Née en 1929 de la fusion de la RCA et de la chaîne de cinémas Keith-Albee-Orpheum, la RKO va se hisser rapidement au rang des « majors companies », mais cessera ses activités en 1956.

Curieusement, la RKO est née d’une initiative anglaise. A l’origine de la future compagnie hollywoodienne, on trouve en effet un petit studio ouvert en 1920 à Hollywood par la société britannique Robertson-Cole, jusque-là spécialisée dans l’importation d’automobiles aux États-Unis. En dépit de son envergure modeste, la Robertson-Cole a néanmoins sous contrat plusieurs grandes vedettes du muet, comme Sessue Hayakawa, Mae Marsh et Zasu Pitts, mais sa star incontestée est Pauline Frederick.

Réorganisée en 1923, la Robertson-Cole prend le nom de Film Booking Office of America (FBO), dont les activités restent encore assez restreintes (de 1926 à 1929, la firme aura pour président Joseph P. Kennedy, père du futur président des Etats-Unis). Début 1929, la FBO est absorbée par la Radio Corporation of America (RCA) et à la fin de cette même année, la RCA fusionne avec la chaîne de cinémas Keith-Albee-Orpheum : la Radio Keith-Albee-Orpheum ou RKO est née. Le premier film entièrement parlant produit sous ce sigle Street girl (1929), est tourné à Hollywood dans les vieux studios Robertson-Cole.





La nouvelle maison de production réussit à s’assurer la collaboration de vedettes de premier plan comme Bebe Daniels, Dolores del Rio, Richard Dix, Irene Dunne, Constance Bennett, Ann Harding et Joel McCrea. L’année 1930 est placée sous le signe de la comédie musicale et du film de gangsters : Hit the deck, avec des chansons de Leo Robin, et Dixiana, avec Bebe Daniels, obtiennent un vif succès, de même que Mary Astor, la petite amie du gangster dans The Runaway bride, et Richard Dix dans Shooting straight. Lowell Sherman se dirige lui-même dans The Pay-off, où il incarne un chef de gang.

Western, mélodrame et musical
En 1931 la RKO accède à la consécration officielle : Cimarron (La Ruée vers l’ouest), un western épique au budget astronomique de 1 700 000 dollars reçoit l’Oscar du meilleur film. Mais le studio se spécialise néanmoins dans le mélodrame larmoyant, où excellent Ann Harding, Irene Dunne et surtout Constance Bennett, citons : Devotion, Born to Love et The Common law, tous trois produits en 1931.




David O. Selznick, directeur de la production en 1931-1932, est soucieux d’améliorer l’image de marque de la RKO et il mise sur la qualité. C’est- ainsi qu’il engage le metteur en scène George Cukor, dont What price Hollywood (1932) est une première version de A Star is born (Une étoile est née). La même année, Cukor réalise A Bill of divorcement (Héritage) : une actrice débutante, Katharine Hepburn, devient ainsi une star. Le prestige de la RKO est définitivement assuré l’année suivante avec le fameux King Kong d’Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper, une fastueuse production qui est aussi une éblouissante démonstration de virtuosité technique. Le monde entier admire le talent des décorateurs et des responsables des effets spéciaux.



Cependant la comédie musicale reste la valeur la plus sûre de la RKO, qui peut s’enorgueillir à juste titre de posséder dans son écurie le couple vedette Fred Astaire-Ginger Rogers. C’est ainsi que Flying down to Rio (Carioca, 1933) sera suivi de toute une série de films « sur mesure » où le célèbre tandem virevolte avec un entrain communicatif : The Gay divorcee (La Joyeuse Divorcée, 1934), Roberta et Top hat (Le Danseur du dessus) en 1935, Follow the fleet (Suivons la flotte) et Swing time (Sur les ailes de la danse) en 1936, Shall we dance (L’Extravagant M Petroff, 1937), Carefree (Amanda, 1938) et enfin The Story of Vernon and Irene Castle (La Grande Farandole, 1939), après lequel les deux partenaires se séparent, au grand dam des cinéphiles.









