Le Film étranger

JAMAICA INN (La Taverne de la Jamaïque) – Alfred Hitchcock (1939)

En trouvant refuge chez l’excentrique Sir Pengallan, l’innocente Mary Yellard ignore que, loin d’échapper à la bande de pillards qui règne à la Taverne de la Jamaïque, elle se jette dans la gueule du loup… Soucieux de donner plus d’ampleur à sa carrière, Hitchcock se tourna à la fin des années 1930 vers les États-Unis. Son départ était déjà prévu quand il entreprit la réalisation d’une œuvre ambitieuse, un film-tempête entièrement tourné en studio, sans concession pour le pays qu’iI s’apprêtait à quitter – l’Angleterre. L’ultime œuvre britannique d’Hitchcock est un film en costumes inspiré d’un roman de Daphné Du Maurier.

En 1938, à moins de quarante ans, Alfred Hitchcock avait déjà vingt-deux films à son actif, sans compter une bonne dizaine de collaborations ! Après avoir travaillé avec la Gainsborough Pictures, la British International, la Gaumont-British et collaboré avec les plus grands studios allemands, le réalisateur avait en quelque sorte fait le tour de son île. Il lui fallait aller de l’avant, car le milieu du cinéma britannique et le peu de goût de ses compatriotes pour l’art cinématographique le limitaient dans sa progression. Hitchcock avait besoin de moyens à sa mesure pour développer son talent : des moyens économiques certes, mais aussi des moyens artistiques et techniques. Il se tourna donc vers Hollywood. Ses derniers succès,The 39 Steps (Les Trente-Neuf Marches) ou The Lady Vanishes (Une Femme disparaît) qu’il était en train de terminer, lui assurèrent un bon accueil dans cet Eldorado du cinéma américain. En position de force, il put choisir avec qui, parmi les grands producteurs hollywoodiens, il travaillerait. C’est finalement David O. Selznick qui obtint ses faveurs.

Le réalisateur rappela ensuite les circonstances de ses premiers contacts avec Selznick : « Pendant que je tournais Lady Vanishes, j’ai reçu un télégramme de Selznick me demandant de venir à Hollywood pour tourner un film inspiré par le naufrage du Titanic. Je suis allé en Amérique pour la première fois après la fin du tournage de Lady Vanishes, et j’y suis resté dix jours. C’était en août 1938. J’ai accepté cette proposition de film sur le Titanic mais, mon contrat avec Selznick ne devant commencer qu’en avril 1939, j’avais la possibilité de faire un dernier film anglais, Jamaica Inn. » Tourner un film sur le Titanic ne semblait pas effrayer Hitchcock qui se vantait à sa manière d’avoir une bonne expérience en la matière : « J’ai une grande expérience des icebergs. N’oubliez pas que j’ai déjà dirigé Madeleine Carroll ! » Pourtant très impatient de débuter sa nouvelle carrière hollywoodienne, le réalisateur entendait néanmoins mener à bien un dernier projet britannique : Jamaica Inn.

Mayflower

Depuis quelques mois, Hitchcock était en négociation pour la réalisation d’un film pour le compte de la Mayflower, une société de production dirigée par l’acteur Charles Laughton et le producteur Erich Pommer (1889-1966). Il avait connu ce dernier en 1924, alors qu’il cumulait les fonctions de scénariste, directeur artistique et assistant réalisateur sur le tournage de Voyou (The Blackguard) réalisé par Graham Cutts en 1925, en Allemagne, dans les imposants studios de l’UFA (Universum Film Aktiengesellschaft). Erich Pommer était alors associé à Michael Balcon pour la production du film. Durant ce séjour en Allemagne, Hitchcock avait eu la possibilité de rencontrer le maître incontesté du cinéma allemand de l’époque, F. W Murnau (1888-1931), qui tournait dans les mêmes studios Le Dernier des hommes (1924). L’esthétique expressionniste du grand maître marqua durablement le jeune réalisateur, et se fit notamment sentir dans Jamaica Inn.

Pommer et Laughton souhaitaient travailler avec celui que tous considéraient à juste titre comme le plus grand réalisateur anglais. Mais Charles Laughton ne cachait pas son ambition : réaliser un film dans lequel il aurait le rôle principal, un film cousu à sa mesure, et à sa démesure. L’écriture du scénario porte la trace de cette ambition. L’ouvrage de Daphné Du Maurier avait d’abord été confié à Clemence Dane, l’auteure, avec Helen Simpson, d’Enter Sir John, dont Hitchcock avait tiré huit ans auparavant Murder (Meurtre). Hitchcock s’en saisit ensuite et écrivit, avec Sydney Gilliat, un script détaillé de Jamaica Inn. Puis le producteur-acteur intervint. Charles Laughton, désireux d’étoffer son rôle, amena J. B. Priestley, chargé d’écrire des dialogues additionnels – pour le personnage de Pengallan en particulier.
Hitchcock laissa faire. Le dialogue ne pouvait en sortir que plus piquant. Quant à l’acteur, il était loin de lui déplaire. Hitchcock déclara à Truffaut : « Charles Laughton était un aimable plaisantin. Lorsque nous avons commencé le film, il m’a demandé de ne tourner sur lui que des plans rapprochés parce qu’il n’avait pas encore trouvé la façon dont il marcherait quand il aurait à traverser le décor. Au bout d’une dizaine de jours, il est arrivé en disant : « J’ai trouvé. » Et il s’est mis à marcher en se dandinant et en sifflant une petite valse allemande qui lui était revenue en mémoire et qui lui avait inspiré le rythme de son pas. Je m’en souviens très bien, je vais vous montrer… » Ici, il faut imaginer Hitchcock singeant le déhanchement de Sir Humphrey Pengallan… une petite danse que Truffaut jugea «vraiment très jolie» !

