ODDS AGAINST TOMORROW (Le Coup de l’escalier) – Robert Wise (1959)

Dans ce film noir hors du commun, le thème classique du héros tragique va de pair avec l’inéluctabilité de l’échec Individuel, mais l’atmosphère sinistre caractéristique du genre est rendue ici par des images saisissantes. Des feuilles de journaux sont poussées par le vent dans les rues désertes, de la vapeur s’échappe des égouts et le soir, les lumières de la grande ville se reflètent dans les flaques d’eau. Le réalisateur Robert Wise parvient à transformer cette banlieue en un vaste paysage solitaire. 

TO CATCH A THIEF (La Main au collet) – Alfred Hitchcock (1955)

Ancien cambrioleur, « le Chat » doit prouver qu’il n’est pas responsable d’une nouvelle série de vol de bijoux sur la Côte d’Azur. L’intrigue policière sert de prétexte à un badinage plein de grâce et d’ironie. Les années 1950 comptent parmi les plus productives d’Hitchcock. En 1954, avec Grace Kelly et Cary Grant, le réalisateur tourna dans le sud de la FranceTo Catch a thief  (La Main au collet), une intrigue policière largement teintée d’humour et d’une grande beauté visuelle. Terminé en studio à Hollywood, ce « film léger », selon les termes d’Hitchcock lui-même, mais d’un charme irrésistible, obtiendra l’oscar de la meilleure photographie l’année suivante.

UNE PARTIE DE CAMPAGNE – Jean Renoir (1936)

Tourné en 1936 puis remonté dix ans plus tard, Une Partie de campagne demeure l’un des gestes les plus singuliers de Renoir, né d’un été chaotique où la nature imposait son rythme. Le film, bref et lumineux, porte encore la trace de ce tournage interrompu, entre orages, improvisations et camaraderie. Sa beauté tient autant à ce qu’il montre qu’à ce qu’il laisse en suspens, comme une parenthèse que le cinéma n’a jamais refermée

LES BAS-FONDS – Jean Renoir (1936)

L’action des Bas-fonds se situe à la fois dans la Russie des tsars et la France du Front populaire. Renoir n’a pas cherché à tricher. Seuls les noms, les costumes et quelques anecdotes de scénario rappellent le pays de Gorki. Le « réalisme extérieur » ne compte pas. L’auteur du Crime de monsieur […]

Jean Gabin : films en costumes

Sur les quatre-vingt-quinze films tournés par Gabin au cours de sa carrière, six seulement appartiennent au genre historique, pourtant fort à la mode durant toutes ces années : s’estimant trop « typé », l’acteur ne se sentait à l’aise que dans l’univers du XXe siècle. Dès ses débuts au music-hall […]

FRANÇOISE ARNOUL

Figure majeure des années 1950, Françoise Arnoul s’impose d’abord comme une rivale pétillante de Martine Carol, enchaînant les rôles sulfureux qui font d’elle un phénomène médiatique. Née en Algérie, formée à Paris, elle gravit les échelons du cinéma français avec une aisance déconcertante. Très vite, ses rencontres avec Verneuil, Renoir ou Carné révèlent une actrice bien plus subtile que l’image légère qu’on lui prête. De French Cancan à Des gens sans importance, elle impose une présence vibrante, à la fois populaire et profondément sensible. Si sa gloire s’estompe avec les années 1960, son nom demeure celui d’une étoile que les cinéphiles n’ont jamais cessé d’aimer.

KISS ME DEADLY (En quatrième vitesse) – Robert Aldrich (1955)

Adapté d’un best-seller de Mickey Spillane, Kiss Me Deadly (En quatrième vitesse) est le troisième film de Robert Aldrich. Film noir violent et sexy, parsemé de vamps et de cadavres, Kiss Me Deadly a été salué par les meilleurs critiques et rapidement été élevé au rang de film culte. Référence absolue pour de nombreux auteurs, de la Nouvelle Vague à Quentin Tarantino, cette aventure du célèbre dur-à-cuire Mike Hammer est un thriller totalement paranoïaque, au rythme effréné et au dénouement apocalyptique.

NOËL ROQUEVERT

S’il fut, dans nombre de ses films, à cheval sur le règlement – en gendarme, garde-champêtre, grognard ou vieille baderne – il n’en a pas moins fait sans doute, une fausse déclaration à son biographe, Yvon Floc Hlay, qui l’interrogeait sur ses débuts au cinéma (1). Noël Roquevert […]

THE PIRATE – Vincente Minnelli (1948)

Avant-garde ! A l’issue d’une projection de travail organisée le 29 août 1947 à la MGM, Cole Porter fait part de ses craintes au producteur Arthur Freed : selon lui, The Pirate risque fort de dérouter le public. Et de fait, malgré son affiche prestigieuse, la sortie de cette comédie musicale atypique va constituer un désastre financier, les recettes atteignant à peine la moitié du budget initial… D’où vient que ce film, aujourd’hui culte, n’a pas séduit en 1948 ? Il est certain que la manière dont The Pirate flirte sans cesse avec le second degré a de quoi surprendre à l’époque.