Les pionniers de la couleur
En 1933, Merian C. Cooper remplace David 0. Selznick comme directeur de la production. Sous sa houlette, la RKO produit le premier long métrage utilisant le nouveau procédé Technicolor en trichromie : Becky Sharp (1935) de Rouben Mamoulian, avec Miriam Hopkins. Mais la production la plus ambitieuse de cette année 1935, celle aussi qui rencontrera le plus gros succès, sera The Informer (Le Mouchard) de John Ford. Ce magistral tableau d’un Dublin déchiré par les passions et la guerre civile en 1922 remportera l’Oscar du meilleur film (mais il faut aussi citer le brillant scénario de Dudley Nichols, les superbes décors de Van Nest Polglase et l’étonnante interprétation de Victor McLaglen).



L’année suivante, Cukor dirige une nouvelle fois Katharine Hepburn, aux côtés de Cary Grant, dans Sylvia Scarlett (1936), l’un de ses films préférés. Mais le succès se fera attendre, peut-être, comme l’a suggéré Cukor, parce que le public est dérouté par le fait que Miss Hepburn est déguisée en homme pendant la majeure partie du film ou peut-être encore à cause des relations insolites des deux partenaires.





Pandro S. Berman, qui succède à Cooper, produit en 1936 Mary of Scotland (Mary Stuart), avec Katharine Hepburn dans le rôle de l’infortunée reine d’Écosse. Ford fait ici une incursion dans le film historique à costumes, avant de revenir à l’Irlande insurgée en adaptant une célèbre pièce de O’Casey dans The Plough and the Stars (Révolte à Dublin, 1936). La même année, Berman produit Winterset (Sous les ponts de New York), adapté d’une pièce de Maxwell Anderson qui a reçu le prix Pulitzer. En 1937, Ginger Rogers, abandonnant momentanément Fred Astaire, tourne Stage Door (Pension d’artistes) de Gregory La Cava.



En dehors de sa propre production, la RKO distribue également les films de producteurs indépendants comme Samuel Goldwyn ou Walt Disney. David O. Selznick lui-même, resté très attaché à la RKO, accepte volontiers de « prêter » à la firme ses acteurs ou ses metteurs en scène les plus prestigieux : ce sera le cas d’Alfred Hitchcock et de Joan Fontaine pour Suspicion (Soupçons, 1941) ou encore de Dorothy McGuire pour The Spiral staircase (Deux mains la nuit, 1946) de Robert Siodmak.






1939, année particulièrement faste pour Hollywood, ne sera guère marquée à la RKO que par deux films importants : le Gunga din de George Stevens, très librement inspiré de Kipling, et le The Hunchback of Notre-Dame (Quasimodo) de William Dieterle, intéressante adaptation de Victor Hugo (en dépit du ridicule « happy end » très hollywoodien), magistralement interprétée par Charles Laughton. Dans les années 1940, la firme cherche toujours à s’affirmer par la qualité de ses réalisations. John Cromwell tourne une vie de Lincoln, Abe Lincoln in Illinois (Abraham Lincoln, 1940). La même année, Ginger Rogers surprend ses admirateurs dans un rôle non musical, The Primrose Path, tandis que Dorothy Arzner, la seule femme réalisatrice de Hollywood, tourne Dance, Girl, Dance, une comédie musicale aux revendications déjà très féministes.





En 1940 encore, George Schaefer, le nouveau président de la RKO, signe un accord avec Orson Welles et sa société la Mercury Productions, pour la production de Citizen Kane (1940) et de The Magnificent Ambersons (La Splendeur des Amberson, 1942). En dépit de leur retentissement considérable, ces deux œuvres importantes n’auront pas le succès commercial escompté et la RKO ne reculera devant aucun moyen pour se débarrasser de Welles et de son équipe. Welles, plutôt vindicatif de tempérament, partira en laissant inachevée une production coûteuse, pour les besoins de laquelle il était parti en Amérique du Sud… Les rancunes seront longues à s’éteindre de part et d’autre.

