dériver vers les chutes. George, profitant d’un ralentissement pousse Polly sur un rocher mais ne peut se sauver. Il est précipité dans les chutes et meurt écrasé. Polly, sauvée par hélicoptère, retrouve Ray.


Niagara sonna, au moins en France, l’heure de la plus grande gloire de Marilyn. Les lois du « monroeisme « s’y affirmaient : nudité nocturne, déchaînements de la nature et enfin, collé à la peau, le rouge. Hathaway réussit l’un des plus beaux travellings de l’histoire du cinéma, suivant en une course longue, acrobatique et exaltante son héroïne, de dos, cadrée de la taille aux genoux. Ce nouvel et peu orthodoxe usage du plan américain avait de quoi faire aimer le rouge aux réactionnaires les plus secrets. De fait, Les Cahiers, si nos souvenirs sont exacts, consacrèrent une couverture à la Marilyn de Niagara.


Les extraits

Scène d’anthologie – Silence. Action. La porte du bungalow s’ouvre : un disque à la main, Marilyn traverse la petite cour transformée en piste de fortune. Médusés, taus les danseurs s’arrêtent pour contempler cette vamp qui, vêtue d’une vertigineuse robe fuchsia, avance d’un pas nonchalant vers le pick-up. Lorsqu’on fait enfin jouer sa chanson favorite, le visage de la jeune femme trahit une volupté dont on ne sait si elle naît uniquement de la musique, ou si le plaisir de son imminente trahison s’y mêle déjà. Difficile en tout cas d’imaginer plus belle invitation à l’amour que ce moment où, en gros plan, Marilyn fredonne quelques mesures de la mélodie de Kiss, avant de susurrer « Kiss, kiss me, say you miss, miss me, kiss me love, with heavenly affection, hold, hold me close to you, hold me, see me through, with all your heart’s protection…»


À elle seule, cette séquence suffit à l’époque à faire de l’actrice une véritable bombe sexuelle, registre qui va désormais être le sien, dans les films comme dans les journaux à sensation. On raconte que l’on doit la fin de cette scène mythique – Joseph Cotten venant briser rageusement le disque – au passage d’une représentante du très prude Women’s Club of America sur le plateau de Niagara. Mais, loin d’atténuer l’impact sexuel de la séquence, cette crise de jalousie le pousse au contraire à son paroxysme, en soulignant la violence des désirs suscités par la simple présence de Marilyn… Cela dit, le combat des braves dames patronnesses était perdu d’avance : que pourraient toutes les ligues de vertu face à la robe rose de Niagara ?  



LE FILM NOIR
Comment un cycle de films américains est-il devenu l’un des mouvements les plus influents de l’histoire du cinéma ? Au cours de sa période classique, qui s’étend de 1941 à 1958, le genre était tourné en dérision par la critique. Lloyd Shearer, par exemple, dans un article pour le supplément dominical du New York Times (« C’est à croire que le Crime paie », du 5 août 1945) se moquait de la mode de films « de criminels », qu’il qualifiait de « meurtriers », « lubriques », remplis de « tripes et de sang »… Lire la suite


Entretien avec Henry Hathaway

Pour Niagara, en 1953, avez-vous eu des difficultés avec Marilyn Monroe ?
C’était une fille merveilleuse, merveilleuse… Sensible, timide, craintive. C’est très curieux : aujourd’hui les films ont toute la vulgarité qui était réservée aux peep-shows, aux nickelodeons et aux penny arcades. Si vous vouliez voir une fille qui se déshabillait, vous alliez voir un peep-show. Mais maintenant, elles le font dans tous les films ! Alors que Jean Harlow et Marilyn Monroe exprimaient toute leur sensualité sans jamais se déshabiller dans une seule scène.

