CAREFREE – Mark Sandrich (1938)

Sortie aux États-Unis le 2 septembre 1938, la huitième comédie musicale de Fred Astaire et Ginger Rogers leur permet de danser une fois encore sur les belles mélodies d’Irving Berlin.

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On ne sait si Irving Berlin songeait aux rêves d’indépendance de Fred Astaire et Ginger Rogers en écrivant la chanson Change Partners, mais elle semble en tout cas convenir parfaitement à l’état d’esprit des deux stars au moment du tournage d’Amanda. Chacun vient en effet de donner la réplique à de nouveaux partenaires durant l’année précédente, et il est déjà prévu que ce huitième opus sera aussi l’avant-dernier. Sans doute est-ce pour cette raison que les ingrédients d’Amanda diffèrent sensiblement de ceux de leurs précédents films. Certes, la relation « chien et chat » de Fred et Ginger, les seconds rôles un peu loufoques ou la somptuosité des décors sont à nouveau au rendez-vous. Mais le ton du film, dans lequel la screwball comedy tend à dominer la comédie musicale, paraît moins innocent que celui des autres romances du tandem. Et, surtout, Ginger Rogers y tient soudain une place plus importante, comme si les galons acquis en tournant sans Fred Astaire lui avaient donné un nouveau statut au sein de la RKO… Pour autant, il s’agit bien encore d’un «vrai» film d’Astaire et Rogers, comme le claironnent à la sortie d’Amanda les affiches portant le slogan «Together again !»

L’histoire : Stephen Arden est désespéré. Il ne cesse de demander sa main à Amanda, dont il est éperdument amoureux, mais celle-ci n’arrive pas à se décider. Son incertitude est telle que Stephen, en désespoir de cause finit par demander l’aide de son ami Tony, un psychiatre réputé. Ce dernier accepte de recevoir la belle Amanda, mais la cure devant permettre à la jeune femme de clarifier ses sentiments va prendre un tour imprévu…

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Escapades
Seize mois se sont écoulés entre la sortie de L’Entreprenant M. Petrov, en 1937, et celle d’Amanda, le huitième film de Fred Astaire et Ginger Rogers. Ce délai, exceptionnellement long dans l’histoire du tandem, s’explique par la volonté des deux acteurs de tourner des films séparément, ce qu’ils n’avaient encore jamais fait depuis leur première collaboration en 1933. Après L’Entreprenant M. Petrov, Fred joue donc face à Joan Fontaine dans la comédie musicale Une demoiselle en détresse, tandis que Ginger est l’héroïne de trois films non musicaux : le drame Pension d’artistes, dont elle partage la vedette avec Katharine Hepburn, et deux comédies romantiques, Mariage incognito et Vacances payées, où elle séduit James Stewart et Douglas Fairbanks Jr. Mais si le producteur Pandro S. Berman leur permet ces escapades, il ne renonce pas pour autant à l’idée de réunir une nouvelle fois les deux stars dans un même film – en l’occurrence Amanda.

Sang neuf
Ginger Rogers s’avère la plus difficile à convaincre, car le metteur en scène choisi pour présider à ces retrouvailles est Mark Sandrich, avec qui elle s’entend mal. Mais une hausse de salaire, et la promesse d’engager Robert de Grasse, le chef opérateur de ses trois précédents films, finissent par convaincre l’actrice, et le tournage d’Amanda peut commencer au mois d’avril 1938. Pour compléter le triangle amoureux du film, Berman «emprunte» à la Columbia le populaire Ralph Bellamy. Par ailleurs, il confie le rôle de Tante Cora à Luella Gear, une figure de Broadway qui a déjà joué avec Fred Astaire dans le spectacle The Gay Divorce (elle y tenait le rôle d’Hortense, joué ensuite par Alice Brady dans le film La Joyeuse divorcée). Le nouveau venu Jack Carson, le vétéran Clarence Kolb, et Hattie MacDaniel (qui obtiendra un Oscar l’année suivante pour le rôle de Marna dans Autant en emporte le vent) complètent le casting, qui ne comporte aucun des faire-valoir habituels des deux stars. 
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Un célèbre baiser
Autre changement de taille dans la formule qu’avait mise au point la RKO, Amanda comporte seulement quatre numéros musicaux. C’est le compositeur Irving Berlin qui, après Le Danseur du dessus et En suivant la flotte, signe une fois encore les chansons du film. L’une d’entre elles, I Used to be color blind, donne lieu à l’une des danses les plus fameuses du tandem – une postérité due autant à l’utilisation d’un ralenti poétique qu’au baiser final échangé par Ginger et Fred, qu’on n’avait encore jamais réellement vus s’embrasser à l’écran… L’autre morceau de bravoure d’Amanda sera la « danse aux balles de golf », un numéro auquel Astaire songeait depuis Ion temps et qui demandera pas moins de deux semaines de répétitions. Quant à la chanson The Yam, l’acteur refuse de chanter, trouvant ses paroles stupides – ce qui offre à Ginger l’un de ses rares numéros en solo. Mais de tous les morceaux du film, seul Change Partners deviendra finalement un succès, en partie grâce à sa nomination à l’Oscar de la meilleure chanson.
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 Programme musical


« Since They Turned ‘Loch Lomond’ into Swing »
Cette scène a nécessité deux semaines de répétitions. En raison de la difficulté de l’action, la performance a été reconstituée à partir de plusieurs prises, ce qui était très inhabituel pour Astaire, qui préférait faire ses numéros de danse à partir d’un nombre minimum de longues prises .


« I Used to Be Color Blind »
Un tournage en couleur d’Amanda, ou du moins de ce numéro musical, était prévu, le titre de la chanson faisant d’ailleurs directement référence à l’utilisation du Technicolor. L’idée fut abandonnée en raison du coût ou des difficultés de production, selon les sources.
Le film présente deux particularités dans la série : c’est le plus court, avec seulement quatre numéros musicaux, (plusieurs séquences ont été abandonnées ou coupées au montage), et c’est le seul où ils partagent un long baiser, à la fin de cette scène, un numéro onirique dont une partie était projetée au ralenti.


 » The Yam »
Fred Astaire trouvait cette chanson stupide, et il a refusé de la chanter, ce qui explique pourquoi Ginger Rogers chante seule. Ils ne dansent ensemble après la section vocale.


 » Change Partners « 
La seule chanson de ce film, écrite par Irving Berlin, elle été nominée pour un Academy Award .


« Let’s Make the Most of Our Dream »

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