GUEULE D’AMOUR – Jean Grémillon (1937)

En attendant le feu vert pour L’Etrange Monsieur Victor, Jean Grémillon a eu le temps de réaliser Gueule d’amour, adapté par Charles Spaak d’un roman d’André Beucler. Nous sommes en 1937, et ce film qui devait être une parenthèse, une œuvre de circonstance, marquera au contraire un tournant dans la carrière du réalisateur : grâce au succès commercial qu’il obtient, il permet à Grémillon d’entamer la période la plus féconde de son œuvre et de produire régulièrement jusqu’en 1944, des films qui marquent une synthèse réussie entre ses exigences artistiques et les contraintes d’un cinéma populaire.

Témoignage : Pierre Chenal

Calomnié, oublié, malgré tous les orages, Pierre Chenal commence enfin à être reconnu parmi les grands cinéastes français. Après un documentaire, Les Petits métiers de Paris, en 1930, le jeune metteur en scène devient l’un des chefs de file du film noir à la française des années 35-39 […]

EDMOND T. GRÉVILLE ET PIERRE CHENAL : DEUX RÉALISATEURS MÉCONNUS

Quand on parle des grands réalisateurs des années 1930, ce sont toujours les mêmes noms qui viennent à l’esprit : Clair, Vigo, Renoir, Pagnol, Guitry, Gance, Duvivier, Carné… Et régulièrement on oublie un certain nombre de cinéastes qui ont joué un rôle important mais à qui les historiens du cinéma n’ont pas fait la place qui devrait leur revenir. Parmi ces oubliés, ou ces semi-oubliés de l’histoire, il en est deux qui doivent retenir l’attention : Edmond T. Gréville et Pierre Chenal.

CRISS CROSS (Pour toi, j’ai tué) – Robert Siodmak (1949)

Comme The Killers (Les Tueurs), mis en scène deux ans plus tôt par Robert Siodmak et produit par le même Mark Hellinger, Criss Cross (Pour toi, j’ai tué) décrit des personnages littéralement damnés et incapables d’échapper à leur destin. Ni Anna (Yvonne de Carlo), qui a tenté en trahissant les uns et les autres de se sauver elle-même, ni Steve (Burt Lancaster), éternel « looser » d’une Amérique florissante, ni Slim (Dan Duryea), le mauvais garçon au smoking blanc, ne parviendront à fuir la malédiction qui semble les poursuivre. Les deux premiers seront abattus par le troisième, futur prisonnier d’une police dont les sirènes annoncent déjà l’arrivée. Une fois de plus, c’est un monde nocturne que peint Siodmak, un monde dans lequel la police – symbolisée par Pete Ramirez – n’est pas plus sympathique que ceux qu’elle combat en pratiquant les mêmes compromissions et les mêmes trahisons. Alors que souvent le film noir oppose à cette société corrompue et corruptible la tendresse désespérée d’un couple traqué, Criss Cross est un constat tragique, à l’image de son héros trahi.

RICHARD WIDMARK

Aussi à l’aise dans les ruelles nocturnes du polar que dans les vastes plaines du western, l’acteur a connu une carrière hollywoodienne aussi fulgurante que prolifique. Portrait d’un comédien à l’indépendance farouche. Né dans une petite ville du Minnesota, Richard Widmark fait partie de ces acteurs ayant découvert […]

DON’T BOTHER TO KNOCK (Troublez-moi ce soir) – Roy Baker (1952)

« Vous n’avez encore jamais rencontré ce genre de fille» scandait en juillet 1952 la campagne de presse de Don’t bother to knock (Troublez-moi ce soir) à propos du rôle inquiétant tenu par Marilyn dans le film. Avec le recul, on serait tenté d’ajouter que l’on n’a pas non plus rencontré depuis lors « ce genre de fille » dans la filmographie de la star. Car le personnage de Nell Forbes, baby-sitter occasionnelle affligée de graves troubles mentaux, s’avère aux antipodes du registre outrageusement glamour qui sera par la suite celui de Marilyn.