La Comédie musicale

GYPSY (Gypsy Vénus de Broadway) – Mervyn LeRoy (1962)

Adapté d’un succès de la scène, le film de Mervyn LeRoy relate la carrière d’une strip-teaseuse pas comme les autres. Un rôle qui permet à Natalie Wood de changer radicalement d’image.

En se lançant dans l’adaptation du musical Gypsy, le réalisateur Mervin LeRoy se trouve confronté à un problème délicat : comment évoquer la carrière d’une célèbre strip-teaseuse sans s’attirer les foudres de la censure ? Broadway est en effet moins strict en matière de sexe que le fameux code qui régit Hollywood, même si son application commence à se relâcher un peu en ce début des années 1960. LeRoy fait donc tout son possible pour rendre l’activité de Miss Gypsy Rose Lee acceptable : le vocabulaire est châtié, et les numéros simplement suggestifs. Pour le spectateur d’aujourd’hui, l’intérêt du film n’est donc pas dans son érotisme – si tant est que l’on puisse même employer ce mot, compte tenu de nos critères actuels… Non, ce qui retient ici l’attention ce sont les comédiens, de la tempétueuse Rosalind Russell à la timide Natalie Wood, et bien sûr les nombreuses chansons signées par le compositeur Jule Styne (Gentlemen prefer bondes, Funny Girl) et le parolier Stephen Sondheim. Les fans de ce dernier prendront plaisir à découvrir les textes écrits en 1959 pour le spectacle original, bien avant que le créateur de Sweeney Todd ne devienne le roi incontesté de Broadway.

Avant d’être un film, Gypsy était un spectacle de Broadway, lui-même inspiré des mémoires de la véritable Gypsy Rose Lee. La célèbre strip-teaseuse a acquis au cours des années 1930 une notoriété nationale grâce à des numéros où l’effeuillage se mêlait à un humour spirituel. Proche de l’intelligentsia new-yorkaise, Gypsy s’est forgée une réputation de « strip-teaseuse intellectuelle », dont Rodgers et Hart se sont gentiment moqués dans la chanson Zip, écrite pour Pal Joey (« Zip ! I was reading Schopenhauer last night, Zip ! And I thought that Schopenhauer was right »…). Dans son autobiographie parue en 1957, cette artiste étonnante – elle a également écrit deux romans policiers – évoque ses relations avec sa terrible mère Rose, et avec sa sœur, l’actrice June Havoc. Une telle destinée avait évidemment de quoi inspirer un spectacle de Broadway. Composé par Arthur Laurents pour le livret, Stephen Sondheim pour les paroles et Jule Styne pour la musique, le musical Gypsy offre en 1959 un nouveau triomphe à la vedette Ethel Merman, parfaite dans le rôle de Rose.

Lorsqu’on commence à parler d’une adaptation au cinéma, Ethel Merman compte bien sûr y reprendre sa création. Mais les droits ont été acquis par le producteur Frederick Brisson, qui se trouve être le mari de Rosalind Russell. Quand Brisson se met d’accord avec la Warner pour lancer le projet, c’est évidemment cette actrice qui est choisie pour jouer Rose – d’autant plus qu’elle est une vraie star de cinéma, contrairement à Merman. Le rôle de Gypsy est confié par ailleurs à la jeune Natalie Wood, qui vient de triompher dans West Side Story. Lors du tournage de Gypsy, qui commence en janvier 1962, Rosalind Russell est un peu inquiète de la nouvelle célébrité de sa partenaire, la jolie « Maria » risquant fort de lui voler la vedette. Les rapports entre les deux actrices s’en ressentent inévitablement, et l’une des tâches du metteur en scène consiste à gérer sur le plateau les batailles d’egos. Heureusement, Mervyn LeRoy en a vu d’autres. Ce vétéran a exercé tous les métiers du cinéma, et principalement celui de réalisateur : on lui doit une soixantaine de films, dont les classiques Little Caesar (Le Petit César, 1931), I Am a Fugitive from a Chain Gang (Je suis un évadé, 1932), Little Women (Les Quatre Filles du Dr March, 1949), ou encore Quo Vadis (1951). Parallèlement à cette carrière de cinéaste, LeRoy s’est aussi illustré dans la production (notamment pour The Wizard of Oz), et c’est avec la double casquette de réalisateur et de producteur qu’il tourne Gypsy.