Le tournage

Avant le début du tournage, Hitchcock interrompit le travail. Pour accélérer les négociations avec Selznick, il décida de se rendre à Los Angeles. Il confia à sa fidèle secrétaire Joan Harrison le manuscrit de La Taverne et, le 1 er juin 1938, il s’embarqua avec sa femme et sa fille Patricia (âgée de 9 ans) à bord du Queen Mary. Aux Etats-Unis, les négociations allèrent bon train et Hitchcock put, dès le 14 juillet, signer le contrat qui allait le lier à Selznick pour plusieurs années. Le même jour, il sautait sur le Normandie pour rallier l’Angleterre et terminer Jamaica Inn.


Enfin, le 1 er septembre 1938, Hitchcock put faire retentir le clap de début du tournage. La quasi-totalité du film fut réalisée dans les studios d’Esltree, qu’il connaissait de longue date. Les moyens imposants de la production, avec d’immenses décors et de non moins gigantesques bassins consacrés aux scènes aquatiques, constituèrent un des principaux tours de force du film.

Il convient toutefois d’y ajouter la qualité du jeu des acteurs. L’interprétation de Charles Laughton s’avéra aussi expressive et expressionniste que les décors dans lesquels il évoluait. La jeune actrice Maureen O’Hara, que le réalisateur projeta sur le devant de la scène, montra elle aussi un grand talent. Une fois encore, Hitchcock apportait la preuve qu’il était un grand découvreur de talents. Les seconds rôles furent attribués à des fidèles du réalisateur. Clare Greet (1871-1939) avait tenu la vedette dans le premier film réalisé par Hitchcock (en 1922), malheureusement jamais terminé : Number 13 ; elle joua ici le rôle d’une vieille femme venue réclamer un nouveau toit pour sa maison. Wylie Watson (1889-1966) interpréta le bien ironiquement nommé Salvation, tenant un discours sur la damnation qui guette les naufrageurs ; il avait joué, dans The 39 Steps, le rôle-clé de Mr Memory, le MacGuffin du film.
C’est donc avec une équipe efficace et rodée que le réalisateur finit sa carrière anglaise. Le tournage s’acheva à la mi-octobre. A cette même date, Une The Lady Vanishes sortait sur les écrans londoniens. Immédiatement, le film fit de son réalisateur le cinéaste anglais le plus populaire au monde, ce qui accentua le désir d’Hitchcock d’aller faire ses premières armes outre-Atlantique. Négligea-t-il pour autant la réalisation du dernier opus de la première période britannique ? L’idée a souvent été avancée à propos de Jamaica Inn. Le film porte pourtant la marque du maître et des qualités qui témoignent de son talent.

Dr Jekyll et Mr Hyde

Jamaica Inn est le deuxième des trois films en costumes d’Hitchcock, après Waltzes from Vienna (Le Chant du Danube, 1933) et avant Under Capricorn (Les Amants du Capricorne, 1949). Cet élément dérouta sans doute le public. Pourtant, le réalisateur fit en sorte de rendre intemporelles les aventures de Mary Yellard. Mis à part le carton qui ouvre le film, aucune référence réellement historique n’apparaît. Le réalisateur s’attache à la psychologie des personnages, laquelle n’a pas d’âge. Le dîner de Pengallan avec ses invités avides et grotesques pourrait avoir lieu aujourd’hui.

A sa sortie, le film reçut un accueil mitigé, à la fois du public et de la critique, laquelle souligna que Jamaica Inn était une œuvre faite pour satisfaire l’ego du seul acteur et producteur Charles Laughton. Pourtant le personnage de Sir Humphrey Pengallan était aussi l’œuvre d’Hitchcock, qui fit ressortir sa dimension tout à la fois exécrable et sublime, ainsi qu’il en témoigna lui-même : « Je m’intéresse surtout à l’aspect Dr Jekyll et Mr Hyde du juge. » Comme souvent, il porta une attention toute particulière à son « méchant », à tel point que le personnage de Trehearne semble falot en comparaison. On peut même supposer qu’Hitchcock s’identifia au juge tout autant que Charles Laughton. Ainsi, quand Pengallan, sur le point de sauter du mât où il s’est réfugié, déclare : « Vous voulez du spectacle, je vais vous en donner ! », comment ne pas penser que c’est le faiseur de spectacle Alfred Hitchcock qui parle à travers Sir Humprey ? Plus encore, la dualité du personnage évoque celle du réalisateur. Pengallan va chercher la beauté au plus profond du Mal. Il évolue dans un monde corrompu, mais c’est pour y trouver la beauté et les plaisirs, par-delà toute morale. D’une certaine façon, n’est-ce pas ce que fait Hitchcock dans chacun de ses films ?