Le règne de Charles Koerner
En 1941, Charles Koerner est nommé directeur de production de la RKO. Ce publicitaire intelligent et avisé entreprend une série de sondages auprès du public. S’appuyant sur leurs résultats, il définit une nouvelle politique de production axée sur l’économie : réduction des budgets et meilleure exploitation des titres en stock. Il procède également au rachat des Liberty Productions – un groupe dont font partie des réalisateurs aussi chevronnés que Frank Capra et George Stevens – et engage Val Lewton pour superviser les films de série B. Cette gestion clairvoyante porte bientôt ses fruits : Cat people (La Féline) et Hitler’s Children, réalisés en 1942 avec des moyens réduits, enregistrent un nombre d’entrées tout à fait inespéré tout en obtenant un honorable succès critique. Citons encore une série de thrillers d’un niveau nettement supérieur à la moyenne, The Falcon, interprétés successivement par George Sanders puis par son frère Tom Conway qui lui succède dans The Falcon Strikes back(1943).



Vers le milieu des années 1940 le film noir est à son apogée. La RKO se taillera un succès avec Murder my sweet (Adieu ma belle, 1944) d’Edward Dmytryk, première incarnation à l’écran du célèbre détective privé Philip Marlowe, créé par Raymond Chandler. L’univers onirique du film noir se reflétera d’ailleurs dans d’autres genres cinématographiques qui subiront son influence, notamment dans les films fantastiques produits par Val Lewton, comme I Walked with a zombie (Vaudou) et The Seventh victim (La Septième victime) tous deux de 1943.






L’âge d’or de la RKO
Au lendemain de la guerre, la RKO enregistre plusieurs éclatants succès : The BelIs of St Mary’s (Les Cloches de Sainte-Marie, 1945), avec Bing Crosby et Ingrid Bergman, battent tous les records de recettes. Quant à John Wayne, il continue imperturbablement à combattre les « méchants » Japonais, pour la plus grande joie du public, dans Back to Bataan (Retour aux Philippines, 1945). Début 1945, Koerner meurt brusquement d’une leucémie foudroyante et il est remplacé par Dore Schary. Sous la direction de ce dernier, la RKO va connaître encore une période particulièrement faste, qui durera jusqu’à l’arrivée de Howard Hughes, en 1948. Parmi les meilleures réussites, citons notamment The Spiral staircase de Robert Siodmak, It’s a wonderful life (La vie est belle) de Frank Capra, et The Locket (Le Médaillon), tous deux de 1946, ou encore Crossfire (Feux Croisés) d’Edward Dmytryk et Out of the past (La Griffe du passé) de Jacques Tourneur, qui datent de 1947. Notons que tous ces films ont été produits avant la démission de Dore Schary en 1948.





La liste est longue des réalisateurs de talent qui ont travaillé pour la RKO, soit dans le cadre des films de série B, soit pour les productions de prestige : on y trouve les noms de Jacques Tourneur, Nicholas Ray, Anthony Mann, Don Siegel, Robert Wise, Edward Dmytryk, etc. En ce qui concerne les stars sous contrat, qu’il suffise de citer Fred Astaire, Henry Fonda, Robert Mitchum, Robert Ryan, Cary Grant, Joan Fontaine, Maureen O’Hara, Loretta Young, Rosalind Russell …



Hélas, la qualité de la production baisse sérieusement à partir de 1950 et l’on n’en peut guère retenir que quelques films de valeur comme The Set up (Nous avons gagné ce soir, 1949) de Robert Wise, The Thing (La Chose d’un autre monde, 1951), de Christian Nyby et Howard Hawks ou Ranche Notorious (L’Ange des maudits) de Fritz Lang et The Narrow margin (L’Enigme du Chicago-Express) de Richard Fleischer, sortis tous deux en 1952. Ce déclin coïncide avec l’arrivée de Howard Hughes, qui montre peu de discernement, tant en ce qui concerne les nouvelles productions que la réédition des anciens succès. Beaucoup de contrats ne sont pas renouvelés. Hughes va d’ailleurs perdre beaucoup d’argent avec deux films interprétés par John Wayne; Jet Pilot (Les Espions s’amusent, 1951), de Joseph von Sternberg, dont on retiendra d’étonnants ballets d’avions très érotiques, et The Conqueror (Le Conquérant, 1956), pesante superproduction où Wayne campe un Gengis Khan pour le moins inattendu.



