Catégorie : Le Film français

LE CAVE SE REBIFFE – Gilles Grangier (1961)

En 1960, Jean Gabin est au sommet de sa popularité. C’est la star du cinéma français. Depuis Gas-oil (1955), Michel Audiard lui peaufine des dialogues gouleyants, truffés de répliques qui tuent, de saillies imparables : les interrogatoires serrés de l’inspecteur Maigret, les enguelades mythiques du Président, les invectives d’Archimède. Le Cave se rebiffe est leur douzième collaboration.

ENTRE ONZE HEURES ET MINUIT – Henri Decoin (1949)

Entre onze heures et minuit use d’un subterfuge. Jouvet, inspecteur de police, enquête sur l’assassinat d’un trafiquant. Or, la victime lui ressemble comme un sosie. A partir de ce point de départ, Decoin a réalisé un film des plus bavards, dont la ligne est simple – l’inspecteur se faisant passer pour le mort – et le dénouement improbable – l’enquête amène à soupçonner, puis à confondre une élégante directrice de maison de couture, qui s’était éprise du truand.

MIQUETTE ET SA MÈRE – Henri-Georges Clouzot (1950)

Clouzot ne compte que quatre films à son actif, mais il fait déjà partie de l’élite des réalisateurs français. L’Assassin habite au 21 a été un grand succès public ; Le Corbeau bien que controversé  et Quai des orfèvres méritent le qualificatif de chefs-d’œuvre. Pour de nombreux exégètes de Clouzot, Miquette et sa mère est considéré comme un passage à vide dans son œuvre.

ABUS DE CONFIANCE – Henri Decoin (1937)

Abus de confiance est un beau mélodrame. Selon la règle, il oscille entre le sordide et l’opulence, s’ouvre sur l’image d’un cimetière, trouve sa conclusion dans un prétoire. La vertu de Danielle Darrieux, orpheline de bonne éducation, éprouvée par la pauvreté, subit les pires assauts, et, si la jeune fille écoute les funestes conseils d’une amie, c’est à la fois par lassitude, par imprudence, et par goût secret du romanesque. Or, du moment où elle accepte l’idée d’un abus de confiance, où, tendant une correspondance jaunie, elle se présente comme l’enfant de l’amour d’un romancier célèbre, tout autour d’elle devient clair et fleuri.

RAZZIA SUR LA CHNOUF – Henri Decoin (1954)

Rebondissant sur le succès surprise de Touchez pas au grisbi, Gabin se lance en 1954 dans l’aventure de Razzia sur la chnouf. Un polar qui, grâce à l’habileté du cinéaste Henri Decoin, rejoindra tout naturellement la liste des grands films de l’acteur. Dans ce film, Gabin peaufinera le personnage qui dominera la seconde partie de sa carrière : le dur à cuire impitoyable mais réglo.

LES INCONNUS DANS LA MAISON – Henri Decoin (1942)

Avocat déchu et alcoolique, Hector Loursat vit reclus avec sa fille Nicole et sa servante Fine depuis qu’il a été abandonné par sa femme dix-huit ans plus tôt. Une nuit, une détonation retentit dans la maison et il retrouve un cadavre dans le grenier… Adaptation de Georges Simenon sur un scénario d’Henri-Georges Clouzot, le film fut tourné pendant la guerre pour la Continental, une société de production alors régentée par les Allemands: Henri Decoin batailla sans succès pour que le criminel ne soit pas juif. Raimu y est magistral. «Ce qui est frappant et rare pour l’époque, c’est l’attention constante que le cinéaste porte aux adolescents. Ceux qu’il montre, ici, paraîtront évidemment bien démodés aux jeunes générations. Mais, si le vocabulaire est différent, la solitude est la même» [Pierre Murat, Télérama].

RETOUR A L’AUBE – Henri Decoin (1938)

Un soir de mai 1938, une foule immense accueille à la gare Saint-Lazare Danielle Darrieux (et, accessoirement, son mari) de retour d’Hollywood. Ils commencent rapidement le tournage de ce qui va devenir le plus beau film de cette période, Retour à l’aube. Adapté d’une nouvelle de Vicky Baum, le film est tourné en partie en Hongrie. Le thème évoque les courts romans de Stefan Zweig par sa simplicité : Anita Ammer, femme du chef de gare d’une petite ville de province, doit se rendre à Budapest pour toucher un héritage. Elle y passera une nuit qui changera sa vie pour toujours.

LE CAFÉ DU CADRAN – Henri Decoin (1947)

Nombreux furent les films pour lesquels Decoin fut qualifié de « superviseur », sans qu’il soit possible d’établir son rôle exact de manière plus précise. Ce sera notamment le cas des deux films réalisés par sa fidèle collaboratrice, Andrée Feix, en 1946 et 1947 respectivement, Il suffit d’une fois et Capitaine Blomet, qui mettent tous les deux en vedette Fernand Gravey, de retour d’une assez brillante carrière à Hollywood. Pour Le Café du cadran, le témoignage de son principal interprète, Bernard Blier, semble formel : si Jean Géhret en est crédité comme le réalisateur, Blier assure que celui-ci fut en fait l’œuvre d’Henri Decoin.

TOUS PEUVENT ME TUER – Henri Decoin (1957)

Après le ratage du Feu aux poudres, on pouvait craindre que le film suivant, où l’on retrouve Albert Simonin au scénario et aux dialogues, soit un nouvel échec. Il n’en est rien : Tous peuvent me tuer est un divertissement habile, gouleyant, bien servi par des comédiens auxquels on ne demande pas de prendre au sérieux une histoire pourtant astucieuse ayant commis un mirifique vol de bijoux, un groupe de malfrats se fait enfermer en prison pour un motif bénin qui leur sert d’alibi. En prison, ils sont assassinés les uns après les autres, jusqu’au coup de théâtre final…