La Belle

Mary Yellard constitue le pendant du personnage totalement amoral qu’est Sir Humphrey Pengallan. Elle apparaît comme la Belle opposée à la Bête. Le critique Bruno Villien l’explique : « Hitchcock trouve un visible plaisir à jeter la débutante Maureen O’Hara dans un groupe de pillards déchaînés et à soumettre la farouche vierge aux caprices adorateurs de Charles Laughton, grandiose génie du Mal. » Si la confrontation des deux figures peut évoquer l’opposition entre le Bien et le Mal, elle n’a pourtant rien de manichéen. Les deux univers se fondent en un seul dans le jeu aux allures sado-masochistes qui les réunit et culmine avec l’enlèvement de Mary par Sir Humphrey. Pengallan agit comme l’un des révélateurs (le second étant la caméra d’Hitchcock) de la beauté de Mary. Dès leur première rencontre, il demande à la jeune femme d’ôter son manteau pour admirer sa silhouette. Les deux personnages évoluent dans un monde qui ignore la beauté, et Pengallan seul semble y trouver encore goût.

Pengallan est un homme du XVIIIe  siècle, ultime représentant d’un goût que le siècle suivant s’apprête à balayer. Le juge ne cesse de se lamenter sur l’époque révolue et la bassesse des temps présents qui ne sont qu’envie et cupidité. Mary offre également une autre figure, celle du salut. Elle sauve d’abord Trehearne du lynchage, puis les membres de l’équipage du dernier navire d’une mort certaine, en ravivant le « phare ». A ce thème répond celui de la responsabilité. Dans la grotte où ils sont réfugiés, Trehearne dit en substance à Mary : « Tu m’as sauvé la vie, tu es responsable de moi. » Dans Vertigo (Sueurs froides), Scottie fera une remarque similaire à Madeleine.

Mary évolue dans deux demeures qui, par leur forte présence, constituent des personnages à part entière, tel Manderley dans Rebecca. Presque toute la première partie du film se déroule alternativement dans la villa de Sir Humphrey et la taverne de Joss, créant une atmosphère de claustrophobie à laquelle on n’échappe qu’à la fin du film. Cependant, alors que la demeure de Pengallan est lumineuse et d’un style néo-classique, la taverne semble tout droit sortie d’un film de Murnau. Ses murs penchés, ses ombres, son escalier de guingois nous plongent dans une atmosphère fortement expressionniste. Hitchcock multiplie les parallèles entre les deux maisons et leurs propriétaires : Pengallan règne sur ses voisins vulgaires, Merlyn sur une bande d’assassins ; Pengallan fait entrer sa jument dans son salon, Merlyn selle son cheval pour se lancer à la recherche de Mary et Jem. Aristocrates et brigands de bas étages sont ainsi mis sur le même plan, celui d’un monde corrompu dans lequel seule ta beauté triomphera.


La Distribution

Le génial Charles Laughton (1899-1962), d’origine britannique, restera un grand acteur de théâtre, même après son énorme succès à l’écran qui lui permit de travailler avec les plus grands noms, de De Mille à Kubrick en passant par Renoir et Wilder. Pour Hitchcock, il jouera à nouveau un juge, celui de The Paradine Case (Procès Paradine, 1947). Laughton réalisa lui-même un film, unique par sa mise en scène comme par le sujet qui l’inspire : The Night of the Hunter (La Nuit du chasseur, 1955). Maureen O’Hara (1920-2015), d’origine irlandaise, fut révélée au public par Jamaïca Inn. La célébrité arriva deux ans plus tard, derrière la caméra de John Ford, dans How Green Was My Valley (Qu’elle était verte ma vallée, 1941). O’Hara retrouva Laughton dans deux œuvres :  The Hunchback of Notre Dame (Quasimodo, 1939) et This Land is Mine (Vivre libre, Renoir, 1943). Après un arrêt de vingt ans, elle fit un retour remarqué dans Only the Lonely (Ta mère ou moi !, Columbus, 1991). Robert Newton (1905-1956), lui, était expert en piraterie : il passa à la postérité avec une jambe de bois, incarnant majestueusement Long John Silver, le pirate de Treasure Island (L’Ile au trésor, B. Haskin, 1950). Quant à Emlyn Williams (1905-1987), un proche d’Hitchcock, il avait signé les dialogues de The Man Who Knew Too Much (L »Homme qui en savait trop de 1934. En 1958, il incarna Émile Zola dans L’Affaire Dreyfus (Ferrer), et se fit réalisateur pour un unique film : Dolwyn.


