MIQUETTE ET SA MÈRE – Henri-Georges Clouzot (1950)

Clouzot ne compte que quatre films à son actif, mais il fait déjà partie de l’élite des réalisateurs français. L’Assassin habite au 21 a été un grand succès public ; Le Corbeau bien que controversé  et Quai des orfèvres méritent le qualificatif de chefs-d’œuvre. Pour de nombreux exégètes de Clouzot, Miquette et sa mère est considéré comme un passage à vide dans son œuvre.

ABUS DE CONFIANCE – Henri Decoin (1937)

Abus de confiance est un beau mélodrame. Selon la règle, il oscille entre le sordide et l’opulence, s’ouvre sur l’image d’un cimetière, trouve sa conclusion dans un prétoire. La vertu de Danielle Darrieux, orpheline de bonne éducation, éprouvée par la pauvreté, subit les pires assauts, et, si la jeune fille écoute les funestes conseils d’une amie, c’est à la fois par lassitude, par imprudence, et par goût secret du romanesque. Or, du moment où elle accepte l’idée d’un abus de confiance, où, tendant une correspondance jaunie, elle se présente comme l’enfant de l’amour d’un romancier célèbre, tout autour d’elle devient clair et fleuri.

FILM NOIR : BEAUTÉS FATALES

l est surprenant de lire, ici et là, que le film noir est un genre exclusivement masculin, alors que la motivation du comportement de ses personnages est souvent le désir sexuel et que les drames y sont provoqués à cause d’une femme à la sensualité dévorante ou bénéficiant d’une beauté exceptionnelle.

RAZZIA SUR LA CHNOUF – Henri Decoin (1954)

Rebondissant sur le succès surprise de Touchez pas au grisbi, Gabin se lance en 1954 dans l’aventure de Razzia sur la chnouf. Un polar qui, grâce à l’habileté du cinéaste Henri Decoin, rejoindra tout naturellement la liste des grands films de l’acteur. Dans ce film, Gabin peaufinera le personnage qui dominera la seconde partie de sa carrière : le dur à cuire impitoyable mais réglo.

THE BARKLEYS OF BROADWAY (Entrons dans la danse) – Charles Walters (1949)

Epoux à la ville, Josh et Dinah Barkley forment également un duo de music-hall très populaire. Mais lors d’une réception, le couple rencontre le metteur en scène français Jacques Barredout, qui se met en tête de faire de Dinah une héroïne de tragédie. Celle-ci quitte alors le spectacle qu’elle joue avec son mari pour se lancer dans cette nouvelle carrière. Mais Dinah va bientôt s’apercevoir que le théâtre « noble » n’est pas une mince affaire… Confirmant sa suprématie dans le genre musical, la MGM orchestre en 1949 le retour à l’écran des légendaires Fred Astaire et Ginger Rogers, qui menaient depuis dix ans une carrière solo.

LES INCONNUS DANS LA MAISON – Henri Decoin (1942)

Avocat déchu et alcoolique, Hector Loursat vit reclus avec sa fille Nicole et sa servante Fine depuis qu’il a été abandonné par sa femme dix-huit ans plus tôt. Une nuit, une détonation retentit dans la maison et il retrouve un cadavre dans le grenier… Adaptation de Georges Simenon sur un scénario d’Henri-Georges Clouzot, le film fut tourné pendant la guerre pour la Continental, une société de production alors régentée par les Allemands: Henri Decoin batailla sans succès pour que le criminel ne soit pas juif. Raimu y est magistral. «Ce qui est frappant et rare pour l’époque, c’est l’attention constante que le cinéaste porte aux adolescents. Ceux qu’il montre, ici, paraîtront évidemment bien démodés aux jeunes générations. Mais, si le vocabulaire est différent, la solitude est la même» [Pierre Murat, Télérama].

Les Nouvelles héroïnes

Dans le climat dramatique de la dépression, le cinéma créa un nouveau type de femme  celle qui cherche, avec bien des contradictions, à affirmer une personnalité propre. Jusqu’en 1927, le cinéma avait été par définition un moyen d’expression purement visuel ; l’action étant considérée comme une prérogative masculine, […]

RETOUR A L’AUBE – Henri Decoin (1938)

Un soir de mai 1938, une foule immense accueille à la gare Saint-Lazare Danielle Darrieux (et, accessoirement, son mari) de retour d’Hollywood. Ils commencent rapidement le tournage de ce qui va devenir le plus beau film de cette période, Retour à l’aube. Adapté d’une nouvelle de Vicky Baum, le film est tourné en partie en Hongrie. Le thème évoque les courts romans de Stefan Zweig par sa simplicité : Anita Ammer, femme du chef de gare d’une petite ville de province, doit se rendre à Budapest pour toucher un héritage. Elle y passera une nuit qui changera sa vie pour toujours.

JAMAICA INN (La Taverne de la Jamaïque) – Alfred Hitchcock (1939)

En trouvant refuge chez l’excentrique Sir Pengallan, l’innocente Mary Yellard ignore que, loin d’échapper à la bande de pillards qui règne à la Taverne de la Jamaïque, elle se jette dans la gueule du loup… Soucieux de donner plus d’ampleur à sa carrière, Hitchcock se tourna à la fin des années 1930 vers les États-Unis. Son départ était déjà prévu quand il entreprit la réalisation d’une œuvre ambitieuse, un film-tempête entièrement tourné en studio, sans concession pour le pays qu’iI s’apprêtait à quitter – l’Angleterre.

FOLIES-BERGÈRE (Un Soir au music-hall) – Henri Decoin (1957)

Pourquoi ne pas penser qu’à Paris on puisse tourner un film à la gloire du music-hall – mieux encore à la gloire des Folies Bergère – qui, malgré la sclérose d’une tradition un peu trop établie, continuent à drainer rue Richer la foule des provinciaux et la cohorte des étrangers. On pouvait disposer comme têtes d’affiche de Zizi Jeanmaire, qui, en plus de ses talents de danseuse, laissait deviner une personnalité de comédienne, et d’Eddie Constantine qui commençait à se fatiguer et à lasser le public avec les éternelles resucées des romans de Peter Cheyney.

GENTLEMEN PREFER BLONDES (Les Hommes préfèrent les blondes) – Howard Hawks (1953)

Ce premier rôle de Marilyn Monroe dans une comédie musicale lui permit de révéler l’incroyable potentiel artistique qu’elle avait en elle : jouer, chanter, danser… Elle mit un tel cœur à démontrer ces qualités, et dépensa une telle énergie à les travailler que ce film est resté célèbre. En fait, le rôle de Lorelei Lee que Marilyn interprète dans Gentlemen prefer blondes devait être attribué à Betty Grabble, sex-symbol officiel de l’époque et actrice beaucoup plus chevronnée que Marilyn alors au début de sa carrière. Mais Marilyn avait agi en coulisses pour que, finalement, on finisse par lui donner sa chance. Et c’est le jour de ses vingt-six ans qu’elle apprit qu’elle serait Lorelei !