THE RECKLESS MOMENT (Les Désemparés) – Max Ophüls (1949) 

Réalisé entre Caught et La Ronde, The Reckless moment (Les Désemparés) est le dernier film de Max Ophuls tourné à Hollywood. Véritable joyau du film Noir porté par un souffle romanesque  caractéristique de l’univers du cinéaste, The Reckless moment peint une nouvelle fois le portrait d’une femme déchirée par sa conscience et victime de son rang social. Subliment photographié par Burnett Guffey (Birdman of Alcatraz) et subtilement mis en musique par Hans Salter (Bend of the River), cette oeuvre marque aussi la rencontre de deux acteurs d’exception ; James Mason (Five Fingers) et Joan Bennett (The Woman in the window, Scarlett Street) 

RITA HAYWORTH

Rita Hayworth fut une actrice magnifique, une vamp éblouissante, une pin-up d’anthologie, et pourtant la postérité ne lui rend pas justice. Elle l’associe avant tout à la séquence de Gilda (1946) où, vêtue d’une robe fourreau noire, elle joue avec les nerfs des hommes qui l’entourent et exécute une allégorie de striptease aussi torride que minimaliste, en ôtant simplement un gant. Mais ce personnage de sex-symbol castrateur, façonné par Harry Cohn, le patron de la Columbia, était à cent lieues de la véritable Rita Hayworth, comme le déclara Orson Welles : « Sa qualité essentielle était la douceur. On devinait en elle une richesse, une épaisseur qui la rendaient très intéressante, et que l’on trouve rarement chez une star de cinéma. »

PAL JOEY (La Blonde ou la Rousse) – George Sidney (1957)

Le chanteur de music-hall Joey Evans est un séducteur impénitent qui a la réputation de créer des tas d’ennuis à ceux qui l’emploient. Débarquant à San Francisco, il parvient à se faire engager dans un cabaret, où il entreprend de conquérir une jeune danseuse, mais cet homme ambitieux et sans scrupule va également tenter de séduire une femme du monde qui pourrait l’aider à monter son propre établissement.  Sortie en 1957, cette comédie musicale de George Sidney bénéficie de la présence de trois grandes stars (Rita Hayworth – Frank Sinatra – Kim Novak), ainsi que d’une bande originale entièrement signée Richard Rodgers et Lorenz Hart.  

GILDA – Charles Vidor (1946)

Si Gilda devient l’un des plus grands succès de l’année 1946 et entrera dans la mémoire collective des cinéphiles comme un classique du film Noir, il le doit à l’érotisme intense de son actrice principale. Rita Hayworth, ou plus exactement au strip-tease légendaire qui fit tourner la tête […]

A STAR IS BORN (Une Etoile est née) – George Cukor – 1954

Sorti en 1954, le film de George Cukor offre à Judy Garland son plus grand rôle dramatique, face à un James Mason tout aussi bouleversant. Genèse d’un chef-d’œuvre mutilé.  L’acteur Norman Maine est une star d’Hollywood, mais son désenchantement le conduit à boire de plus en plus. Lors d’une soirée de gala, il entre sur scène dans un état d’ébriété avancé, et ne doit son salut qu’à une jeune chanteuse, Vicky, dont la présence d’esprit lui permet d’éviter la catastrophe. Elle disparaît ensuite, mais Norman décide de la retrouver…

AN AMERICAN IN PARIS – Vincente Minnelli (1951)

Couvert d’oscars et de récompenses de toutes sortes, généralement porté aux nues, considéré souvent comme le plus grand « musical » de l’histoire du cinéma, Un Américain à Paris est le film qui a le plus contribué à la célébrité de Vincente Minnelli. Quand on parle de lui aux profanes, on peut se contenter de dire : c’est l’auteur de Un Américain à Paris. That’s Entertainment, laborieux film de montage, se termine, en apothéose, par son célébrissime ballet final. Un livre entier (The Magic Factory : How MGM Made An American in Paris), a été consacré au tournage. Tous les collaborateurs du film en parlent avec des sanglots dans la voix. Et pourtant, nous restons sur une étrange impression de réserve, car il s’agit d’un des films les plus inégaux de son auteur. Si le ballet final, maintes fois célébré, n’a rien perdu de son éclat, il  faut pourtant nuancer sur le reste et si, finalement, Un Américain à Paris était un des films les moins personnels de Minnelli ? Si sa réputation était, en partie du moins, usurpée ?

La découverte du cinéma japonais

L’arrivée sur les écrans occidentaux, au début des années 50, d’un certain nombre de films japonais allait susciter un intérêt considérable pour une production jusqu’alors presque ignorée. Mis à part un ou deux films muets, projetés brièvement, comme Carrefours (Jujiro, 1928) de Kinugasa, la découverte d’une production cinématographique […]