Les collaborateurs

Femme de l’ombre, Joan Harrison (1907-1994) est un maillon incontournable de la machine hitchcockienne. En 1935, à la recherche d’une secrétaire particulière et après avoir éconduit quelques dizaines de postulantes, Hitchcock découvrit cette blonde au regard pétillant d’intelligence, diplômée de lettres classiques à Oxford et à la Sorbonne. Il l’engagea immédiatement. Harrison devint rapidement indispensable. En 1936, elle accéda au grade d’«assistante à la continuité ». L’année suivante, elle était « conseillère littéraire », dialoguiste en 1938, puis scénariste un an après. Hitchcock parvint à l’inscrire dans le contrat qu’il signa avec Selznick et, en Amérique, elle fut une des trois seules femmes productrices travaillant sous contrat avec une major hollywoodienne. De 1955 à 1962, elle assura le rôle de productrice sur la série télévisée Alfred Hitchcock Presents.


Les effets spéciaux : studio avec vue sur la mer

Revenant sur les premières rencontres d’Hitchcock et Selznick, le biographe Donald Spoto notait : « De son côté, David Selznick n’avait pas encore décidé si le film que réaliserait Hitchcock serait Le Titanic ou Rebecca, et le contrat avait laissé ouverte toute discussion à ce sujet. Son indécision tenait en partie à son désir de voir comment Hitchcock s’en tirerait avec les spectaculaires effets spéciaux de Jamaica Inn. » De fait, avec l’importance de ses naufrages et de ses scènes maritimes, Jamaica Inn constitua une sorte de mise en jambe pour l’adaptation à l’écran d’une catastrophe aussi spectaculaire que le naufrage du Titanic. Si Hitchcock ne réalisa jamais cette œuvre, ce n’est pas faute d’avoir su manier avec brio les effets spéciaux dans son dernier film anglais !

Jamaica Inn nécessita en effet des moyens dignes des grandes productions hollywoodiennes. Les immenses studios d’Elstree furent largement investis par d’imposants décors : paysages de Cornouailles peints et vue du port reconstitué, sans compter les deux demeures clés du film. Plus encore, l’équipe de tournage dut installer d’énormes bassins dans lesquels furent tournées les scènes maritimes. Les naufrages furent réalisés en studio, un bout de coque de bateau posé dans un bassin créant l’illusion du navire échoué, pendant qu’un système complexe agitait l’eau, créait les vagues et faisait voler l’écume. Toutes ces scènes devaient être montées avec des vues de la côte réelle ou, à l’inverse, des plans de maquettes de bateau à la dérive.



L’HISTOIRE ET LES EXTRAITS

Pilleurs d’épave – Sur les côtes de Cornouailles, au début du XIXe siècle, un homme sort de la taverne de la Jamaïque et se dirige vers le phare rudimentaire qui aide les navires à repérer la côte. Il cache la lumière et provoque le naufrage d’un bateau. Une bande de pillards tue alors tout l’équipage et s’empare de la cargaison. Au même moment, Mary Yellard arrive en diligence. Elle veut s’arrêter à la taverne de la Jamaïque mais le cocher refuse de la déposer dans un lieu aussi mal famé.
Juge de paix – Déposée devant une demeure aristocratique, Mary y demande de l’aide. Elle est accueillie par le propriétaire des lieux, Sir Humphrey Pengallan, juge de paix. Malgré les mises en garde des invités de Pengallan, Mary insiste pour qu’on la conduise à la taverne de la Jamaïque où elle doit retrouver sa tante Sir Humphrey l’y accompagne.
Ongle Joss – Laissée seule devant la taverne, Mary se retrouve face à un homme à l’allure sinistre : son oncle Joss. Elle rencontre enfin sa tante Patience et découvre la bande de pillards qui occupe les lieux. Pendant ce temps, Joss retrouve Pengallan, qui en réalité dirige le groupe et l’informe du passage des navires. Une dispute éclate. Un nouveau membre, Jem Trehearne, est pendu. Depuis sa chambre à l’étage, Mary parvient à décrocher Jem et l’aide à fuir. Menancée à son tour, elle s’enfuit.

Train de vie – Chadwick, fidèle serviteur de Pengallan, informe son maître des nombreuses factures en retard. Le mouvement d’humeur qu’il provoque chez Sir Humphrey par ce rappel renvoie à la folie qui semble avoir frappé plusieurs membres de la famille Pengallan. Joss vient informer Pengallan de la fuite de Jem et Mary, craignant qu’ils avertissent la police.
Fuite par la mer – Jem et Mary se sont réfugiés en canot dans une grotte creusée dans la falaise au bord de la mer. Tentant de fuir celui qu’elle prend pour un des pirates, Mary provoque la perte de l’embarcation. La bande de pillards, toujours à leurs trousses, les découvre dans leur cachette. Mary et Jem n’ont d’autre solution que de fuir à la nage.
Gestion courante – Alors qu’il s’occupe, avec beaucoup de magnanimité, des réclamations des habitants de son domaine, Sir Humphrey voit arriver Mary et Jem, trempés tous les deux. Ils informent Pengallan de leur fuite et sollicitent son aide. Mary réclame la clémence pour Jem qui l’a aidé dans sa fuite.