Adapté fidèlement du spectacle d’origine par le scénariste Leonard Spigelgass, le film conserve quasiment toutes les chansons de Sondheim et Styne. Bien qu’elle ait déjà chanté dans le musical Wonderful Town, Rosalind Russell doit être doublée pour certains morceaux par Lisa Kirk, une figure de Broadway. En revanche, Natalie Wood, qui avait été doublée dans West Side Story, chante elle-même dans Gypsy, ses chansons étant cette fois moins difficiles à interpréter. Et pour les scènes de strip-tease, la jeune actrice reçoit les conseils de son modèle, Gypsy Lee Rose, venue en visite sur le tournage…

La sortie du film, en décembre 1962, donne lieu à de nouveau grincements de dents, la promotion se focalisant sur la plastique de Natalie Wood. Mais Rosalind Russell se consolera peu après en recevant pour le rôle de Rose son cinquième Golden Globe – un record uniquement dépassé à ce jour par Meryl Streep. [Comédie Musicale – Entrons dans la danse – Eric Quéméré – n°38]


Karl Malden – Né à Chicago d’un père serbe et d’une mère tchèque, Karl Malden (1912-2009) commence par travailler dans la sidérurgie avant de bifurquer. Débutant sur scène en 1937, il se fait rapidement un nom à New York, où il se lie avec Elia Kazan. Ce dernier lui offre en 1951 le rôle de Mitch dans le film A Streetcar Named Desire, qui lui vaut l’Oscar du meilleur second rôle. Dès lors Malden va enchaîner les tournages (I Confess, On the Waterfront, Baby Doll… ), mais son rôle le plus populaire lui sera offert en 1972 par la série Les Rues de San Francisco.

Suzanne Cupito – Née le 5 décembre 1951 à Los Angeles, Suzanne Cupito débute à l’âge de neuf ans dans La Quatrième Dimension. Choisie deux ans plus tard pour jouer la Baby June de Gypsy, elle apparaît aussi dans The Birds (Alfred Hitchcock, 1963) et dans Yours, Mine and Ours (1968), ainsi que dans de nombreuses séries. Devenue mannequin au début des années 1970, la jeune femme reprend ensuite sa carrière d’actrice sous le nom de Morgan Brittany. Elle incarnera Vivien Leigh dans le biopic Gable and Lombard, ainsi que Katherine, la sœur de Pamela Ewing, dans le feuilleton Dallas.


LA COMÉDIE MUSICALE
La comédie musicale a été longtemps l’un des genres privilégiés de la production hollywoodienne, et probablement le plus fascinant . Né dans les années 1930, en même temps que le cinéma parlant, elle témoigna à sa manière, en chansons, en claquettes et en paillettes, de la rénovation sociale et économique de l’Amérique. Mais c’est dix plus tard, à la Metro-Goldwyn-Mayer, que sous l’impulsion d’Arthur Freed la comédie musicale connut son véritable âge d’or, grâce à la rencontre de créateurs d’exception (Vincente Minnelli, Stanley Donen) et d’acteurs inoubliables (Fred Astaire, Gene Kelly, Judy Garland, Cyd Charisse, Debbie Reynolds). Par l’évocation de ces années éblouissantes à travers les films présentés, cette page permet de retrouver toute la magie et le glamour de la comédie musicale.



L’histoire

Dans les années 1920, en Amérique, Rose vit dans l’espoir de voir un jour sa fille June devenir une artiste du music-hall. Mais lorsque June se marie et la quitte, Rose reporte tout son espoir envers à sa fille ainée Louise…


THE WIZARD OF OZ (Le Magicien d’Oz) – Victor Fleming (1939)
Célèbre pour ses chansons, The Wizard of Oz (Le Magicien d’Oz)  le fut aussi en son temps pour son budget inhabituel et son tournage mouvementé. La bande musicale, qui compte plusieurs chansons devenues très populaires, n’est pas en reste: elle a d’ailleurs valu au film deux Oscars – une troisième statuette étant attribuée à Judy Garland pour célébrer son statut de « révélation de l’année ». Car la jeune actrice révèle dans The Wizard of Oz un potentiel qui, comme on le sait, ne décevra pas ses fans de la première heure…


