Les Actrices et Acteurs

LE MYTHE GINGER ET FRED

Dans les années 1930, la RKO révolutionne la comédie musicale grâce à deux artistes qui, de Flying Down to Rio (Carioca) à The Story of Vernon and Irene Castle (La Grande Farandole), vont s’imposer comme les maîtres du genre.

Lorsqu’il arrive à Hollywood en 1933, Fred Astaire est heureux de pouvoir mener enfin sa carrière en solitaire. Il s’est en effet produit de longues années au music-hall avec sa sœur Adele, qui vient de le quitter pour se marier. Le danseur ignore que dès son deuxième film, son destin va se voir lié une nouvelle fois à une partenaire attitrée… Astaire obtient en 1933 un second rôle dans la comédie musicale Flying Down to Rio, écrite pour Dolores del Rio. Il y a pour partenaire une certaine Ginger Rogers, avec qui il partage des numéros musicaux très remarqués : les deux inconnus volent même la vedette aux stars du film. Découvrant le potentiel de leur duo, la RKO décide de les réunir dans The Gay Divorcee (La Joyeuse divorcée) – cette fois en tête d’affiche. Le succès est au rendez-vous, et la chanson « The Continental », interprétée par Ginger, reçoit même un Oscar. Astaire et Rogers vont donc se retrouver pour Roberta, puis pour Top Hat (Le Danseur du dessus), qui atteint la deuxième place du box-office en 1935. Ce film, dans lequel ils interprètent pour la première fois le standard « Cheek to Cheek », reste considéré comme leur meilleure prestation.

Sur les ailes de la danse

Dans tous ces films, la « recette » du tandem est la même : à l’élégance des décors « Art Déco » répond celle des costumes, de la musique et, bien sûr, de la danse. Épaulé par le chorégraphe Hermes Pan, Fred Astaire met au point les numéros les plus sophistiqués. Ce bourreau de travail répète pendant des jours et des jours, faisant travailler aussi sa partenaire, qui endure sans jamais se plaindre ce sévère entraînement. Mais le résultat en vaut la peine. Véritables virtuoses de la danse, Astaire et Rogers réinventent les canons de la comédie musicale. Qu’ils fassent des claquettes ou du patin à roulettes, qu’ils interprètent du Irving Berlin ou du George Gerswhin (ces grands compositeurs écrivent spécialement pour eux), les deux danseurs fascinent le public. Continuant sur leur lancée, ils tournent en 1936 Follow the fleet (En suivant la flotte) et Swing time (Sur les ailes de la danse), suivis de Shall We Dance (L’Entreprenant Mr Petrov ). En 1937, Astaire s’essaie à l’indépendance en tournant A Damsel in Distress (Demoiselle en détresse) avec Joan Fontaine, film au succès mitigé. Il revient ensuite vers Ginger pour Carefree (Amanda) et The Story of Vernon and Irene Castle (La Grande Farandole), mais les recettes se révèlent décevantes comparées à leurs triomphes passés. Fred Astaire décide donc en 1939 de quitter la RKO, laissant Ginger Rogers devenir la grande vedette du studio. Une page enchantée se referme alors, même si le couple aura l’occasion de tourner dix ans plus tard un dixième et dernier film : The Barkleys of Broadway (Entrons dans la danse).


FRED ASTAIRE
La longue carrière de Fred Astaire est désormais entrée dans la légende ; son exceptionnel génie de danseur ne l’a toutefois pas empêché d’être aussi un excellent acteur.

GINGER ROGERS
Quand elle commença à travailler avec Fred Astaire, Ginger Rogers était totalement inconnue mais elle était déjà poussée par une grande ambition qui lui venait en partie du tempérament très volontaire de sa mère. Il n’est donc pas surprenant qu’elle ait cherché, très tôt – en tout cas plus rapidement que son prestigieux partenaire – à s’affirmer au cinéma autrement que par la danse.


Vol de plumes

L’anecdote est restée célèbre. Pour le numéro de danse accompagnant la chanson « Cheek to Cheek » dans Top Hat, Ginger Rogers s’est fait coudre une magnifique robe de soirée parée de plumes d’autruche. En la découvrant, Fred Astaire et le réalisateur Mark Sandrich se montrent peu enthousiastes, craignant qu’elle ne soit pas pratique pour danser. Une dispute s’ensuit alors, et après les bouderies d’usage, tout le monde se met d’accord pour tourner la scène avec la robe. Ginger et Fred commencent alors à tournoyer – et la robe à perdre ses plumes… Astaire racontera : « C’était comme de voir un poulet attaqué par un coyote ». Après de nombreuses retouches, la robe sera « sécurisée », et le numéro pourra enfin être tourné. À compter de ce jour, Astaire surnommera sa partenaire « Plumes », ce qu’elle prendra avec le sourire. Car si les deux comédiens ne sont pas de proches amis, ils s’arrangent toujours pour garder de bonnes relations. Et ce, malgré le fait que Ginger touche toujours des cachets inférieurs à ceux de Fred – bien que sa popularité soit aussi grande, comme le prouvera la suite de sa carrière. La parité était loin d’être de mise à Hollywood…

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TOP HAT (Mark Sandrich, 1935)

LA COMÉDIE MUSICALE
La comédie musicale a été longtemps l’un des genres privilégiés de la production hollywoodienne, et probablement le plus fascinant . Né dans les années 1930, en même temps que le cinéma parlant, elle témoigna à sa manière, en chansons, en claquettes et en paillettes, de la rénovation sociale et économique de l’Amérique. Mais c’est dix plus tard, à la Metro-Goldwyn-Mayer, que sous l’impulsion d’Arthur Freed la comédie musicale connut son véritable âge d’or, grâce à la rencontre de créateurs d’exception (Vincente Minnelli, Stanley Donen) et d’acteurs inoubliables (Fred Astaire, Gene Kelly, Judy Garland, Cyd Charisse, Debbie Reynolds). Par l’évocation de ces années éblouissantes à travers les films présentés, cette page permet de retrouver toute la magie et le glamour de la comédie musicale.


THE BARKLEYS OF BROADWAY (Entrons dans la danse) – Charles Walters (1949)
Confirmant sa suprématie dans le genre musical, la MGM orchestre en 1949 le retour à l’écran des légendaires Fred Astaire et Ginger Rogers, qui menaient depuis dix ans une carrière solo.

CAREFREE (Amanda) – Mark Sandrich (1938)
Sortie aux États-Unis le 2 septembre 1938, la huitième comédie musicale de Fred Astaire et Ginger Rogers leur permet de danser une fois encore sur les belles mélodies d’Irving Berlin.



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