Lieutenant Trehearne – Alors que Pengallan rejoint ses amis qui lui apprennent le passage prochain d’un navire (une proie pour les naufrageurs), Trehearne insiste pour le voir. Il apprend à son hôte qu’il est lieutenant de la Marine enquêtant sur les activités de la taverne de la Jamaïque. Pengallan propose de s’y rendre avec Jem, et écrit une lettre demandant des renforts.
Nouvelle fuite – Après s’être changée, Mary rejoint le salon où sont réunis Jem et Pengallan. Elle surprend leur conversation et apprend qu’ils ont l’intention d’arrêter les naufrageurs de la taverne de la Jamaïque. Après s’être armés, Jem et Sir Humphrey s’apprêtent à partir en voiture : ils découvrent alors que Mary les a devancés et qu’elle a pris la calèche.
La fouille – Mary, qui a rallié la taverne de la Jamaïque, informe sa tante de l’arrivée prochaine de la police. Joss a à peine le temps d’être prévenu qu’on frappe déjà à la porte : Jem et Pengallan arrivent. Ce dernier feint de ne pas connaître Joss ; il demande à fouiller la maison en attendant l’arrivée des renforts et, surtout, du cerveau des opérations qui doit informer Joss d’un prochain passage de navire au large.

Liaisons dangereuses – Croyant à l’arrivée imminente de la police, Trehearne tombe nez à nez avec la bande de pillards ; il est fait prisonnier. Sir Humphrey feint alors d’être attrapé par Joss. Les deux hommes sont ligotés, et la bande part préparer un nouveau pillage, emportant Mary et laissant à Patience le soin de surveiller les deux prisonniers. Pengallan se débarrasse de ses liens, qui avaient été faussement noués par Joss, dévoile sa position réelle et quitte les lieux.
Echouage échoué – Sur la côte, les brigands préparent le naufrage du bateau annoncé, mais Mary parvient finalement à rallumer le phare et permet au navire d’éviter la catastrophe. Face à la bande qui veut s’occuper d’elle, elle ne doit son salut qu’à Joss, qui la protège et l’emmène sur sa charrette. Un des marins, furieux, tire et blesse Joss. Pendant ce temps, Trehearne convainc Patience de le laisser partir.
La fin d’une époque – Mary ramène Joss mourant à la taverne, où elle retrouve Patience qui est bientôt abattue par Sir Humphrey. Le juge kidnappe Mary et embarque avec elle sur un navire en partance pour la France. Pendant ce temps, Trehearne revient à la taverne avec des renforts. Il arrête les pillards, et se lance à la poursuite de Mary et Pengallan. Sur le navire, Sir Humphrey préfère se suicider plutôt que d’être arrêté. Le fidèle Chadwick assiste, impuissant, à la folie fatale de son maître.


Jamaica Inn est un des rares films où Hitchcock ne fait pas d’apparition. Soit que le réalisateur n’ait pas voulu apparaître dans un film en costumes, soit qu’il dise ainsi adieu au cinéma britannique qu’il s’apprête à quitter… à moins que la silhouette d’Hitchcock n’ait jamais été repérée et reste, aujourd’hui encore, à découvrir !



HITCHCOCK / TRUFFAUT

En janvier 1960, à New York, François Truffaut rencontre Helen Scott, chargée des relations avec la presse pour le French Film Office. Celle-ci devient, dès lors, sa traductrice et sa collaboratrice attitrée aux Etats-Unis. En avril 1962, Truffaut dévoile à Robert Laffont et à Helen Scott son intention de faire un livre sur le cinéma. Le genre des entretiens radiophoniques avec des écrivains, notamment Les Entretiens de Paul Léautaud avec Robert Mallet, lui donne l’idée de composer un ouvrage à partir d’entretiens enregistrés avec Alfred Hitchcock. Truffaut écrit à Hitchcock le 2 juin 1962 pour lui demander un entretien.  C’est avec émotion qu’Hitchcock lui répond favorablement de Los Angeles par un télégramme. Dès lors, Truffaut commence à réunir la documentation nécessaire à la préparation du livre : le Hitchcock de Claude Chabrol et Eric Rohmer publié en 1957, les critiques, les fiches techniques et notes sur les films, les romans adaptés par Hitchcock, des photographies, classés dans des dossiers, film par film. Il écrit également des centaines de questions à poser à Hitchcock.

Ci-dessous la transcription de l’échange lié au film JAMAÏCA INN du livre : Hitchcock / Truffaut (avec la collaboration de Helen Scott) – Editions Ramsay (1983)

Alfred Hitchcock :  Pendant que je tournais Lady Vanishes (Une Femme disparaît), j’ai reçu un télégramme de Selznick me demandant de venir à Hollywood pour tourner un film inspiré par le naufrage du Titanic. Je suis allé en Amérique pour la première fois après la fin du tournage de Lady Vanishes et j’y suis resté dix jours. C’était en août 1938. J’ai accepté cette proposition de film sur le Titanic mais, mon contrat avec Selznick ne devant commencer qu’en avril 1939, j’avais la possibilité de faire un dernier film anglais, Jamaica Inn.