Hughes, pour qui le studio n’est qu’un jouet coûteux, ne se préoccupe guère de l’avenir de la RKO et, en 1956, il décide d’arrêter les frais. Par une étrange ironie du sort, c’est Lucille Ball – qui a été l’une des plus brillantes étoiles de la firme – qui devient en 1957 propriétaire des studios lorsque ceux-ci sont rachetés par la Desilu, la société de télévision qu’elle dirige avec son mari Desi Arnaz. Il est vrai que les activités des grandes compagnies s’éloignent ensuite du noble art du cinématographe. [La grande histoire illustrée du 7ème art – Editions Atlas (1983)]


LE SYSTÈME DES STUDIOS
Le système des studios, phénomène typiquement hollywoodien, domina pendant plus de vingt ans la production cinématographique américaine. Il est difficile d’apprécier, aujourd’hui encore, dans quelle mesure cette structure rigide répondait à une réelle et impérieuse nécessité.

SHALL WE DANCE (L’Entreprenant M. Petrov) – Mark Sandrich (1937)
Comment continuer à attirer le public dans les salles quand on lui a déjà proposé coup sur coup six films de Fred Astaire et Ginger Rogers, dont quatre reposant sur des chansons d’Irving Berlin et de Jerome Kern ? Débordant de fantaisie et de romance, ce film de 1937 associe aux talents de Fred Astaire et Ginger Rogers ceux d’Ira et George Gershwin. Sans pour autant attirer les foules.

CAREFREE (Amanda) – Mark Sandrich (1938)
Sortie aux États-Unis le 2 septembre 1938, la huitième comédie musicale de Fred Astaire et Ginger Rogers leur permet de danser une fois encore sur les belles mélodies d’Irving Berlin.

BRINGING UP BABY (L’Impossible Monsieur Bébé) – Howard Hawks (1938)
Un chien, un léopard, une clavicule de brontosaure, une héritière foldingue, un savant ahuri : tels sont les principaux ingrédients de ce grand classique de la comédie américaine, L’Impossible Monsieur Bébé d’Howard Hawks… Quiproquos et poursuites s’enchaînent à un rythme échevelé dans le film où un paléontologue, à la recherche de la pièce manquante du squelette d’un brontosaure, ne trouve dans sa quête qu’une femme riche et extravagante, tombée amoureuse de lui. Humour, élégance, fantaisie : la classe quoi.

CITIZEN KANE – Orson Welles (1941)
Depuis 1962, le sondage annuel du magazine Sight & Sound place Citizen Kane en tête des meilleurs films de l’histoire du cinéma. La légende de Citizen Kane vient en partie du fait que Welles avait vingt-quatre ans à l’époque, mais aussi du rapprochement évident entre Kane et le magnat de la presse William Randolph Hearst. Celui-ci remua ciel et terre pour interrompre la production du film puis, incapable d’en empêcher la sortie, il fit tout pour le discréditer. Mais au-delà de remue-ménage, Citizen Kane est une œuvre d’une importance majeure, pour maintes raisons…

CAT PEOPLE (La Féline) – Jacques Tourneur (1942)
Irena, une jeune dessinatrice, fait la connaissance d’Oliver au zoo de Central Park. Ils se marient, mais une malédiction la terrorise : sur le coup du désir ou de l’émotion, les femmes de sa lignée se transformeraient en panthère… En 1942, Val Lewton, producteur de films fantastiques chez RKO, confie à Jacques Tourneur une étrange histoire de désir et d’horreur. Cat People (La Féline) se tourne en vingt et un jours, et Simone Simon, la petite Française, lui prête son minois énigmatique.

MURDER, MY SWEET (Adieu, ma belle) – Edward Dmytryk (1944)
Les films noirs qui mettent en scène un personnage de détective privé ne sont pas si nombreux qu’on le croit. Il n’en existe qu’une douzaine environ et près de la moitié d’entre eux sont tirés de romans du célèbre écrivain Raymond Chandler, dans lesquels figure le personnage emblématique de Philip Marlowe. Bien que « Farewell, my Lovely » et « The High Window » aient déjà été portés à l’écran, ces adaptations avaient été remaniées pour d’autres détectives privés. C’est donc dans la version de Dmytryk et sous les traits de Dick Powell qu’apparaît pour la première fois au cinéma le personnage de Marlowe.