– Vous avez parlé de la démarche de Mae West. Vous avez également filmé celle de Marilyn de façon très spectaculaire.
Dans le plan général où elle s’éloigne en se dandinant, oui. Et elle a toujours gardé ce dandinement par la suite.
– C’est elle qui l’a inventé ?
Elle ne l’a pas inventé. C’est moi qui lui ai dit de le faire. Elle avait une robe très serrée et en fait, je lui ai dit d’aller retirer sa culotte parce qu’on voyait les marques sous sa jupe. Elle a retiré sa culotte et s’est déhanchée encore plus !

– Comme partenaire de Marilyn, vous vouliez James Mason. Vous avez eu Joseph Cotten. Que s’est-il passé ?
Malheureusement je suis allé dîner chez James Mason une semaine avant le début du tournage. Sa fille, Portland, avait six ou sept ans à l’époque. Et le couple adorait cette gamine. Mason lui a dit : « Voici Mr. Hathaway qui va réaliser mon prochain film ». Elle a demandé : « Est-ce que tu vas encore mourir dans ton film ? Dans tous tes films tu meurs ! Alors, je suppose que tu vas encore mourir dans celui-là ! » Et elle a ajouté : « Il meurt dans ce film ? – Ouais. – Voilà l’ennui : dans tous tes films tu meurs. Tu ne vas pas en faire un où tu vis ? » Et elle a continué comme ça à perte de vue… Le lendemain Darryl Zanuck m’appelle : « Il ne fait pas le film ! » Et voilà ! Je n’aurais pas dû aller dîner chez lui ce soir-là.



DON’T BOTHER TO KNOCK (Troublez-moi ce soir) – Roy Baker (1952)
« Vous n’avez encore jamais rencontré ce genre de fille» scandait en juillet 1952 la campagne de presse de Don’t bother to knock à propos du rôle inquiétant tenu par Marilyn dans le film. Avec le recul, on serait tenté d’ajouter que l’on n’a pas non plus rencontré depuis lors « ce genre de fille » dans la filmographie de la star. Car le personnage de Nell Forbes, baby-sitter occasionnelle affligée de graves troubles mentaux, s’avère aux antipodes du registre outrageusement glamour qui sera par la suite celui de Marilyn.

CLASH BY NIGHT (Le Démon s’éveille la nuit) – Fritz Lang (1952)
Clash by night est un film au scénario sans prétention, mais la banale histoire du triangle amoureux est rehaussée par l’étude subtilement graduée des personnages complexes qui ne sont jamais manichéens. Barbara Stanwyck, dans le rôle de Mae, campe une femme libre au passé douteux, trompant son mari, mais douée d’une grande liberté d’imagination et capable de reconnaître les failles de son propre système.

THE ASPHALT JUNGLE (Quand la ville dort) – John Huston (1950)
Rendons hommage à ces messieurs, et en particulier à John Huston, pour leur magnifique travail ! Dès le tout premier plan, dans lequel la caméra suit un voyou en maraude qui se faufile entre les immeubles pour semer une voiture de police dans la grisaille humide de l’aube, ce film laisse entrevoir, sous des dehors aussi implacables et lisses que l’acier, la présence de tout un monde de personnalités déviantes et de criminels Invétères. 




5 réponses »

  1. J’adore de ce film. Je suis une fan de Monroe mais j’aime ce film bien aud-delà de Marilyn. Il y a quelque chose de vénéneux. Les couleurs, cette chanson Kiss à la fois sensuelle et violente, ces personnages cabossés. J’adore !
    Et puis Marilyn y est magique. Pour moi son meilleur rôle. Dommage qu’après, ce type de personnage ne lui soit plus proposé. Un gâchis. Mais j’avoue aussi l’adorer dans le film suivant « Gentlemen prefer blondes », comme quoi elle était vraiment capable de jouer sur plusieurs registres !

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  2. « Niagara » est un classique de l’époque. Il contient des scènes sensuelles qui mettent en valeur l’actrice Marilyn Monroe. L’idée principale du film en fait aussi une belle histoire.

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