SABOTAGE (Agent secret) – Alfred Hitchcock (1936)

Londres est victime d’un sabotage qui plonge la ville dans le noir. La police soupçonne Carl Verloc. Le tenancier d’un cinéma de quartier pourra-t-il, bien que surveillé, continuer ses activités terroristes sans causer sa propre perte ? À la sortie de Sabotage (Agent secret), en 1936, le public comme la presse cria au scandale. On n’assassine pas de la sorte un jeune garçon ! Ce jugement moral fait fi des qualités extraordinaires du chef-d’œuvre le plus sombre de la période anglaise d’Hitchcock. Sabotage est un film d’une grande rigueur qui s’inscrit parmi les meilleurs thrillers psychologiques du maître.

LE POIDS DU PASSÉ DANS LE FILM NOIR

Les héros du film noir sont souvent des êtres hantés par leur passé. De fait, ce poids du passé est sans doute l’un des thèmes majeurs du genre. Dans le classique de Robert Siodmak The Killers (Les Tueurs, 1946), basé sur la nouvelle d’Ernest Hemingway, le personnage principal, Swede (Burt Lancaster), attend avec résignation d’être tué par deux voyous, sachant que son passé a fini par le rattraper…

Hollywood et le nazisme

Le cinéma américain pouvait difficilement ignorer la réalité du nazisme et du fascisme en Europe, mais les réflexions qu’elle lui inspira ne furent pas toujours à la hauteur de ce qu’on en attendait. Elles allèrent d’une certaine indifférence à la neutralité, avec de rares moments de franche opposition. […]

SUMMER STOCK (La Jolie fermière)– Charles Walters (1950)

Dernière comédie musicale de Judy Garland à la MGM, Summer stock (La Jolie fermière) séduit aujourd’hui encore par sa fraîcheur. Certes, le film souffre un peu d’un scénario relativement prévisible, et de seconds rôles aussi envahissants que décalés par rapport à ses deux grandes stars. Mais il y a, justement, ces deux grandes stars, réunies à l’écran pour la troisième et dernière fois…

ENTRE ONZE HEURES ET MINUIT – Henri Decoin (1949)

Entre onze heures et minuit use d’un subterfuge. Jouvet, inspecteur de police, enquête sur l’assassinat d’un trafiquant. Or, la victime lui ressemble comme un sosie. A partir de ce point de départ, Decoin a réalisé un film des plus bavards, dont la ligne est simple – l’inspecteur se faisant passer pour le mort – et le dénouement improbable – l’enquête amène à soupçonner, puis à confondre une élégante directrice de maison de couture, qui s’était éprise du truand.

SUNRISE (L’Aurore) – F. W. Murnau (1927)

Film né d’un pari insensé et d’une liberté presque absolue, L’Aurore (Sunrise) demeure l’un de ces rares moments où le cinéma semble se réinventer à chaque plan. Entre expressionnisme et impressionnisme, entre rêve et réel, Murnau compose un monde autonome où la lumière devient force morale, la caméra conscience mouvante, et le récit un chant universel sur le désir, la faute et la renaissance. Près d’un siècle après sa sortie, ce « Song of Two Humans » continue de se lever, intact, comme si son aurore n’avait jamais cessé d’illuminer l’histoire du cinéma.

MIQUETTE ET SA MÈRE – Henri-Georges Clouzot (1950)

Clouzot ne compte que quatre films à son actif, mais il fait déjà partie de l’élite des réalisateurs français. L’Assassin habite au 21 a été un grand succès public ; Le Corbeau bien que controversé  et Quai des orfèvres méritent le qualificatif de chefs-d’œuvre. Pour de nombreux exégètes de Clouzot, Miquette et sa mère est considéré comme un passage à vide dans son œuvre.

ABUS DE CONFIANCE – Henri Decoin (1937)

Abus de confiance est un beau mélodrame. Selon la règle, il oscille entre le sordide et l’opulence, s’ouvre sur l’image d’un cimetière, trouve sa conclusion dans un prétoire. La vertu de Danielle Darrieux, orpheline de bonne éducation, éprouvée par la pauvreté, subit les pires assauts, et, si la jeune fille écoute les funestes conseils d’une amie, c’est à la fois par lassitude, par imprudence, et par goût secret du romanesque. Or, du moment où elle accepte l’idée d’un abus de confiance, où, tendant une correspondance jaunie, elle se présente comme l’enfant de l’amour d’un romancier célèbre, tout autour d’elle devient clair et fleuri.