Programme musical (sélection)
« Broadway« 
Music by Jule Styne
Lyrics by Stephen Sondheim
Performed by Ann Jillian and boys
« All I Need Is the Girl« 
Music by Jule Styne
Lyrics by Stephen Sondheim
Performed by Paul Wallace
« Everything’s Coming Up Roses« 
Music by Jule Styne
Lyrics by Stephen Sondheim
Performed by Lisa Kirk
« You Gotta Have a Gimmick« 
Music by Jule Styne
Lyrics by Stephen Sondheim
Performed by Roxanne Arlen, Betty Bruce and Faith Dane
« Let Me Entertain You« 
Music by Jule Styne
Lyrics by Stephen Sondheim
Performed by Natalie Wood
« Rose’s Turn« 
Music by Jule Styne
Lyrics by Stephen Sondheim
Performed by Rosalind Russell (partially dubbed by Lisa Kirk)

Gypsy Rose Lee

Figure étonnante du show-business, cette femme énergique ne s’est pas seulement fait une spécialité de l’effeuillage élégant : elle fut aussi comédienne et auteur de best-sellers.

La célèbre strip-teaseuse doit sa carrière à une mère ambitieuse. Rose Hovick rêve en effet de gloire pour ses deux filles, Louise et June, nées respectivement en 1911 et 1913. Elle les fait débuter dès l’enfance au music-hall, où elle met en vedette « Baby June », plus charismatique. Mais lorsque celle-ci s’enfuit à quinze ans avec un danseur, Louise se voit poussée sur le devant de la scène. Les versions divergent sur les raisons qui ont poussé l’adolescente à intégrer le strip-tease à son numéro, mais c’est en tout cas cette innovation qui lui apporta le succès, sous le nom de Gypsy Rose Lee. La jeune fille, qui ne se déshabille pas totalement, se distingue de ses consœurs en agrémentant son effeuillage de trait d’esprit qui lui valent la réputation de « strip-teaseuse intellectuelle ».

Nouvelle coqueluche de Broadway, Gyps Rose Leee devient l’attraction du Minsky’s Burlesque, un music-hall populaire spécialisé dans les numéros comiques et les strip-teases. Mais sa renommée lui vaut d’apparaître aussi dans des revues plus prestigieuses, comme le Ziegfeld Follies, et c’est en pensant à elle que Rodgers  et Hart écrivent pour Pal Joey la chanson Zip ! consacrée à une strip-teaseuse férue, de philosophie… Le maire de New York met toutefois fin à cette carrière en faisant interdire en 1937 les numéros de strip-tease. Gypsy Rose Lee se rend alors à Hollywood, où la Fox lui fait tourner une série de films (sous son vrai nom, Louise Hovick, afin de ne pas déclencher les foudres des censeurs). La jeune femme côtoie ainsi les stars Alice Faye, Don Ameche et Eddie Cantor dans des comédies musicales comme Brelan d’as et Nuits d’Arabie.

Gypsy Rose Lee retourne à New York en 1940 pour remplacer Ethel Merman dans le musical Du Barry Was A  Lady, de Cole Porter. Elle poursuit avec le spectacle Star and Garter, monté en 1942 par son compagnon du moment Mike Todd – célèbre producteur et futur mari de Liz Taylor -, et se lance également dans l’écriture. Pour autant,  Gypsy ne renonce pas au cinéma : après une apparition dans Le Cabaret des étoiles, elle partage avec Randolph Scott l’affiche du western Belle of the Yukon,puis tient des rôles de moindre importance dans une poignée de films dont Wind Across the Everglades (La Forêt interdite) de Nicholas Ray. Elle donne naissance par ailleurs en 1944 à un fils, fruit de sa liaison avec Otto Preminger. Suite au succès de son autobiographie, parue en 1957, Gypsy Rose Lee deviendra une figure bien connue de la télévision, statut qu’elle conservera jusqu’à sa mort en 1970.