François Truffaut :La Taverne de la Jamaïque, que vous avez tourné pour le compte de Charles Laughton, producteur, n’est-ce pas?

A.H. Laughton et Erich Pommer, associés. C’est comme vous le savez, un roman de Daphné du Maurier. Le premier scénario a été écrit par Clemence Dane, auteur de pièces réputé ; ensuite j’ai fait engager Sydney Gilliat et nous avons établi le script ensemble. Enfin Charles Laughton a voulu étoffer son rôle et il a amené J B. Priestley pour les dialogues additionnels. J’avais connu Erich Pommer en 1924 lorsque j’étais scénariste et décorateur en Allemagne pour The Blackguard, car il était associé dans cette production avec Michael Balcon et je ne l’avais jamais revu. Jamaica Inn était une entreprise totalement absurde. Si l’on examine « L’Auberge de la Jamaïque », par Daphné du Maurier, l’histoire racontée, on s’aperçoit qu’il s’agit d’un whodunit. A la fin du XVIIIe siècle, une jeune orpheline irlandaise, Mary (Maureen Q’Hara), débarque en Cornouailles pour y retrouver sa tante Patience dont le mari Joss tient une taverne sur la côte.  Il se passe toutes sortes d’horreurs dans cette fameuse taverne qui abrite des pilleurs d’épaves, des naufrageurs. Ces gens bénéficient d’une impunité totale et ils sont même informés régulièrement des passages de navires dans la région. Pourquoi ? Parce que, à la tête de tout ce brigandage, se trouve un homme respectable qui tire les ficelles, et cet homme n’est autre que le juge de paix. Voilà pourquoi ce film était une entreprise irraisonnée ; le juge de paix ne devait normalement apparaître qu’à la fin de l’aventure car, très prudemment, il se tenait à l’écart de tout et il n’avait aucune raison de se montrer dans la taverne. C’était donc absurde de tourner ce film avec Charles Laughton dans le rôle du juge et, lorsque je mien suis aperçu, j’ai été réellement désespéré. Finalement j’ai tourné le film mais je n’en ai jamais été content malgré le succès commercial inespéré.

F. T. Mais les producteurs n’étaient pas conscients de cette absurdité ?

A. H. Erich Pommer ? Je ne suis pas certain qu’il comprenait l’idiome anglais. Quant à Charles Laughton, c’était un aimable plaisantin. Lorsque nous avons commencé le film, il m’a demandé de ne tourner sur lui que des plans rapprochés parce qu’il n’avait pas encore trouvé la façon dont il marcherait quand il aurait à traverser le décor. Au bout d’une dizaines de jours, il est arrivé en disant : « J’ai trouvé. » Et il s’est mis à marcher en se dandinant et en sifflant une petite valse allemande qui lui était revenue en mémoire et qui lui avait inspiré le rythme de son pas. Je m’en souviens très bien, je vais vous montrer…

F. T. C’était vraiment très joli !

A. H. Peut-être, mais ce n’était pas sérieux et je n’aime pas travailler de cette façon. Il n’était pas réellement un professionnel du film.

F. T. Avant d’aborder votre période américaine, je voudrais vous proposer, comme nous l’avons fait avec la fin de la période du muet, de tirer quelques conclusions générales sur votre travail en Angleterre, sur le cinéma anglais en général. L’impression que nous avons en considérant votre carrière avec le recul des années, c’est que vos dons et votre talent n’ont pu s’épanouir réellement qu’en Amérique. Il me semble que vous étiez destiné à travailler à Hollywood ; le pensez-vous aussi ?

A. H. Je formulerais cela d’une autre façon. Mon travail en Angleterre a développé et élargi mon instinct – l’instinct des idées – mais le travail technique a été fermement établi, selon moi, à partir de The Lodger. Je n’ai jamais changé d’avis sur la technique et sur l’utilisation de la caméra depuis The Lodger. Disons que la première période pourrait s’intituler la sensation du cinéma. La seconde période a été celle de la formation des idées.

F. T. Au cours de votre période anglaise, vous aviez tout de même l’ambition de tourner des films qui puissent ressembler à des films américains alors qu’à Hollywood vous n’avez pas essayé d’imiter les films anglais ! L’idée qui me préoccupe, je ne sais pas si elle est juste, C’est qu’il y a en Angleterre quelque chose d’indéfinissable mais qui est nettement « anticinématographique ».