THE WOMAN IN THE WINDOW (La Femme au portrait) – Fritz Lang (1944)
Le thème central de Woman in the Window est le doppelgânger avec sa problématique du double, du bien et du mal. Wanley est lui- même la clé de cet univers contradictoire ; d’une part, père de famille bourgeois, responsable, sobre, que parfois effleure l’ennui, d’autre part, aventurier impulsif qu’une liaison pourrait fort bien mener au meurtre ou au suicide…

NOTORIOUS (Les Enchaînés) – Alfred Hitchcock (1946)
Il est des sujets qui donnent des ailes à Hitchcock. L’amour en fait partie. Le film sorti en 1946, sur lequel le réalisateur avait commencé à travailler avec son scénariste Ben Hecht avant même la fin de la guerre, transcende les genres cinématographiques et atteint au chef-d’œuvre absolu. Plus encore qu’avec le scénario, c’est derrière la caméra qu’Hitchcock donna la mesure de son talent, façonnant Notorious au gré du tournage avec une maîtrise vérifiée à chaque instant.

OUT OF THE PAST (La Griffe du passé) – Jacques Tourneur (1947)
Le titre même du film évoque pleinement le cycle noir : le protagoniste Jeff, incarné par Robert Mitchum, marqué par le destin, porte sur son visage cette fatalité qui se lit dans son regard sombre et sans joie ; Jane Greer fait une très belle prestation dans le rôle de Kathie, la femme érotique, et destructrice ; le scénario de Mainwaring réussit, quant à lui, à , déterminisme implacable qui resserre le présent et le futur de Jeff, grâce au procédé du flash-back, enfin, les éclairages sombres du chef opérateur, Nicholas Musuraca, un familier des films noirs, soulignent parfaitement la sensibilité tragique de Tourneur.

THEY LIVE BY NIGHT (Les Amants de la nuit) – Nicholas Ray (1948)
« Ce n’est pas un film de gangsters, un récit sordide de sang et de misère, précise Nicholas Ray à ses producteurs, pour son premier film, mais l’histoire d’amour de deux jeunes gens qui n’ont jamais été correctement présentés au monde. » Terrifiés par le pamphlet social qu’ils sentent en filigrane (l’action se situe dans les années 30, en pleine crise économique), les responsables du studio RKO repoussent, remanient, censurent le scénario.

HIS KIND OF WOMAN (Fini de rire) – John Farrow et Richard Fleischer (1951)
En 1950, Robert Mitchum avait déjà à son actif quelques uns de ses meilleurs films mais il est encore jeune et au sommet de sa célébrité. Les studios se donnaient désormais le temps et les moyens de mettre en valeur ce sex-symbol dans des grosses productions, aux côtés de partenaires féminines à la hauteur.

CLASH BY NIGHT (Le Démon s’éveille la nuit) – Fritz Lang (1952)
Clash by night est un film au scénario sans prétention, mais la banale histoire du triangle amoureux est rehaussée par l’étude subtilement graduée des personnages complexes qui ne sont jamais manichéens. Barbara Stanwyck, dans le rôle de Mae, campe une femme libre au passé douteux, trompant son mari, mais douée d’une grande liberté d’imagination et capable de reconnaître les failles de son propre système.

ANGEL FACE (Un si doux visage) – Otto Preminger (1952)
Dès la séquence d’ouverture, où Frank, l’ambulancier, est appelé dans la propriété de Diane, une menace plane. Cette sensation d’avancer au bord d’un précipice ne nous quittera plus jusqu’à la scène finale. Aussi fascinante que Laura, le grand classique de Preminger, cette histoire diabolique unit deux êtres très différents, mais qui ont en commun un certain mystère. Autant Mitchum, en chauffeur monolithique, intrigue par son caractère taciturne et son impuissance résignée, autant Jean Simmons déconcerte en offrant un visage double, maléfique et gracieux, intraitable et fragile.
- ROBIN AND THE 7 HOODS (Les Sept voleurs de Chicago) – Gordon Douglas (1964)
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Catégories :Histoire du cinéma


Très intéressant. J’avoue que de ce studio je ne connais absolument rien. Maintenant j’en connais son histoire 🙂 . Merci.
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Un studio mythique qui apparaît aussi régulièrement dans la littérature policière, chez James Ellroy notamment. Bravo pour votre travail très instructif.Je regarde encore régulièrement des films portant ce label.
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