Artiste complète, Gypsy Rose Lee ajoute en 1941 une nouvelle corde à son arc en publiant son premier livre, The G-String Murders, un roman policier situé dans le milieu du music-hall. L’ouvrage, adapté au cinéma sous le titre Lady of burlesque (L’Étrangleur), est bientôt suivi d’un autre « polar », Mother Finds A Body. Prise au jeu, Gypsy écrit également en 1943 la pièce The Naked Genius, produite à Broadway par Mike Todd, et transposée à l’écran en 1946. Mais l’œuvre de Gypsy Rose Lee qui connaît le plus grand retentissement est l’autobiographie qu’elle livre en 1957, trois ans après la mort de sa redoutable mère. En plus de devenir un best-seller, l’ouvrage inspire en 1959 le musical à succès Gypsy : écrit par Jule Styne, Arthur Laurents er Stephen Sondheim, le spectacle offre un rôle en or à la diva Ethel Merman, parfaire en mère ambitieuse. Le film Gipsy, Vénus de Broadway est ensuite tiré du musical en 1962, avec Rosalind Russell et Natalie Wood dans les rôles principaux (trente ans plus tard Bette Midler et Cynthia Gibb incarneront à leur tour Rose Hovick et sa fille aînée dans le téléfilm Gypsy. Quant à la sœur cadette de Gypsy Rose Lee, devenue actrice sous le nom de June Havoc, elle donnera elle aussi sa version des faits dans ses propres mémoires.


LADY OF BURLESQUE (L’Étrangleur) – William A. Wellman (1943)
Etonnante rencontre du film policier et de la comédie musicale, cette réalisation de William Wellman révèle au public de 1943 une nouvelle facette du talent de la grande Barbara Stanwick.

GOLD DIGGERS OF 1933 – Mervyn Leroy et Busby Berkeley (1933)
En 1933, première année de la présidence de Roosevelt, près d’un Américain sur quatre est chômeur et Gold Diggers of 1933 (Chercheuses d’or 1933) va témoigner, avec encore plus de force que 42nd Street, à la fois du génie de Busby Berkeley et de l’engagement du film musical de la Warner dans une représentation réaliste de l’Amérique de l’époque.


Compositeur et parolier, Stephen Sondheim, l’auteur de Company et de Sweeney Todd était l’artiste le plus respecté de Broadway, où il régnait en maître depuis le milieu des années 1960. Stephen Sondheim entretenait des liens étroits avec le septième art. Grand cinéphile, il s’est inspiré de films pour deux de ses spectacles : Sourires d’une nuit d’été, d’Ingmar Bergman, pour A Little Night Music ; et Passion d’amour, d’Ettore Scola, pour Passions. Le musicien s’est également essayé au scénario, d’abord pour la série Topper, puis pour le film à suspense The Last of Sheila, écrit avec son ami Anthony Perkins. Sondheim a signé par ailleurs plusieurs musiques de films : il a écrit en 1974 la bande originale de Stavisky, d’Alain Resnais. Warren Beatty lui confie en 1981 la B.O. du film Reds, puis celle de Dick Tracy, pour laquelle Sondheim livre cinq chansons (dont Sooner or Later, interprétée par Madonna et récompensée par un Oscar). Et le compositeur écrit également en 1996 deux titres pour The Birdcage, remake de La Cage aux folles. Enfin, il faut évidemment ajouter à ces incursions directes dans le monde du cinéma les adaptations des spectacles écrits pour la scène par Sondheim : de West Side Story à Sweeney Todd, en passant par Gypsy et A Little Night Music, Hollywood a souvent puisé dans l’œuvre du musicien.