A. H. Vous croyez cela ? Développez votre idée.

F. T. On peut se demander s’il n’y a pas incompatibilité entre le mot cinéma et le mot Angleterre. C’est probablement excessif, mais je pense à des caractéristiques nationales qui me paraissent « anticinématoqraphiques » par exemple la vie paisible anglaise, la routine solide, la campagne anglaise, et même le climat anglais. Le fameux humour anglais, qui a suscité tant de charmantes comédies de meurtres, bien souvent interdit l’émotion réelle… J’ai l’impression que tout cela freinait votre vocation qui est de raconter des histoires contenant beaucoup d’événements rapides, avec des péripéties fortes auxquelles il est nécessaire que le public croie, même si l’humour y a naturellement sa place. Je pense surtout à votre tendance vers la stylisation plastique et la stylisation des acteurs. En Angleterre, il y a énormément d’intellectuels, énormément de grands poètes, de très bons romanciers, mais depuis soixante-dix ans que le cinéma est né, on ne trouve que deux cinéastes dont l’œuvre résiste à l’épreuve du temps : Charlie Chaplin et Alfred Hitchcock. Mais actuellement le cinéma anglais est peut-être à un tournant…

A. H. Au début de l’histoire du cinéma, l’art du film était extrêmement méprisé par les intellectuels en France aussi mais certainement pas autant qu’en Angleterre. Aucun Britannique bien élevé ne se serait laissé voir entrant dans une salle de cinéma. Cela ne se faisait pas. Vous savez qu’il y a en Angleterre une grande conscience de classe et de caste. Lorsque Paramount a ouvert le théâtre Plazza, à Londres, certaines personnes de la bonne société ont commencé à aller au cinéma; on avait aménagé pour elles quelques fauteuils aux mezzanines dont le prix était si coûteux qu’on appelait cela la rangée des millionnaires.
Avant 1925, les films anglais étaient très médiocres, destinés à la consommation locale et mis en scène par des bourgeois. En 1925-1926, certains jeunes étudiants, principalement de Cambridge, ont commencé à s’intéresser au cinéma à travers les films russes, ou des films continentaux comme Le Chapeau de paille d’Italie de René Clair. C’est à ce moment qu’est née la London Film Society, qui organisait des séances le dimanche après-midi pour les intellectuels. Leur enthousiasme n’allait pas jusqu’à vouloir devenir des professionnels de cinéma, mais ils étaient des amateurs de films et principalement de films étrangers.
Encore aujourd’hui, les films étrangers sont largement analysés dans les journaux du dimanche, mais la production d’Hollywood est rejetée en bas de page. N’oubliez pas que les intellectuels britanniques viennent toujours passer leurs vacances sur le continent. Ils se rendent volontiers dans les bas-fonds de Naples pour photographier avec un trépied les petits gosses qui crèvent de faim. Ils adorent le pittoresque, les lessives accrochées dans les taudis et les ânes qui circulent au milieu de la rue. Actuellement les jeunes cinéastes anglais commencent à s’intéresser à ça dans leurs films et ils découvrent à leur tour le social. Je n’y pensais pas lorsque je vivais en Angleterre, mais, lorsque j’y suis retourné, venant d’Amérique, je me suis aperçu de toutes ces grandes différences et j’ai compris à quel point l’attitude générale en Angleterre est une attitude insulaire. Dès que l’on quitte l’Angleterre, on trouve une conception du monde beaucoup plus universelle, que ce soit dans les discussions avec les gens ou dans la façon de raconter une histoire.
L’humour anglais est très superficiel et il a ses limites. Les journalistes anglais ont fait contre Psycho des critiques violentes et même coléreuses, pas une seule amusante ou moqueuse. Mais vous avez raison, j’avais des racines profondes dans le cinéma américain. Les journaux corporatifs que je lisais quand j’avais dix-sept ans parlaient des films américains, et je comparais la photographie des films britanniques et des films américains. Mon désir de travailler dans le cinéma s’est matérialisé vers l’âge de dix-huit ans. Quand j’ai étudié à l’école d’ingénieurs, c’est le dessin qui m’a attiré, puis la photographie. Il ne me serait jamais venu à l’idée d’aller offrir mes services de dessinateur à une compagnie de cinéma britannique, mais lorsque j’apprends, en lisant un journal corporatif, qu’une compagnie américaine va ouvrir un studio, je me dis : « Je veux faire leurs titres. » Je me mets au travail, les Américains arrivent, acteurs, écrivains, et je fais mon apprentissage au milieu d’eux, un apprentissage américain. Ne croyez pas que j’étais un fanatique de tout ce qui était américain mais, pour le cinéma, je considérais leur façon de faire les choses comme réellement professionnelle, très en avance sur les autres pays, Au fond, j’ai commencé dans le cinéma en 1921 à Londres mais avec les Américains, au milieu d’eux, et je n’ai donc jamais mis les pieds dans un studio britannique avant 1927, Entre-temps il y a eu un bref apprentissage dans le cinéma allemand, Même quand les Britanniques ont occupé graduellement le studio d’Islinoton, les caméras étaient américaines, les projecteurs étaient américains et la pellicule s’appelait Kodak.
Une chose que je me suis souvent demandée par la suite : pourquoi n’avais-je jamais fait aucun effort pour visiter l’Amérique avant 1937 ? Je me le demande encore maintenant. Je rencontrais constamment des Américains, je pouvais lire parfaitement une carte de New York et je connaissais par cœur les horaires des trains américains, car je me faisais envoyer les catalogues de là-bas, c’était mon occupation préférée, Je pouvais décrire New York, l’emplacement des théâtres et des grands magasins. Quand je parlais pendant un certain temps avec des Américains, ils me disaient : « Quand êtes-vous allé là-bas la dernière fois ? » je répondais : « Je n’y suis jamais allé. » Vous ne trouvez pas cela curieux ?