Rosalind Russell

À peine moins déterminée dans la vie qu’à l’écran, l’héroïne de His Girl Friday ( La Dame du vendredi) et de Auntie Mame (Ma tante) a été l’une des rares actrices de l’âge d’or à avoir bâti sa carrière sur ses talents comiques
Née le 4 juin 1907 dans le Connecticut, Rosalind Russell étudie l’art dramatique en faisant croire à son père, avocat et fervent catholique, qu’elle souhaite devenir professeur de théâtre. Mais son but est évidemment de devenir actrice. Après des débuts sur les planches, la jeune femme parvient à décrocher en 1934 un contrat à la MGM, mais déchante en découvrant qu’on la cantonne dans des rôles de femmes du monde tristes et guindées. Elle ronge donc son frein en attendant qu’un réalisateur lui confie le rôle qui lancera sa carrière – rôle qui lui est finalement offert en 1939 par George Cukor. Dans The Women (Femmes), Rosalind Russell s’en donne à cœur joie en jouant les chipies, et parvient à se faire remarquer malgré des rivales de tailles (Joan Crawford, Paulette Goddard, Joan Fontaine… ). Enfin reconnue comme une actrice comique, Rosalind Russell va désormais s’illustrer dans ce registre : notamment en tenant la dragée haute à Cary Grant dans le classique d’Howard Hawks, His Girl Friday. Elle y est parfaite en reporter passionnée.
Rosalind Russell poursuit avec des succès comme No Time for Comedy (Finie la comédie), face à James Stewart, This Thing Called Love (La Mariée célibataire), et My Sister Eileen (Ma sœur est capricieuse). Le producteur Frederick Brisson, qu’elle a épousé en 1941 et dont elle aura un fils, la pousse à se frotter au drame dans Sister Kenny et Mourning becomes Electra (Le Deuil sied à Electre). Quand les rôles se font moins intéressants au cinéma, Rosalind Russell retourne sur les planches, où son tempérament fait merveille. Elle triomphe en 1953 dans le musical Wonderful Town, puis, trois ans plus tard, dans la pièce Auntie Mame, dont l’adaptation à l’écran lui offrira en 1958 l’un de ses rôles les plus populaires. Même quand elle doit se résoudre à tenir des seconds rôles, Rosalind Russell fait toujours forte impression, comme dans Picnic, face à William Holden et Kim Novak. Elle connaîtra encore le succès dans les années 1960 grâce aux comédies A Majority of One (Le Gentleman en kimono), où elle tombe amoureuse d’un Japonais (joué par Alec Guiness), et The Trouble with Angels (Le Dortoir des anges), où elle campe une terrible Mère Supérieure. Son dernier rôle à l’écran sera celui du téléfilm The Crooked Hearts, en 1972, l’actrice succombant quatre ans plus tard à un cancer.


LITTLE CAESAR (Le Petit César) – Mervyn LeRoy (1931)
« Et, R-I-C-O, le Petit César, c’est qui ! » braille Edward G. Robinson au téléphone. Hollywood comprend vite le message : alors âgé de 37 ans et loin des canons de beauté habituels de l’époque, Robinson n’en est pas moins une star de premier plan. Qui plus est, les cinéphiles plébiscitent les films de société sans complaisance sur la Grande Crise de 1929 : un genre qui fera le succès de la Warner Bros.

THREE ON A MATCH (Une Allumette pour trois) – Mervyn LeRoy (1932)
Three on a match est l’une des œuvres les plus saisissantes de la période du Pré-Code, autant par son intrigue, qui met en scène une mère bourgeoise plongeant dans les abysses de la pègre et de la drogue, et y sacrifiant son mariage et son fils, que par l’inventivité avec laquelle Mervyn LeRoy exprime le thème profond de son film : le passage du temps. Pour cela, tel les peintres contemporain se livrant à des collages, il mobilise les accessoires de la modernité, comme des manchettes de journaux, des illustrations, des publicités, afin de scander les années durant lesquelles les trois héroïnes, chacune de leur côté, mûrissent, en relation avec l’époque…

JOHNNY EAGER (Johnny, roi des gangsters) – Mervyn Le Roy (1942)
A mi-chemin entre le drame psychologique et le film traditionnel, Mervin Le Roy décrit deux mondes que tout semble opposer, s’attachant au passage aux femmes qui gravitent autour de Johnny et surtout au très curieux personnage de Jeff (Van Heflin, oscarisé pour ce rôle), l’historiographe du gangster pour lequel il a une évidente admiration. Robert Taylor n’est plus le séducteur du Roman de Marguerite Gauthier (Camille, 1936) mais un homme au double visage face à Lana Turner découvrant ici un univers trouble qui l’étonne et la fascine. 



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