F. T. Oui et non, Je vous propose une explication. C’était peut-être un excès d’amour et aussi beaucoup d’orgueil. Vous ne vouliez pas venir en touriste, vous vouliez venir en cinéaste, vous ne vouliez pas essayer d’y tourner un film, vous vouliez qu’on vous dise : Hollywood or bust !

A. H. C’est vrai, Mais je n’étais pas attiré par Hollywood en tant qu’endroit. Ce que je voulais, c’était entrer dans les studios et y travailler.


Un anglais bien tranquille (période 1899-1929)
Alfred Hitchcock est né en Angleterre, le 13 août 1899, au sein d’une famille de catholiques. Son père était un riche marchand de volailles. Il aimait le théâtre, mais se voulait rigoureux en matière de discipline et de religion. L’enfance heureuse d’Alfred fut marquée par un incident qu’il n’oubliera jamais. Lire la suite…

Sur la piste du crime (période 1929-1939)
La première expérience parlante d’Hitchcock, ce sera Blackmail (Chantage, 1929). Aujourd’hui, cette œuvre conserve une authentique modernité. L’auteur y installe des personnages et des situations qui alimenteront ses films postérieurs : la femme coupable, le policier amoureux de la femme qu’il doit arrêter, l’union terrible par un secret encore plus terrible, l’itinéraire vécu par un couple et la traversée des apparences.

Hollywood et la guerre (période 1940 – 1944)
A la veille de la guerre, l’industrie cinématographique américaine domine le marché mondial. De nombreux cinéastes européens ont raillé Hollywood. la domination nazie accélérera cette migration, mais ce cosmopolitisme convient au public national. Ce peuple d’émigrants aime le cinéma. les images satisfont ses fantasmes et bercent ses espoirs. Il se retrouve culturellement devant des produits conçus par des réalisateurs européens.

Expérimentations (période 1945-1954)
Rentré aux U.S.A. après avoir réalisé Bon voyage et Aventure malgache (courts métrages à la gloire de la résistance française réalisés en Angleterre), Hitchcock tourne une production de Selznick : Spellbound (La Maison du docteur Edwards). Cette fois, la chasse à l’homme et la formation d’un couple s’inscrivent dans une structure plus complexe. La psychanalyse règne sur l’œuvre.

Le temps de la perfection (période 1954 -1966)
En 1954, Hitchcock entre à la Paramount. Il y restera de longues années et en deviendra l’une des plus fortes valeurs commerciales. Il commence par l’adaptation d’une nouvelle de Corneil Woolrich (William Irish) : Rear window (Fenêtre sur cour). C’est l’histoire d’un reporter photographe qui a la jambe dans le plâtre. Il passe son temps à observer ses voisins. de l’autre côté de la cour.

Les dernières œuvres (période 1966 – 1976)
Au cours de la période 1966-1976, Alfred Hitchcock ne tournera que quatre films. Deux se rattacheront au cycle des œuvres d’espionnage. Les autres exploiteront la veine du thriller. En 1966, Torn curtain (le Rideau déchiré) devait choquer les critiques de gauche. Ils accusèrent le film d’être une œuvre anticommuniste et suggérèrent que son auteur était en train de devenir gâteux.


LES FILMS D’HITCHCOCK SUR MON CINÉMA À MOI
THE LODGER (Les Cheveux d’or) 1927
BLACKMAIL (Chantage) 1929
THE 39 STEPS (Les 39 marches) 1935
SABOTAGE (Agent secret) 1936
YOUNG AND INNOCENT (Jeune et innocent) 1937
THE LADY VANISHES (Une femme disparaît) 1938
JAMAICA INN (La Taverne de la Jamaïque) 1939
REBECCA 1940
SUSPICION (Soupçons) 1941
SABOTEUR (Cinquième colonne) 1942
SHADOW OF A DOUBT (L’ombre d’un doute) 1943
LIFEBOAT 1944
SPELLBOUND (La Maison du docteur Edwardes) 1945
NOTORIOUS (Les Enchaînés) 1946
THE PARADINE CASE (Le Procès Paradine) 1947
ROPE (La Corde) 1948
STAGE FRIGHT (Le Grand Alibi) 1950
STRANGERS ON A TRAIN (L’Inconnu du Nord-Express) 1951
I CONFESS (La Loi du silence) 1953
DIAL M FOR MURDER (Le crime était presque parfait) 1954
REAR WINDOW (Fenêtre sur cour) 1954
TO CATCH A THIEF (La Main au collet) 1955
THE TROUBLE WITH HARRY (Mais qui a tué Harry ?) 1955
THE MAN WHO KNEW TOO MUCH (L’Homme qui en savait trop) 1956
VERTIGO (Sueurs froides) 1958
NORTH BY NORTHWEST (La Mort aux trousses) 1959
PSYCHO (Psychose) 1960
THE BIRDS (Les Oiseaux) 1963
TORN CURTAIN (Le Rideau déchiré) 1966
FRENZY (1972)



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